‹ La question sociale en EspagneChapitre 82 sur 187 · V. le Guide social et V Action populaire de 1909, p · texte numérisé non relu

V. le Guide social et V Action populaire de 1909, p

et les conférenciers s'efforcent de se mettre à la portée, le plus souvent assez bornée, de leur auditoire.

Ce que veulent les catholiques, c'est la réforme de la société et sa reconstitution, suivant les principes chrétiens : « Le catholicisme social, a dit à Valence M. Laguarda, ce n'est pas autre chose que l'esprit et l'Evangile en action et sa force, ce sont les deux vertus régulatrices des rapports des hommes entre eux : justice et charité \ »

Au même congrès, un laïque, M. Miguel Sastre, lils d'un modeste cordonnier de Palma, ancien rédacteur à la Vanguardia de Barcelone et qui s'est fait une spécialité de l'étude des grèves, déclarait : « Je dirai, avec le Père Van Tricht, que le salut pour l'ouvrier et le pauvre, comme pour le riche et le patron, se trouve tout entier dans l'acceptation pratique de la loi religieuse. Tout ce que je ferai pour chercher la solution de cet épouvantable problème sera inutile, si je ne porte pas l'Evangile à la main, si je ne suis pas la doctrine du Christ... Le fond de la question sociale, c'est qu'il y a ici-bas peu de justice et presque pas de sens moral2. »

Ce sont des idées analogues qu'exprimait déjà, il y a une trentaine' d'années, une femme d'un grand cœur et d'une intelligence remarquable, Dona Concepcion Arenal : « Toute question sociale, écrivaitelle, est en partie religieuse... Le droit à la grève n'est pas une chose absolue... Le remède n'est pas

1 et 2. Cité par A. Boissel, loco cilalo.

dans le socialisme, mais dans l'association. Tant que l'ouvrier n'élève pas son niveau intellectuel, il n'élève pas son niveau social... Lorsque, de manière générale, ceux qui pensent ne croient pas et ceux qui croient ne pensent pas, la raison et la foi ne peuvent constituer cette harmonie suprême, d'où dépend en partie Ja solution du problème social... » Et elle ajoutait : « Que ceux d'en bas aient la résignation et que ceux d'en haut aient la charité : ainsi se résoudra, sans luttes, le problème ouvrier ' . »

Plus décidé et plus combatif, un « démocrate chrétien », M. Amando Castrôviejo, professeur d'économie politique à l'Université de Santiago, déclarait à la Semaine de Valence : « Nous voulons la justice pour tous également; nous ne condamnons pas l'aumône, nous en connaissons la noblesse et la nécessité, mais nous voudrions l'organiser pour qu'elle puisse faire sortir de la misère celui qui la reçoit, et, par un meilleur agencement de la société, la rendre plus rarement indispensable. Nous nous accommodons de toutes les formes de gouvernement, mais nous ne pouvons nous désintéresser de la politique, parce que les lois peuvent beaucoup pour avancer ou retarder la régénération sociale, calmer ou aviver les douleurs des miséreux2. »

Quel est le programme de M. A. Castrôviejo ? C'est celui-là même des démocrates de Liège, celui

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