‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 10 sur 122 · Voir Documents annexes, lableaux G · texte numérisé non relu

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2. Joseph Szasz. Die ungarische Landwirthschaft der Gegenwart mit

Cependant, la concurrence étrangère grandissante force les propriétaires à s’'émouvoir et à agir : il est trop tard. On tâche de remplacer la main-d'œuvre par les machines et de restreindre le salaire des ouvriers agricoles : alors que la valeur de l'argent à diminué de 1867 à 1881, l'enquête agraire de 1881 constate que le salaire ne s’est pas élevé; mais ceci n’a qu'un temps et lés révoltes agraires, dont on signale les prodromes dès 1890, obligent les propriétaires à augmenter le prix de la main-d'œuvre.

Le gouvernement n’était pas très ému des lamentations paysannes : ses statistiques lui montraient que le rendement agricole progressait ; tout était done bien, Mais il ne prenait pas garde que la situation des cultivateurs empirail en même temps. La récolte était plus abondante, mais Coûtait plus cher à produire et à lever; or, les prix baissaient sous l'influence de la concurrence étrangère et dès lors l’agriculture ne donnait qu'un très pelit revenu. Pendant ce teinps les impôts grandissaient, pour satisfaire aux besoins d’un Élat moderne ; or, ces impôts étaient surtout des imipôts fonciers et des impôts de consommation ; pendant longtemps les valeurs mobilières, les äffaires de banque, les transactions de bourse échappèrent à toute chargé, les industries étaient exonérées, par suite du désir d'activer leur développement ; dès lors, le poids des dépenses publiques retombait sur la terre et sur les petites gens ; le paysan en ressentait ainsi tout l'effet.

Lé cultivateur, dans cette silüation, est à la merci du Preniier Événement : une mauvaise récolte comme celles de 1894 où de 1898, son cheptel décimé où sa vigne détrüite ; il s’endette, il ne peut rembourser l'hypothèque et le voici journalier sans terre. S'il surmonte l'épreuve, sa

besondererBerüchsichtiqung des Extéhsilwt und Inleñsilwl ihres Betriebes. Berlin, 1907, in-8v, 120 b. ;

propriété se morcelle ; chacun de ses enfants peut difficilement arrondir sa terre par son travail et ses épargnes, auxquelles du reste il est peu disposé ; le voici bien près de sombrer dans 1e prolétariat agricole.

Ainsi le paysan hongrois, depuis 1890 particulièrement, n’a pu satisfaire même partiellement sa « faim de la terre » ; les prix ont haussé et les vendeurs sont devenus rares ; sauf quelques terres des Kärpathes qui ont été moreelées, il n’a rien obtenu; tout au contraire, il a dû abandonner une part de ses Champs. Moins de propriélaires, plus d'ouvriers, tel est dans l’ensemble lé triste bilan de ces

dix ännées.

Le second aspect de la crise sociale dans les campagnes hongroises est offert par la lutte des propriétaires et des journaliers. Nous avons indiqué que le plus grand nombre des propriétaires faisaient valoir leurs terres selon la méthode du faire-valoir direct et à l’aide d’intendants, de domestiques et de journaliers. Ces domestiques et ces journaliers constituent un véritable et un nombreux prolétariat agricole. Les quelque 500.000 domestiques agricoles appartiennent à des catégories diverses : les surveillänts et les économes ont une siluation assez favorable, mais ne constituent qu'une petite minorité. La grande masse se compose de simples serviteurs, qui, s'ils sont engagés à l’année et connaissent peu le chômage, n’en ont pas moins une Condition misérable : des écrivains hongrois d'esprit impartial, comme le comte Mailath, en font un tableau pénible.

Ces serviteurs, sauf le droit qu'ils possèdent d'aller mourir de faim en liberté, sont dans un état de quasi-ser-

vage : ils sont soumis à l’autorité absolue de l’intendant, et même le dimanche ne peuvent quitter leur ferme sans permission ; ils ne jouissent d’un congé annuel qu'au nouvel an, alors que la neige couvre la campagne hongroise ; leur salaire en argent varie de 40 à 150 couronnes, selon les régions ; dans la Hongrie occidentale, il est très sensiblement plus élevé qu'en Transylvanie ‘ ; en outre ils reçoivent un salaire en nature composé de blé pour leur pain, du revenu d’un carré de terre qui leur sert de potager et où ils cultivent aussi du maïs pour les porcs qu'ils peuvent engraisser, de quelque 20 kilos de viande abattue et d’un peu de bois ; quelquefois, on les autorise à avoir une vache et-à la faire brouter. On voit combien maigre est la nourriture annuelle du domestique, car il doit avec ces éléments faire manger sa femme et ses enfants ; ceux-ci vont à l’école que gouverne le seigneur du lieu ; celle-là fait la cuisine du ménage, soigne les enfants, et doit même travailler encore vingt-quatre jours par an pour le maitre, — coutume subsistante de l’ancien servage, à laquelle on donne le nom de « robot ».

Tout ce monde vit dans une misérable ferme ou dans une pièce d’une maison d’habilation commune à tous les domestiques, où la phtisie est, paraît-il, fréquente malgré l'air sain des champs?.

Ainsi, quoique payés à l’année, ces domestiques n’ont point un sort enviable : maigre est leur nourriture et étroit leur logis, envolée leur indépendance et impossible leur chance d'améliorer leur condition.

Toutelois, ils se plaignent moins que d’autres de leur

+ 1. Cf. Documents annexes, lableau I, 2%. Nous parlons ici des domestiques ordinaires. Dans les exploitations où ils ne reçoivent pas ou peu de salaire en nature, leur salaire en argent varie aulour de couronne par jour.

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