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CHAPITRE III

I. Les classes dirigeantes, l'influence politique du prolétariat et le suffrage universel : 4° l'influence actuelle du prolétariat dans la vié politique : le cens électoral, les ouvriers exclus du droit de vote; l'influence des classes dirigeantes et le système électoral: les bourgs pourris, les élections, le vote oral; les classes dirigeantes avant et depuis la coalition ; la composition de la Chambre : la portée sociale du conflitentre le roi et la noblesse magyare et le spectre du suffrage universel.

IL. 2° L'établissement du suffrage universel: l’origine de la réforme, les promesses anciennes des partis coalisés dans l'opposition, le projet du ministère absolutiste, le « pacte » secret d'avril 1906 entre la couronne et la coalition, et l'obligation d'introduire une réforme électorale. — Le projet de loi Andrassy; l'esprit du projet de loi, le vote plural et la procédure électorale ; le vote oral; la portée sociale du projet et les moyens employés pour assurer la suprématie des éléments magyars ; l'accession de nouvelles classes sociales à la vie politique.

III. L’attitude et les mesures prises par les classes dirigeantes à l'égard du prolétariat : 4° la politique sociale jusqu'en 1897 : l'indifférence ; les lois en faveur des ouvriers industriels ; la réglementation du travail des enfants, l'absence de mesures protectrices pour l'ouvrier ou l’ouvrière adulte; le contrôle défectueux de l'inspection du travail, le repos dominical; les corporations et les comités de conciliation ; l'assurance contre la maladie à la charge des ouvriers ; le bilan en 1897. — Cause de cette indifférence : le sentiment conservateur et individualiste, l'absence d’agitation, l’État patron et la politique fiscale. |

IV. 2° la politique sociale depuis 1897 : la politique de répression contre le socialisme : la loi de 1898 contre les grèves agricoles et les lois de 1899 ; les mesures gouvernementales contre l'organisation ouvrière dans les campagnes et les réserves de travailleurs ; la répression des grèves agraires de 1905, 1906 et 1907; la dissolution des syndicats d'ouvriers agricoles. — La loi de 1907 contre les grèves des domestiques agricoles. — Le régime des coalitions et des grèves’ industrielles et son application ; l'interprétation contestable, donnée aux lois de 1872 et de 1884, les interdits ; l'ordonnance de 1875 sur les associations et le mouvement lassalien : interdiction des syndi-

cats s’occupant de grève, les « associations libres » secrètes, la dissolution des syndicats en 1907; lerégime des réunions et l'arbitraire administratif ; l'interdiction des collectes pour grève; l'interdiction de séjour pour les organisateurs de grèves: le bilan des libertés ouvrières. — Le régime de la presse: la répression des infractions et la politique suivie à l'égard de la presse ennemie du gouvernement ; les ressources pécuniaires secrètes accordées à la presse hongroise par le gouvernement et les sociétés. — Causes du triomphe de la « manière forte » dans la politique à l'égard des organisations ouvrières ; la ruine de la puissance économique et sociale de la coalition par le socialisme ; l’anéantissement des aspirations nationales de la noblesse magyare par l’alliance des socialistes avec le roi et le ministère absolutiste. :

V. 3 La politique sociale depuis 1897 : la politique de réformes sociales : les idées des hommes politiques conservateurs avisés et les résistances de leur parti. — L'action du ministère de l'Agriculture à l'égard des travailleurs agricoles: l’aide donné au mouvement coopératif; les mesüres gouvernementales opportunistes : l'enseignement agricole, les bibliothèques populaires, les récompenses, les grands travaux publics, les bureaux de placement publics. — Les mesures réformatrices : les obligations légales du propriétaire à l'égard du journalier d’après la loi de 1898, du domestique agricole d'après la loi de 1907; la caisse de secours nationale de 1900 ; les versements des patrons, des ouvriers et de l'État; les risques qu'assure la caisse : accidents, invalidité et vieillesse, mort; le système de mutualité géré par l'État et les nouveaux barèmes de la loi de 1902 ; les mesures destinées à rendre le travailleur propriétaire : la loi de 1907 sur les maisons des ouvriers agricoles; les tentatives de parcellation à l'amiable des grandes propriétés, ses difficultés, la: question financière et le nouveau projet de loi.

Les mesures réformatrices du ministère du Commerce à l'égard des ouvriers industriels : la construction d'habitations ouvrières à bon marché ; la loi de 1907 contre les risques de maladie et d'accident : l'assurance accident obligatoire à la charge des employeurs pour certains ouvriers et certains accidents, l’assurance-maladie étendue aux ouvriers à domicile et mise par moitié à la charge des entrepreneurs, l’assurance centralisée, les critiques socialistes, le maintien des caisses spéciales aux mineurs; une loi de transition : le nouveau projet de code industriel: les dispositions modifiant le droit de grève et le droit syndical et celles établissant des chambres de travail.

Le bilan de l’activité réformatrice du gouvernement hongrois depuis 1897: le commencement d’une action tardive: les causes de cette activité : la nécessité de donner des satisfactions aux mécontents, een d'un suffrage plus étendu et le gouvernement de la Coaition.

Nous venons d’esquisser la situation économique actuelle du prolétariat dans les villes et dans les campagnes, la

crise sociale tantôt latente, tantôt aiguë qui en résulte, les principales manifestations de cette crise. Mais pour achever le tableau de la condition du prolétariat en Hongrie, il nous faut indiquer quelle est sa situation politique, quels rapports existent entre lui et le gouvernement du pays, quelle attitude les classes au pouvoir ont à son égard, attitude qui se révèlera d’une façon précise dans les mesures gouvernementales et législatives prises pendant la dernière décade. |

Ce disant, nous pénétrons dans le cœur de la politique intérieure hongroise. Actuellement par suite du système électoral le prolétariat-ne joue aucun rôle dans les élections ; le parlement et le gouvernement émanent des classes aisées et sont dirigés par la noblesse ; les magnats ont même pris une influence plus grande depuis l’arrivée au pouvoir de la Coalition. Mais la crise des rapports austro-hongrois, l’action du ministère absolutiste du général Fejervary a jeté au pays la promesse du suffrage universel; le roi tient à l'accomplissement de la réforme électorale et toute la politique intérieure hongroise actuelle tourne autour de ce problème.

C’est que le suffrage universel transformerait entièrement les conditions de la vie politique en Hongrie. Aujourd’hui le cens, du reste très variable selon les régions et les revenus, est en général de 20 couronnes depuis la loi toujours en vigueur de 1874, c’est-à-dire d’un taux d’autant plus élevé que le pays est peu riche. Aussi sur 4.332.000 hommes majeurs, n’y avait-il pas, en 1905, plus de 970.000 électeurs, soit 22 p. 100 et d’après des statistiques privées la classe ouvrière ne compterait que 48.000 de ses membres admis au droit électoral ‘.

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