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lement absolu, dont ils s» trouvèrent désormais menacés.
S'ils furent plus longs en Espagne qu'ailleurs à s'organiser, pour se défendre contre le régime d'individualisme excessif, issu delà Révolution française, cela est dû à bien des causes, les unes politiques, les autres économiques ou d'ordre général.
L'industrie, disons-le d'abord, n'a jamais. été très développée chez nos voisins ; elle s'est même longtemps circonscrite dans une seule province, la Catalogne. Au commencement du xixe siècle, sur un chiffre total de deux millions de travailleurs, on ne comptait pas plus de 300.000 ouvriers des manufactures l.
Le manque d'instruction générale 2, l'inéducation politique des masses, l'absence d'intellectuels à la tète du mouvement ouvrier, enfin l'insuffisance des libertés individuelles ou collectives, sans parler de l'égoïsme outrancier qui est un des traits les plus saillants du caractère espagnol, sont autant d'autres raisons, qui expliquent que l'idée d'association n'ait pas eu plus de succès chez les prolétaires de la Péninsule.
On comprend, dès lors, que le mouvement ouvrier au sud des Pyrénées ait subi surtout le contre-coup des événements, politiques ou sociaux, survenus en dehors de ses frontières, et que la plupart des théories, qui ont été ou qui sont encore en honneur dans
1. Garrido, op. cit., et Franco Salazar, Restauration politica, econômica y militar de Espana, 1812.