Voir Annexes, lableau F
faite par le syndicat des mineurs, on a établi le budget moyen de ces mineurs qui gagnaient 68 couronnes par mois. On y voit qu’ils dépensent, pour leur alimentation et celle de leur famille, 37 couronnes par mois, soit à peu près 1 fr. 10 par jour, et qu'il ne leur reste que 11 couronnes par mois pour habiller leur famille et eux-mêmes, élever leurs enfants, distraire et former leur esprit ‘. Nous croyons sans peine la brochure du syndicat, quand elle nous dit qu'ils ne peuvent « se nourrir qu’à moitié »; mais le seul fait de pouvoir subsister à ce prix indique un coût de la vie assez faible.
Or, ces dernières années, la cherté et le renchérissement des choses ont été très marqués en Hongrie : si les céréales et le pain n’ont pas augmenté de prix, par contre les combustibles, les objets alimentaires et surtout la viande, coûtent beaucoup plus cher qu’il y à Cinq ans par suite de diverses circonstances : un grand nombre de produits alimentaires sont l'objet, soit du monopole d’État, soitd’impôts de consommation élevés, principale ressource de l’État, soit de kartell industriel, et par là leur prix augmente dans de fortes proportions : le sel est monopolisé, son coût de production varie de 80 à 90 hellers (environ 1 franc) par quintal métrique, alors que son prix de vente est de 23 couronnes ! De même le tabac est monopole d’État et ce sont les sortes de cigares et de tabac les plus ordinaires qui sont du plus grand profit. La viande, le pain, le sucre, les boissons, le pétrole sont frappés de droits. L'impôt sur l'alcool augmente considérablement le prix des boissons qui en contiennent : tous les spiritueux, le vin, la bière, sont imposés. Le pétrole est objet de kartell et proportionnellement plus cher que le gaz ou l'électricité, qui sont libres