‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 3 sur 122 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'importance de la population agricole en Hongrie ; le problème agraire et la répartition -de la propriété.

I. L'origine de la situation actuelle. — L'affranchissement des serfs en 1848 : Jo la situation des serfs affranchis; les anciens possesseurs serfs; les anciens serfs domestiques ; le problème de la parcellation des grandes propriétés: Frtat intermédiaire entre les paysans et les propriétaires, l'institution de fidéi-commis et leur limitation par l'Etat; — 2° la crise de la moyenne propriété de la gentry ; l'endettement; une partie des propriétés change de titulaires, mdis sans parcellement généralisé; — 3° la grande propriété et les latifundia des magnats ont surmonté cette crise.

IJ. La répartition actuelle de la propriété d'aprés les enquêtes de 1895 et, 1900: 1° Les 243.000 grands propriétaires possesseurs du tiers de la Hongrie; — 2 les 16 à 18.000 moyens propriétaires possesseurs seulement de 15 p. 100 des terres; —- 3° la petite propriété des paysans indépendants au nombre de 700.000 environ; — 4 la propriété morcelée et insuffisante des quelques 800.000 cultivateurs journaliers; — 5° la population agricole sans terre : le nombre très minime des métayers et restreint des fermiers : l'exploitation par métayage ou fermage, correspondant à une catégorie d'environ 100.008 individus ; la tradition du faire-valoir direct au moyen d’intendants, de domestiques et de journaliers ; les 500.000 domestiques agricoles; les 1.500.000 journaliers et leur répartition géographique.

III. Les résultats sociaux de cette répartition des terres et les manifestations actuelles de la crise sociale : 4° la « faim de la terre »; la hausse de prix de la terre, l'absence de parcellation et la non-satisfaction des désirs des paysans ; l'augmentation du nombre des propriétaires dans certains comitats d’émigrants; le développement et la consolidation déjà ancienne de la moyenne propriété paysanne dans V'Alfôld ; la diminution du nombre des propriétaires et l'augmentation du nombre des journaliers agricoles dans l’ensemble de la Hongrie ; la consolidation de la propriété ; — 2 ]a lutte sociale

- des propriétaires et journaliers : les domestiques agricoles, leur situation misérable et leur salaire; leur état d'esprit résigné et les signes de nouvelles tendances ; les journaliers agricoles : leur situation précaire, leur salaire. l'histoire de leur lutte sociale récente ; la terreur des propriétaires : le danger économique et social du mouvement, la difficulté d'augmenter les salaires; l’ardeur des ouvriers;

la lutte sociale et la crise;.— 3° l'émigration des paysans et des journaliers ; les causes adjuvantes et la cause essentielle ;: le nombre des émigrants grossit avec celui des mécontents; le départ des femmes, les rapatriés, la condition sociale des émigrés, les lieux où l'émigration se produit; un phénomène de psychologie collective-et de nécessité économique ; les causes annexes et la propagande des compagnies de colonisation; les mesures prises par la loi de 1903 et celle de 1908: l'effet de l’émigration sur la crise sociale; l'aspect sous lequel on l’envisage en Hongrie, le point de vue national, l’'augmentation de la population et la «€ magyarisation» de la Hongrie ne sont pas arrêtées, mais retardées ; les heureux effets de l’'émigration : l'augmentation rapide de la population et la décongestion du pays, la centaine de millions de Capitaux au moïns räpportée en 4907 par les émigrants d'Amérique en Hongrie; l'émigration effet et palliatif de la crise sociale.

Malgré le développement récent de Findustrie ; la Hongrie reste essentiellement un état agricole : sans doute, si l’on compare à dix ans de distance la population occupée à l’agriculture, on s'aperçoit d’une diminution proportionnelle : les 10.800.000 personnes qui en vivaient en 1890 consüituaiennt les 70,8 p. 100 de la population totale de la Hongrie, tandis qu'en 1900 les 14.100.000 m'en représentaient plus que 66,5 p. 100. Malgré cette évolution, conforme à celle de tous les grands États, il suffit de remarquer l'importance de ce dernier chiffre, pour s’apercevoir à quel point la Hongrie est socialement différente de l'Europe occidentale : à population agricole, en effet, ne compté que pour #5 p. 100 en France, elle n’est que de 35 p. 100 en Allemagne et aux États-Unis, de 45 p. 100 en Angleterre,

Il est même très significatif de visiter les grandes villes hongroises de là Püszta : beaucoup n’ont point du tout l'apparence de villes, mais d'immenses villages ; quelques industries récentes y travaillent les produits de la terré; Ce sont dès moulins, des suereriés, des distilleries ; là masse de Ia population se divise en petits commerçants et artisans d’une païrt, qui tiennent en ce lieu comme une foire

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