‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 12 sur 122 · Voir Documents annexes, lableaux I · texte numérisé non relu

Voir Documents annexes, lableaux I

2. Pendant le travail normal de la belle saison, celui-ci dure à peu près de 6 heures du matin à 8 heures du soir, avec à pauses, une d'une demi-heure pour le déjeuner, une d’une heure à midi. une d’une demi-heure pour le repas du soir. En cette saison, les journaliers se reposent lesjours de fête et les jours de pluie (S/udien, loco citato, p. 74)

LA SITUATION SOCIALÆ DU PROLÉTARIAT AGRAIRE pt

On devine ce que peut être avec de tels salaires le logement et l’alimentation de cette population de plusieurs millions d’âmes. Elle vit dans des taudis, dont le plancher est en terre glaise, où une minuscule fenêtre est clouée pour éviter le froid-en hiver et la chaleur en été; dans une seule pièce, toute la famille est réunie et partfois le bétail partage avec elle cette unique chambre. Si l’on y entre, on est pris à la gorge par une odeur de misère humaine et de cuisine forte, par un air qui ne se renouvelle guère et provoque la maladie.

Un inspecteur de l’hygiène, M. Farkas, a relevé, dans une enquête faite sur l’ordre du ministre de l'Agriculture, des faits qui renseignent sur l’alimentation des ouvriers moissonneurs ‘ : ils ne consomment presque pas de viande, sauf pendant la moisson, ne connaissent guère le pain de froment ; ils vivent surtout de pommes de terre, de choux, de farine de maïs ou d'avoine et par endroit commencent à boire des eaux-de-vie ordinaires en forte quantité. Les journaliers fauchent du blé qu’on exporte, mais n’en consomment pas ; par contre, ils boivent par tête et par an une moyenne de 60 litres d’eau-de-vie couranté,;-et même chez les Roumains etles Slovaques les femmes et les enfants BÉROE bent fréquemment l'alcool qui les ronge.

Cette misère est trop réelle et l'envie trop fortement ressentie pour que la lutte sociale autour de la hausse des salaires ne se poursuive pas : elle a commencé pendant la dernière décade du xix° siècle ; Jusque vers 1880, des relations pacifiques et patriarcales, c’est-à-dire de seigneur à serviteur, régissaient encore partiellement les rapports des propriétaires et des journaliers. De 1848 à 1880, nous n'avons pas d'indications sur une crise de ces

Page 1