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ÉTUDE CRITIQUE DE CETTE THÉORIE

Les économistes ont donc prétendu que l'homme est originellement et totalement égoïste et que notre organisation économique est conforme à la morale, ou, du moins, ne lui oppose aucun obstacle.

Nous nous proposons de démontrer le caractère

inexact de leur conception de la nature humaine et que la végétation abondante et variée de tous les vices trouve dans nos sociétés le terrain le plus propice à son développement.

Primitivement, l'homme ne pouvait pas être foncièrement égoïste, car, dès l'origine, il a vécu en

société, et la vie sociale, supposant une coopération

de tous en vue de poursuivre un but commun, développe en chacun la préoccupation de servir les

intérêts de ses semblables. « On voit combien est fausse la théorie qui veut que l'égoïsme soit le point de départ de l'humanité et que l'altruisme, au contraire, soit une conquête récente. Ce qui fait

Fautorité de cette hypothèse auprès de certains

esprits, c'est qu'elle paraît être une conséquence logique des principes du darwinisme. Au nom du dogme de la concurrence vitale et de la sélection naturelle, on nous dépeint sous les plus tristes couleurs cette humanité primitive dont la faim et la

soif, mal satisfaites d'ailleurs, auraient été les seules passions ; ces temps sombres où les hommes

n'auraient eu d'autre souci et d'autre occupation que de se disputer les uns aux autres leur misérable nourriture. Pour réagir contre les rêveries rétrospectives de la philosophie du xvïh^ siècle et aussi contre certaines doctrines religieuses, pour démontrer avec plus d'éclat que le paradis perdu n'est pas dernière nous et que notre passé n'a rien que nous devions regretter, on croit devoir l'assombrir et le rabaisser systématiquement. Fiien n'est moins scientifique que ce parti pris en sens contraire. Si les hypothèses de Darwin sont utilisables en morale, c'est encore avec plus de réserve et de mesure que

dans les autres sciences. Elles font en eftet abstraction de l'élément essentielde la vie morale, à savoir de rinfluence modératrice que la société exerce sur ses membres et qui tempère et neutralise l'action brutale de la lutte pour la vie et de la sélection. Partout où il y a des sociétés, il y a de l'altruisme

parce qu'il y a de la solidarité. Aussi, le trouvonsnous dès le début de l'humanité et même sous une forme vraiment intempérante ; car ces privations que le sauvage s'impose pour obéir à la tradition religieuse, l'abnégation avec laquelle il sacrifie sa

vie dès que la société en réclame lesacrifice^ le penchant irrésistible qui entraîne la veuve de 1 Inde à suivre son mari dans la mort, le Gaulois à ne pas survivre à son chef de clan, le vieux Celte à débarrasser ses compagnons d'une bouche inutile par une fin

volontaire, tout cela n'est-ce pas de Faltruisme ? On

traitera ces pratiques de superstitions ?Qulmporte,

pourvu qu'elles témoignent d'une aptitude à se donner ? D (Durkheim, De la division du travail social, p. 214-215).

Il n'est pas moins exagéré de prétendre que, présentement encore, l'égoisme soit le seul mobile capable de nous faire agir. C'est peut-être une minorité restreinte qui, enflammée du dévouement le plus pur, se consacre exclusivement à autrui. Mais du

moins échappe-t-elle au prétendu axiome. Et c'est

à coup sûr la grande majorité qui, tout en obéissant à ses intérêts personnels, sait au besoin en consommer le sacrifice lorque les élans du cœurou les hautes

convictions le lui commandent.

Or, l'orthodoxie économique repose entièrement sur ce postulat : l'homme est un égoïsme et n'agit

que par égoïsme. Concédons toutefois que cette formule se vérifie peut-être dans le régime de libre concurrence : il développe trop le sentiment exclusif de

l'intérêt personnel pour ne pas exercer à cet égard

la plus fâcheuse influence sur notre moralité. Cette remarque nous fait entrer au cœur même de la discussion : est-il vrai qu'il n'y ait point de vices lamentables dans nos sociétés basées sur la lutte desappér-

tits? Est-il vrai que ces sociétés en constituent pas

le meilleur bouillon de culture pour tous les microbes du mal ?

L'étude de rinfluçnce active exercée parle milieu sur l'individu fournit la réponse à cette double question.

La loi de l'influence du milieu est universelle.

Influence du milieu physique sur le physique. —

On pourrait noter Faction de la lumière, l'oxygène, l'électricité, la saison, la topographie, les aliments. Prenons par exemple la température.

Action sur les végétaux. — « L'influence de la chaleur sur la germination est toute puissante. Au dessous de 0*^, aucune des plantes soumises à Texpérience n'a donné signe de vie ; cependant déjà à 0° Sinapis alba a pu germer, mais il y a mis 17 jours ; il ne lui en faut que 16 à 2° ; que 9 jours, à 3^ ; 4 jours à 5%7 ; 3 jours à 9° ; 1 jour 3/4, à 12^ ; mais, au delà de 12^ la température trop élevée a paru

ralentir l'activité vitale : ainsi, à 17°, il a fallu 3 jours à la germination ; à 28°, le tiers des graines seulement a germé, et aucune à 40^^ » [Dictionnaire encyclopédique des sciences médicale s, kvi\c\e mésologie,par

le D^ BertiUon, 2« série, t. VII, p. 226).

Action sur les animaux. — « On sait que, par un effet en accord exact avec nos connaissances physiologiques, le premier résultat d'un abaissement de température est d'exciter Tappétit chez la plupart des animaux à sang chaud ; mais un effet contraire

s.î manifeste rapidement chez l'animal à sang froid ,

et aussi, quand l'abaissement est un peu prononcé,

chez ce groupe singulier, transition entre les deux

premiers, l'animal hibernant. Alors, les activités organiques s'allanguissent à mesure que s'abaisse la température du milieu intérieur, un lourd et profond sommeil interrompt la vie de relation, l'animal a perdu la conscience, la sensation ; la vie végétative elle-même est singulièrement assoupie ; les contractions cardiaques se ralentissent avec la respiration, et souvent l'une et l'autre deviennent si rares et si faibles, qu'elles peuvent sembler presque nulles. La vie semble suspendue, mais sansdoute jamais complètement » (id., 227-228). « Le climat façonne et produit les bêtes aussi bien que les plantes » (Taine, Voyage aux Pyrénées, 239).

Influence du milieu physiquesur le moral.— (( Les Ossalais pourtant ont. d'ordinaire, une physionomie douce, intelligente et un peu triste. Le sol est trop pauvre pour donner à leur visage cette expression

de vivacité impatiente et de verve spirituelle que le vin du Midi et la vie facile donnent à leurs voisins du Languedoc. Soixante lieues en voiture prouvent que le sol forme le type. Un peu plus haut, dans le

Cantal, pays de châtaignes, où les gens s'emplissent

d'une nourriture grossière, vous verrez des visages rougis d'un sang lourd et plantés d'une barbe épaisse, des corps charnus, fortement membres, machines massives de travail. Ici, les hommes sont maigres et pâles ; leurs os sont saillants, et leurs

grands traits tourmentéscomme ceux de leurs mon-

tagnes. Une lutte éternelle contre le sol a rabougri les femmes comme les plantes; elle leur a laissé dans le regard comme une vague expression de mélancolie et de réflexion. Ainsi les impressions incessantes du corps et de Tâme finissent par modeler le

corps et Pâme ; la race façonne l'individu, le pays façonne la race. Un degré de chaleur dans l'air et

d'inclinaison dans le sol est la cause première do

nos facultés el de nos passions » (Taine, id., 139).

Montesquieu avait déjà exposé de semblables

idées : « Les nerfs, qui aboutissent de tous côtés au

tissu de notre peau, font chacun un faisceau de

nerfs. Ordinairement, ce n'est pas tout le nerf qui est remué, c'en est une partie infiniment petite. Dans les pays chauds, où le tissu de la peau est relâché, les bouts des nerfs sont épanouis et exposés à la plus petite action des objets les plus faibles. Dans les pays froids, le tissu de la peau est resserré

' et les mamelonscomprimés; les petites houppes sont

en quelque façon paralytiques ; la sensation ne passe guère au cerveau que lorsqu'elle est extrêmement

forte, et qu'elle est de tout le nerf ensemble. Mais c'est d'un nombre infini de petites sensations que dépendent l'imagination, le goût, la sensibilité, la vivacité » [Esprit des Lois, liv. XIV, ch. II). D'où

cette conclusion que la sensibilité, plaisir ou douleur, sera d'autant plus vive que Ton passera des pays froids dans les pays chauds. Cette différence dans la sensibilité amènera de grandes différences dans la morale : « Vous trouverez dans les climats

du nord des peuples qui ont peu de vices, assez de vertus, beaucoup de sincérité et de franchise. Approchez des pays du midi, vous croirez vous éloigner de la morale même : des passions plus vives multiplient les crimes Dans les pays tempérés,

vous verrez des peuples inconstants dans leurs manières, dans leurs vices même et dans leurs vertus :

le climat n'y a pas une qualité assez déterminée pour

les fixer eux-mêmes » (id.).

11 pousse ces idées jusqu'aux conséquences les plus extrêmes et les plus manifestement fausses.

Par exemple, lorsqu'il dit : « Les peuples des pays

chauds sont timides comme les vieillards le sont ; ceux des pays froids sont courageux comme le sont les jeunes gens » (ea.). A quoi Voltaire fait observer : « Jamais on n'a pu faire alleràla guerre un Lapon, un Samoyède, et les Arabes conquirent en 80 ans plus de pays que n'en possédait l'empire romain.

Les Espagnols, en petit nombre, battirent, à la bataille de Muhlberg, les soldats du nord de l'Allemagne ». ^ ^

Montesquieu a mis aussi puissamment en relief cette idée que les lois n'étaient pas le produit arbitraire d'une volonté humaine : « Les lois sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des

choses », c'est-à-dire qu'elles sont déterminées par les conditions historiques et sociales, même par le

climat. Le milieu physique influe sur les constitutions des Etats. 11 écrit dans ses Lettres persanes (lettre GXXXI) : « 11 semble que la liberté soit faite pour le

génie des peuples d'Europe, et la servitude pour

celui des peuples d'Asie. Rappelez-vous les Romains offrant la liberté à la Cappadoce, et la Cappadoce ne sachant qu'en faire ». Les climalsfont, ici, la république, et là, la monarctiie. Dans les pays ctiauds, la femme est nubile très jeune encore : de là sa dépendance, de là une constitution toute spéciale de la

famille, de là enfin une forme toute particulière de gouvernement, un caractère particulier de la législation.

Le milieu physique a une action certaine, mais non pas inévitable. 11 peut hâter un progrès ou le ralentir, accélérer l'avènement d'une organisation

meilleure ou retarder sa venue. Mais il n'est pas la

seule cause déterminante du caractère de l'homme et de la nature de ses intitutions. Indépendamment de la force agissante des idées, de la volonté libre, dn milieu physique, le milieu social a une force d'action inhérente à lui-même. C'est ce que l'école historique mettra en relief. Montesquieu en est le

pi\'curseur. Il corrige lui-môme son fatalisme physique en affirmant la puissance de l'action législatrice : elle peut modifier les conséquences du climat. « Les bons législateurs, dit-il, sont ceux qui se sont opposés aux vices du climat, et les mauvais ceux qui les ont favorisés ». Il oppose les « causes morales b aux(( causes physiques» (XIV, 5, kV Esprit des Lois),

et pense que l'on peut réprimer la tendance à la paresse par le sentiment de Thonneur (XIY, 9); le fatalisme paresseux des pays du soleil, par des théories

'il

d'initiative et d'cnei^gie (XIV, 5). « Les nations paresseuses sont ordinairement orgueilleuses. On pourrait tourner l'effet contre la cause, et détruire

la paresse par l'orgueil. Dans le midi de TEurope, où les peuples sont si frappés parle point d'honneur, il serait bon de donner des prix aux laboureurs qui auraient le mieux cultivé leurs champs, ou aux ouvriers qui auraient porté plus loin leur industrie» (XIV, 9). Puis il indique d'autres moyens légaux propres à neutraliser l'influence du climat : « Les Indiens, dit-il, croient que le repos et le néant sont le fondement de toutes choses, et la fin où elles aboutissent. Ils regardent donc Tentière inaction comme l'état le plus parfait et l'objet de leurs désirs... Dans ces pays où la chaleur excessive énerve

et accable, le repos est si délicieux et le mouvement si pénible, que ce système de métaphysique paraît naturel; et Foé, législateur des Indes, a suivi ce

qu'il sentait, lorsqu'il a mis les hommes dans un état extrêmement passif; mais sa doctrine, née de laparesse du climat, la favorisant à son tour, a causé

mille maux. Les législateurs de la Chine furent" plus sensés, lorsque, considérant les hommes, non pas dans l'état paisible où ils seront quelque jour, mais dans l'action propre à leur faire remplir les devoirs de la vie, ils firent leur religion, leur philosophie et leurs lois, toutes pratiques » (XIV, 5). « La culture

des terres est le plus grand travail des hommes.

Plus le climat les porte à fuir ce travail, plus la religion et les lois doivent y exciter » (XIV, 6). Martin ^^

Le monde physique étend son influence jusque sur les idées : « J'ai vu le ciel et cette mer (la Méditerranée) en plein été, dans leur splendeur. Il n'y avait point de mots pour exprimer la beauté de l'azur infini, qui de tous côtés s'allongeait à perte de vue. Quel contraste avec le dangereux et lugubre Océan!

Cette mer ressemblait à une belle fille heureuse dans sa robe de soie lustrée, toute neuve. Du bleu, et encore du bleu rayonnantjusqu'au bout, jusqu'au fond, jusqu'au bord du ciel, et çà et là des franges d'argent sur cette soie mouvante. On redevenait païen, on sentait le perçant regard, la force virile, la sérénité du magnifique soleil, du grand dieu de Tair. Gomme il triomphait là-haut ! Comme il lançait à pleines poignées toutes ses flèches sur la nappe immense ! Comme les flots étincelaient et tressaillaient sous la pluie de flammes ! On pensait aux Néréides, aux conques sonnantes des Tritons, à des

cheveux blonds dénoués, à des corps blancs lavés

d'écume. L'ancienne religion de la joie et de la bonté renaissait au fond du cœur, au contact du paysage

et du climat qui l'ont nourrie » (Taine, Voyage en Italie^ I, 8).

Même pensée lorsque, décrivant les Pyrénées, il

écrit : « Malgré moi, j'ai songé ici aux dieux antiques, fils de la Grèce, images de leur patrie. Ils sont nés en pays semblables, et renaissent ici en nousmêmes, avec les sentiments qui les ont faits » (Voyage aux Pyrénées, 117).

Certains sociologues ont tiré parti de ces remar-

ques, en les exagérant, pour expliquer la formation des mythologiespar les sentiments que la nature fait ressentir.

Nous ne sommes pas seulement façonnés par le

milieu physique, mais encore par le milieu mental. D'ailleurs, ce dernier plonge dans le précédent ses racines. Le passage de l'un à l'autre est sensible si l'on observe l'enfant.

Dans l'enfant ne se retrouvent pas seulement des prédispositions dues aux ancêtres, aux père et mère,

mais aussi des tendances dues à l'état d'esprit particulier de la mère entre l'époque de la conception et celle de l'accouchement. Dans cette période de la vie utérine, il existe entre la mère et l'enfant une

communication trop intime pour que celui-ci ne soit pas influencé par celle-là (1).

L'influence de la nourrice s'exerce ensuite : ce Je

trouve, dit Montaigne, que nos plus grands vices

prennent leur ply dès nostre plus tendre enfance, et que nostre principal gouvernement est entre les

mains des nourrices. » Non que l'allaitement eff'ectue le transport à Tenfant des qualités ou défauts de la nourrice. La médecine rejette ce préjugé. Mais en ce sens que, de la nutrition dépend la santé physi-

1. M. Marion signale ce fait {De la solidarité morale, p. 91 et suiv.). Ce point de vue a été également développé par de Prarière {Education antérieure : influence naturelle pendant la gestation sur les prédispositions morales et intellectuslles des enfants). Malebranche, y avait consacré, dans sa Recherche de la vérité, un chapitre : livre II, chap. VII. De la communication qui est entre le cerveau d^une mère et celui de son enfant.

que, par suite l'équilibre moral. Et aussi en ce sens que c'est la nourrice qui, en donnant à l'enfant ses premières habitudes, est en somme sa première éducalrice.

Lorsque l'enfant quitte sa nourrice, il est modelé par sa famille et le collège. Nous sommes libres assurément, mais la matière sur laquelle notre liberté

s'exerce, nous est en grande partie fournie par l'éducation reçue. Or le principal éducateur est le milieu familial.

Le mode d'agir de Tenfant, puis du jeune homme, la manière dont il se comportera dans la vie dépendent en grande partie de l'influence exercée par sa

famille sur l'éveil et le développement de ses facultés. Notre conduite morale dépend de notre pouvoir

de réfléchir sur la portée de nos actes, d'en prévoir les conséquences, de concevoir ce que nous devons, de vouloir ce à quoi nous sommes obligés. Or, les éducateui^s familiaux sont admirablement en situation de discipliner la sensibilité et l'imagination de

l'enfant, de développei^ et de mûrir son jugement,

de surexciter et d'affermir son vouloir.

Ce ne sont pas seulement ces facultés maîtresses dont ils font, consciemmentou à leur insu, positivement ou négativement, ledressage, tant par l'enseignement que par leurs propres exemples; mais, par le contact quotidien, la manière d'être, les habitudes

de vie, ils tracent le détail du caractère. Des esprits aigris, chagrins, maussades, risquent fort de déteindre sur de jeunes âmes faciles au rire et d'humeur

heureuse. L'irritation constante, la colère habituelle, la brusquerie injustifiée, endurcissent, rendent injuste, fomentent des rebellions secrètes, habituent

à une dissimulation nécessaire, font naître l'hypocrisie et le mensonge. Une indulgence trop prompte, une affection désarmée, la crainte de sévir, préparent

de dangei^eux tyrans et des ingrats certains. Une

rigueur excessive risque de tuer l'affection due. Des châtiments immérités suscitent des révoltes regrettables autant que justifiées.

Si donc l'enfant peut se faire lui-même, du moins est-il en partie fait par les siens. Ceux qui l'entourent facilitent ou entravent le bon exercice de sa

liberté,préparent pour Tavenir des obstacles infranchissables peut-être à une volonté tendue cependant soit vers le bien, soit vers le mal, ou, à l'inverse, facilitent le développement de ces tendances heureuses ou répréhensibles.

L'instruction classique reçue au collège ne laisse pas non plus que d'orienter le moral dans un certain sens (1). Nous pensons surtout comme on nous a appris à penser. Si Ton nous enseigne moins à aimer qu'à haïr, nous faisons nôtre cet esprit de

haine qui rend les hommes mauvais et la société inféconde. Spencer en accuse avec quelque exagération l'éducation classique : (( Nous avons pris

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