Le Soc, Sindicatos obreros, p
pas identifier l'action religieuse avec l'action sociale. On doit prendre les ouvriers tels qu'ils sont et non tels qu'ils devraient être. Leur offrir, principalement dans les grandes villes où ce n'est pas la ferveur religieuse qui domine précisément, d'entrer dans des associations confessionnelles, c'est vouloir d'avance les rebuter.
Les œuvres à créer doivent poursuivre, avant tout, une fin économique, en offrant à « tous les ouvriers de bonne volonté » plus d'avantages immédiats, concrets et tangibles, que les œuvres analogues rivales. C'est de cette seule façon quelles pourront devenir des organismes, non seulement de défense, mais de combat. « Si nous demandons aux ouvriers qu'ils deviennent des catholiques fervents, qu'ils s'engagent à remplir leurs devoirs religieux, avant de les admettre dans nos œuvres sociales, nous risquons fort de ne jamais pouvoir les admettre. La conversion des âmes a toujours demandé énormément de temps î... l »
On pourra donc se contenter de leur promesse de se conduire au sein du syndicat, « d'accord avec les principes de la morale chrétienne, et, comme conséquence pratique, de respecter la famille et la propriété... - »
Mais je me hâte d'ajouter que beaucoup d'autres catholiques sociaux partagent une opinion toute différente, dans cette épineuse question, qui a don-
1. José M. Bausili, dans la Revista social, juin 1909, p. 448.