POSITION DU PROBLÈME
Mais suffit-il que l’homme travaille à se réformer lui-même ? S'il trouve, en lui, des obstacles qui entravent son perfectionnement, ne trouve-t-il pas aussi, hors de lui, une force mauvaise qui neutralise ses plus sincères efforts ? Le problème moral et le problème social affirment ici une fois de plus leur étroite connexité. Si, parce que la société s’y oppose, l’homme ne peut accomplir le bien, il y a tout lieu de craindre qu'il ne cesse même d’en faire l'objet de ses désirs. Est-il done vrai qu'il y ait, dans le monde économique, de puissants adjuvants aux sollicitations du mal? Est-ce que certaines formes sociales ne multiplient pas les barrières qui nous empêchent de courir droit vers le bien ? Si les institutions se posent parfois ainsi en ennemies de la règle des mœurs, il est vrai de dire que la question morale devient vraiment une question sociale. Si nos efforts individuels sont brisés trop
Souvent par la résistance collective de la Société, il faut en toute hâte porter sur elle une main réformatrice, ou nous résoudre à ne point devenir meil-
leurs.