RAR: À RES
maine originellement bonne : la science ne peut que la gâter. Il faut bien savoir, puisque l’on vit en société. Mais n’ysacrifions que le moins possible. Réduisons le savoir à son strict minimum. « Puisque toutes nos erreurs nous viennent de nos jugements, il est clair que, si nous n’avions jamais besoin de juger, nous n’aurions nul besoin d’apprendre ; nous ne serions jamais dans le cas de nous tromper ; nous serions plus heureux de notre ignorance que nous ne pouvons l'être de notre savoir. Puisque plus les hommes savent, plus ils se trompent, le seul moyen d'éviter l’erreurest l'ignorance. Ne jugez point, vous ne vous abuserez jamais : c’est la leçon de la nature aussi bien que de la raison. Que m'importe ? est le motle plus familier à l'ignorance et le plus convenable au sage. »
On se bornera à quelques notions élémentaires de géométrie, géographie, physique, histoire natureile et dessin. L'enfant atteindra ainsi douze ans. A ce moment, il y aura lieu de faire intervenir la notion d'utilité. Elle permettra d'augmenter le pouvoir du précepteur. Gelui-ci profitera de ce qu’Emile lui demande : à quoi sert de connaître telle chose ? pour combiner un ensemble de circonstances tel que l'élève s’aperçoive de la nécessité d'une science déterminée. Par exemple, 1l égarera Emile dans la forêt de Montmorency ; Emile est las, a faim, prend peur. Le précepteur lai apprendra à s'orienter d’après le soleil, et Emile concevra de la sorte l'utilité de l'astronomie.
Martin 3