Voir Annexes, lableau F
aux surveillants le soin d’accorder la faveur de donner congé le dimanche; celui qui s’absente le dimanche sans excuse est gratifié d’une amende de 1 à 5 couronnes ; dans les exploitations de l'État, les conditions de travail sont encore pires, s’il est possible » *.
D’après la même enquête officielle, les salaires sont en général des plus faibles : il n’y a pas 9 p. 100 des ouvriers qui reçoivent plus de 20 couronnes par semaine, c’est-à-dire 21 francs ; environ 25 p. 100 reçoiventde14 à 20 couronnes, soit à peu près de 2 à 3 francs par jour ; 65 p. 100 n'ont pas pour vivre plus de 14 couronnes par semaine ; et l'on croit rêver quand on lit au tableau récapitulatif que 14 p. 100 des ouvriers industriels, — et il ne s’agit que de ceux qui ont plus de seize ans et ne sont pas des apprentis, — reçoivent moins de 6 couronnes, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas même pour leur entretien un franc par jour.
Quant aux femmes, c’est encore pire : 33 p. 100 appartiennent à cette dernière catégorie et 95 p. 100 reçoivent moins de 14 couronnes par semaine? !
Chez les mineurs, d’après une enquête faile par leur * syndicat en 1903, lorsqu'ils gagnent leur plein salaire, ils ne reçoivent en moyenne que 68 couronnes par mois *. Ce chiffre doit être exact, si l’on considère les chiffres donnés annuellement par les autorités minières : on voit qu’en 1905, dans les principaux centres, le salaire journalier maximum des hommes était, selon les lieux, de 2 c. 50, 2c. 93,3 c. 20, 3 c. 84; quant au salaire minimum, — et les femmes et les enfants ne sont pas compris dans le tableau, — il oscille de 0,60 à 1 c. 804.
. Die Lage der Bergarbeiler, in-8o, Budapest, 1903, p. 6.
. Voir Annexes, tableau F.
. Voir Annexes, tableau K.
. Annuaire slalislique hongrois de 1905, Budapest, 1907, p. 135.
Fa
Depuis 1901 ou 1902, ces salaires ont haussé sensiblement: nous manquons de chiffres d'ensemble à cet égard, mais la constatation a été faite par les économistes hongrois et ils admettent que cette hausse n’a pas été de moins de 30 à 40 p. 100 durant ces quatre ou cinq dernières années. La corporation des maçons nous donne sur ce point des renseignements assez précis : les ouvriers du bâtiment étaient jusqu’en 1908 les mieux organisés de Hongrie et, dans presque toutes les villes, ils ont conclu des contrats collectifs avec les patrons; leur annuaire montre les progrès accomplis : en cinq ans, de 1903 à 1907, le temps de travail courant à Budapest a passé de dix heures et demie à neuf heures et demie et le salaire à l’heure de 30 à 50 hellers ; dans presque toutes les villes, un progrès analogue quoique moins sensible a été accompli ‘.
Cette hausse récente des salaires indique leur faiblesse antérieure et s'explique par plusieurs causes : la crise de la main-d'œuvre, dont nous avons parlé, en est peut-être la principale; d’autre part, le commencement d'organisation ouvrière et les grèves, qui en sont résultées un peu partout, en particulier celles des ouvriers du bâtiment, ont fortement contribué à ce résultat.
Enfin, il ne faut pas oublier que le prix de la vie a considérablement augmenté dans les villes de Hongrie, surtout à Budapest ces dernières années. La valeur réelle du salaire dépend essentiellement du coût de la vie dans le lieu considéré. Les salaires très faibles, que nous avons signalés, n'étaient possibles que parce que l’ouvrier très inculte supportait des privations et une condition de vie inférieure et que, d'autre part, les objets nécessaires à son entretien n'étaient pas d’un prix élevé. Dans l’enquête