Cité par A. Boissel, loco citalo
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aussi qu'ont développé les démocrates italiens au Congrès de Padoue : sauvegarder la religion, la famille, la liberté de l'Église, réformer le contrat de travail. « qui os! trop souvent illégitime, immoral et antisoeial». Il faudra ensuite «christianiser» le droit de propriété et le garantir, par la constitution du homestead et des propriétés collectives, au bénéfice des entités morales, etc.
De son côté, M. Miguel Sastre cite, comme moyens propres « à faire entrer dans le monde du travail la justice et le sens moral » : les syndicats reconnus à la fois par les patrons et par l'État, la constitution de conseils d'arbitrage ou de jurys mixtes, les retraites aux ouvriers vieux ou infirmes, etc. Ce ne sont point là, à vrai dire, des moyens capables en eux-mêmes de résoudre la question sociale, mais ces remèdes, « en permettant de soulager quelques misères, peuvent aider à rapprocher de Jésus-Christ ceux qui l'oublient... »
Si l'effort des catholiques sociaux s'est de préférence porté jusqu'ici dans les campagnes, ce n'est pas tant parce que l'Espagne constitue un pays surtout agricole, ni que le prolétariat rural est le plus digne d'intérêt, si on le compare à celui des villes, mais c'est bien plutôt parce que les ouvriers de l'industrie, syndiqués déjà, en grande partie, sous la direction surtout des socialistes, sont naturellement peu accessibles à l'action des catholiques.
Les deux régions les plus industrielles de la Péninsule, la Catalogne et la Biscaye, sont celles où le catholicisme paraît le plus fortement organisé. Pourtant, le mouvement dont nous nous occupons ne semble pas y avoir pris encore une grande extension.
A Barcelone, à côté de nombreuses institutions charitables, dans le détail desquelles je ne puis entrer1, mentionnons la création récente — trop récente même pour qu'on puisse en apprécier l'importance — de V Action Sociale Populaire, constituée sur le type du Valksverem de Munchtn- Gladbach, et dirigée par un jésuite, le Père Palau. Elle se propose de grouper toutes les forces catholiques et de « promouvoir, par tous les moyens légitimes, Faction sociale catholique, spécialement dans les classes les plus nombreuses » (article 1 des statuts). Peut-être est-il permis de penser que son programme est bien vaste et pas assez clairement défini et délimité \
Qu'on en juge par la lecture de ses statuts : Article 2 : « Ce n'est pas une association religieuse, bien qu'elle défende et propage les principes du catholicisme, l'esprit de la religion, la morale et les droits de l'Eglise. Ce n'est pas une institution charitable, bien qu'elle aide et suscite les œuvres de
1. Voir La Caridad en Barcelona, par Ramon Albo y Marti, 1901.
2. Voir la chronique de M. F. Lepelletier dans la Réforme sociale, 1" mars 1908. L'organe de ce groupe est la Revista social hispano-americana, anciennement Revista social, qui se publie à Barcelone et qui est la plus importante revue sociale catholique, avec la Paz social de Madrid.
bienfaisance. Elle ne constitue pas un parti politique, bien quelle se propose de former ses membres à la pratique de tous les devoirs sociaux et politiques. Enfin, elle ne se charge pas d'administrer les institutions ou les entreprises purement économiques, bien qu'elle leur vienne en aide toutes les fois qu'il peut en résulter quelque avantage pour la masse. » Son but essentiel est « de faire l'éducation de la conscience sociale, civile, morale et religieuse, de préparer ses membres à l'action individuelle et collective, de susciter et de diriger les initiatives sur le terrain catholico-social ; de promouvoir des œuvres sociales de toute nature, de travailler à la réalisation de toutes les réformes sociales et à l'établissement de la concorde entre les classes ; de relever la condition matérielle et morale des travailleurs, de susciter enfin et d'appuyer par la parole, par la presse et par Faction personnelle un mouvement général de reconstitution de Tordre social chrétien. »
Elle ne confine pas son action à la Péninsule : mais elle veut l'étendre jusqu'aux Républiques de sang espagnol du Nouveau Monde !
Ceci n'empêche point, d'ailleurs, sur le terrain pratique, les organisateurs de Y Action Sociale Populaire d'avoir créé des oeuvres intéressantes : notamment un secrétariat général et un Bureau central du Travail à Barcelone, où viendront se concentrer tous les renseignements utiles aux œuvres et à leurs fondateurs, d'où partiront aussi toutes les initiatives. Ils ont lancé, en outre, danstoutle pays
un appel suivi d'un questionnaire, dont les réponses fourniront les éléments d'un tableau de l'état actuel <lu mouvement social et de toutes les œuvres ayant un caractère social. L'organisation d'assemblées régionales et locales, la fondation de centres d'action, de cercles d'études, de secrétariats populaires, de sociétés d'enseignement populaire et professionnel, l'établissement d'un musée-bibliothèque et de bibliothèques populaires dans les villes les plus importantes, le développement des sociétés de tir, de gymnastique, des œuvres de jeunesse, de patronage, de mutualité, la création d'unions professionnelles ouvrières chrétiennes et l'action en faveur des réformes économiques et sociales, tant de la part des patrons que de la part de l'Etat, constituent les principales formes d'activité qu'ils se proposent de réaliser.
En Biscaye, citons, sans nous y arrêter, les œuvres sociales du patronage de Saint-Vincent-de- Paul : sociétés de secours mutuels, écoles et cours du soir, unions professionnelles entre ouvriers appartenant à la même profession, Bourses du travail, caisses d'épargne, etc.
Les Sociedades de socorros sont au nombre de huit et installées à Bilbao, Deusto, Erandio, Portugalete, Sestao, Baracaldo, Dos Caminos, Durango. Entre elles toutes, il y a environ 3.000 ouvriers associés, dont 000 pour Bilbao seulement. La cotisation est de 1,50 à 2 pesetas, en retour de quoi les associés reçoivent une subvention de 2 pesetas par jour de chômage-maladie, 1 peseta en cas de chômage-acci-
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dent, car alors le chômeur louche l'indemnité patronale d'après la loi du 30 janvier 1900 ; les associés ont droit, en outre, au service médical et pharmaceutique gratuit, aux frais île funérailles; et la \ cu\ o louche, en cas de morl de l'ouvrier associé, un secours de 125 pesetas.
La société de Sainl-Yiucent-de-Paul de Bilbao est une association mi-patronale et mi-religieuse, quia pour objet essentiel de combattre la diffusion des idées socialistes dans le inonde ouvrier, en \ conservant et en y développant la foi catholique. Elle possède des écoles, où 8:20 ('lèves (chiffres de l'année 1905-1906) reçoivent l'instruction primaire, des cours du soir destinés aux ouvriers, dont 900 se sont fait immatriculer. En conformité avec les instructions pontificales, elle a organisé des Unions professionnelles entre ouvriers de la môme profession (maçons, charpentiers, typographes, etc.), mais elle n'a pas encore réussi à créer une association de ce genre entre ouvriers mineurs. Ces unions professionnelles ou « syndicats jaunes » ont été fondées, avec le concours de patrons chrétiens, sur l'initiative surtout d'un jeune rédacteur à la Gcuceta del Norte, D. José Posse y Villelga. La société a créé un « secrétariat du peuple » destiné à venir en aide aux ouvriers dans toutes les affaires qu'ils ne peuvent régler eux-mêmes, faute des connaissances techniques nécessaires ; en janvier 1906, elle a ouvert aussi une Bourse du travail, quia pour but le placement des ouvriers sans emploi.
Parmi les institutions économiques créées par
le patronage de Saint-Vin cent-de-Paul, il convient encore de mentionner la caisse d'épargne [caja de ahorros) qui comptait, le 31 décembre 1907. 1.339 déposants avec un capital de 214.570 pesetas, et une coopérative ouvrière de consommation, qui fonctionne à Bilbao et qui répartit chaque année 3 à 4 p. 100 aux associés. L'action est de 50 pesetas. La coopérative verni environ pour 500 pesetas par jour de différents objets de consommation.
Un jésuite, le Père Campoamor, qui a étudié l'organisation catholique en Allemagne, a commencé à en appliquer les principes, à Gijon (Asturies). où il a créé des œuvres de patronage pour jeunes ouvriers.
A Madrid, réside, depuis 1896, le Conseil National des Coopéra lires catholiques ouvrières, précédemment à Valence. 11 a pour but de maintenir l'unité parmi les Conseils diocésains, actuellement au nombre de vingt-six1 et d'en créer de nouveaux. 11 existe également, depuis 1905, des Conseils régionaux, chargés de réaliser la. fédération (\c< sociétés économiques d'une même région. Dans la capitale même, il y a cinq Cercles catholiqMès ouvriers , avec des classes, une bibliothèque, des caisses de prêt et de secours et un économat pour les articles de première nécessité. Le Concejo nacional a pris une part active à l'œuvre de législation sociale, réalisée rr< dernières années : le gouvernement lui a demandé son
1. Correspondant aux dfoeèses de Astorga, Barcelone, Burgos, Burgo de Osma, Cadix. Ciiulad Real, Soria. Gérone. Iluesca. Léon, Madrid, Orense, Palencia. Pampelnne, Salamancjue. Santander, Santiago de Compostelle. St'ville, Soria, Saragosse, Tarragone, Tortosa. Tuy. Valencia, Valladolid, Vitoria et Vich.
avis sur tous les projets de loi importants, et il à pris lui-même l'initiative de nouvelles propositions et de réformes : c'esl à lui, en particulier, qu'est dû le Congrès sur le Crédit populaire, tenuà Madrid en 1904. Enfin, on lui doit la création de la Banque populaire de Léon XIII, l'ondée au capital de 500.000 pesetas, en vue de venir en aide aux petits artisans et aux petits cultivateurs, momentanément dans la gêne. Cette banque est en relations avec des caisses provinciales de crédit populaire, créées en province dans le même but, et administrées par un conseil mixte de patrons et d'ouvriers. En vertu du règlement, le taux des emprunts ne pourra être inférieur à 4 p. 100. ni supérieur à 6 p. 100. La condition essentielle de ces prêts est qu'ils ne serviront jamais aux besoins domestiques, mais qu'ils seront employés dans un but exclusivement industriel ou commercial.
La Banque populaire de Léon XIII a consenti, en 1906, 26 prêts pour une valeur de 92.547, 10 pesetas, en 1907, 39 prêts pour une valeur de 157.455,25 pesetas. Elle est dépositaire, en comptes courants, des fonds appartenant aux cinq cercles catholiques ouvriers, existant actuellement à Madrid. D'un autre côté, elle a, par une active propagande, contribué efficacement à l'augmentation des caisses populaires de crédit et des syndicats agricoles.
C'est, en effet, dans les campagnes, que l'effort
des catholiques sociaux, ces dernières années, a été surtout considérable et a produit les plus remarquables résultats. A la Semaine sociale de Valence, dix cours étaient consacrés à la crise agricole : dont deux sur le colonat, deux sur les syndicats agricoles, un sur les rapports entre les agriculteurs et l'Etat, deux sur la petite propriété, un sur les caisses rurales.
Le Père Vicent a été un des premiers apôtres des associations coopéra/ires de cultivateurs. A côté de lui, il faut citer MM. Fontes, Rivas Moreno et surtout Chaves Arias qui ont étendu et intensifié cette propagande. C'est surtout depuis la loidelOOG sur les syndicats agricoles, due principalement à l'action catholique, que ce mouvement a pris une grande extension, surtout dans le nord de la Péninsule.
La Navarre vient au premier rang, avec plus de cinquante syndicats et une centaine de caisses rurales, pour 250 communes environ. Presque toutes ces caisses sont du type Rafleisen. Leur principal fondateur a été un professeur d'économie sociale au séminaire de Pampelune, D. Antonio Yoldi, qui ne cesse de parcourir le pavs, à pied et à cheval, en convertissant les campagnards aux idées d'association et de mutualité. Les villages sont groupés en « districts » ou confédérations de cinq cantons, avec une caisse centrale. Les caisses rurales locales font des prêts à intérêt minime (ordinairement 5 p. 100), procèdent à des achats et ventes collectifs et contractent des assurances pour
le bétail ci «•outre l'incendie. Les caisses de district reçoivent les comptes mensuels des caisses cantonales, pour équilibrer entre elles les emprunts et les prêts; elles encouragent la formation de coopératives de production et fournissent Les engrais chimiques cl les machines agricoles. Enfin., les districts dépendent eux-mêmes de la fédération provinciale ou diocésaine, qui procède aux ventes et achats collectifs interrégionaux, régularise le mouvement des caisses de chaque fédération, en leur ouvrant un crédit dans des banques solides et contracte des assurances pour les moissons et contre la grêle et même pour les agriculteurs des renies viagères, des assurances dotales et pour la \ie.
La Navarre est ainsi divisée en cinq districts, deux en plaine, deux en montagne e! un mixte. Dans la montagne, les déposants son! rares et les emprunteurs nombreux : c'est tout le contraire dans la plaine.
L'exemple de la Navarre a é(é suivi dans daulres provinces : Barcelone. Valence. Saragosse., Avila, La Corogne, etc. Au 1er janvier 1909, on comptait, pour toute l'Espagne. 373 caisses rurales catholiques1. Ailleurs, et particulièrement dans le Sud, presque rien n'a été réalisé". VA ceci est d'autant plus regrettable que la question sociale — connue
1. D'après M. Jimenez, dans la Paz social (niai 1907). (V. le tableau annev 11. p. 447.;
2. Parmi les œuvres catholiques peu nombreuses de cette région, il faut mentionner tout particulièrement, à cause de leur originalité, les Ecoles de /'.Ire Maria, fondées à Grenade par le Père Manjon. écoles en plein air, où fréquentent beaucoup de pauvres enfants jusque-là délaissés, eu particulier les petits gitanes (gitanillos).
nous l'avons vu — revêt dans celte partie de l'Espagne un caractère plus inquiétant, lanl à cause de l'état d'exaspération des populations que de la situation arriérée de l'agriculture, résultant elle-même, en grande partie, (\u régime de la propriété.
Ce n'est pas, cependant, que cette dernière question ne préoccupe les catholiques sociaux. La diffusion de la petite propriété terrienne leur apparaît, avec infiniment de raison, comme le seul moyen de remédier à l'état de choses actuel. Et pour y arriver, ils ne demandent pas seulement, avec M. Rafaël Rodrigue/, de Canada, quelle soit préservée des hypothèques, que la loi permette la transmission intégrale du « bien de famille, à un seul héritier, que Ton diminue aussi les droits de succession et les frais d'enregistrement. Se rendant compte des dangers de l'absentéisme, « qui donne naissance à une foule de parasites malfaisants, intermédia ires entre le propriétaire et le fermier, et vivant largement aux dépens de tous les deux », ils n'hésitent pas à réclamer, — tel, M. Antonio Moran, professeur au séminaire de Salamanque, — l'intervention de l'Etal, et l'expropriation temporaire ou même définitive « pour cause d'utilité sociale » des terres incultes ou mal cultivées et leur répartition entre les fermiers. D'autres, comme M. Juan Aguilar Jimenez, professeur de droit canonique au séminaire de Madrid, préconisent la création, à côté de la propriété parliculière, « organe de la personne sociale », d'une propriété collective, « organe de la personne sociale », et rappellent ainsi les théories
défendues par des républicains avancés, comme Joaquin Costa dans son livre El coïectivismo agrario.
On comprendra, (Tailleurs, sans peine, que de telles idées ne soient pas admises communément. Mais elles expliquent — autant que l'originalité du mouvement, dont nous nous occupons, en lutte ouverte avec la routine et l'ignorance — la résistance qu'il a rencontrée au sein même des catholiques et du clergé. « Nos adversaires, déclare un des chefs laïques de ce mouvement, ce ne sont pas seulement les socialistes et les anarchistes, ni les politiciens libéraux : ce sont les beau possidentes catholiques, qui nous dénoncent comme révolutionnaires aux évêques... ' » C'est ainsi que l'infatigable propagateur de la coopération rurale en Navarre, M. Antonio Yoldi, fut l'objet d'attaques violentes de la part d'un journal catholique de Pampelune, qui appela sur lui — bien inutilement d'ailleurs — les foudres de son évêque.
Un grand nombre de prélats — il faut le dire à leur éloge — ont compris la grandeur de l'œuvre sociale qui leur était présentée, et ont accepté d'en prendre la direction. Beaucoup ont fondé des chaires spéciales de sociologie dans leurs séminaires. L'évêque de Madrid a même créé une véritable Faculté de sociologie, qu'il a confiée à un des catho-
1. M. Severino Aziiar, dans la Chronique du Sud-Est, janvier 1908.
liques sociaux les plus en vue, M. Severino Azriai", le directeur du principal organe de ce mouvement, la Paz Social, qui compte plus de 2.000 abonnés. M. Aznar ne se contente pas d'ouvrir largement les colonnes de sa revue aux discussions sociales, ni de batailler par la plume et la parole pour les idées qu'il préconise. Comprenant qu'une solution de la question sociale en Espagne nécessite auparavant une étude approfondie et sur place des conditions particulières à chaque région, il ne cesse de parcourir la Péninsule, se faisant accompagner dans ses voyages — qui sont ainsi à la fois des voyages d'étude et de propagande — par quelques séminaristes de ses élèves, auxquels il fait préparer, pendant leurs vacances, des monographies de familles ouvrières. L'évêque de Madrid désire même, parailil, envoyer ceux d'entre eux qui se seront le plus distingués en Allemagne ou en Belgique, afin d*y compléter leur éducation sociologique.
D'autres prélats méritent encore d'être cités : l'évêque de Soria, qui met à la disposition des œuvres sociales de sa ville épiscopale le rez-dechaussée de son palais et leur alloue une somme assez importante ; l'évêque de Plasencia, qui invite l'ingénieur en chef de la province à donner, en son grand séminaire, des conférences agricoles, auxquelles peuvent assister tous les laboureurs; les évêques de Majorque, de Badajoz, de Lugo, de Palencia, d'Astorga, etc. Ce dernier jouit d'une grande réputation même chez ses adversaires, et l'on raconte qu'une association ouvrière socialiste inclina,
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un jour, sa bannière rouge, à son passage, en s'écriant : « Vive le protecteur de la classe ouvrière ï1 »
Malheureusement, il est à craindre que ce fait, s'il
a été exactement rapporté, ne demeure isolé. Un vif antagonisme — bien naturel, en vérité — règne entre les catholiques sociaux et les socialistes. Cette hostilité a surtout apparu aux dernières élections de l'Institut de Réformes Sociale> de. Madrid «S mars 190(S . La chaleur de la campagne électorale, et les réclamations auxquelles donnèrent lieu les résultats ont failli compromettre la concorde qui a toujours régné depuis la création de l'Iustitul parmi les hommes, d'origines et d'opinions si diverses, qui le composent. Souhaitons qu'à l'avenir leur travail en commun, qui a déjà donné ses fruits, n'en soit pas troublé ! 2
Il est à craindre aussi que ce mouvement catholique, d'exclusivement social, ne devienne vite un mouvement politique, et. dans ce cas. les catholiques sociaux espagnols se heurteront aux mêmes difficultés que leurs coreligionnaires allemands ou belges. qu'ils s'efforcent, semble-t-ii. de prendre pour exemple. S'ils venaient à triompher, comme parti politique, il est à craindre surtout que toutes les aspirationsgénéreuses et réformatrices, qui sont celles des initiateurs de ce mouvement de paix sociale.