‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 33 sur 122 · Neue freie Presse, 15 novembre 1906, Morgenblatt, p · texte numérisé non relu

Neue freie Presse, 15 novembre 1906, Morgenblatt, p

LA SITUATION POLITIQUE DU PROLÉTARIAT 147 en raison d’un titre historique, dans l'intérêt de l’État national hongrois et de l’idée d'État national et mettait au service de celte idée toute la vie politique, sociale et économique. » Ce « nationalisme intégral », si l’on peut dire, de la société hongroise dirigeante a causé toutes les luttes copstitutionnelles entre la Hongrie et le souverain depuis le xvn° siècle. Or les nouvelles classes sociales, appelées aujourd'hui à la vie publique, vont s'intéresser à des problèmes nouveaux : ouvriers, journaliers et petits bourgeois, artisans et intellectuels pauvres défendront leurs intérêts économiques et sociaux et s’entendront volontiers pour cette défense avec les éléments non magvyars, qui résistent à l’idée d’État centralisé et national.

Par là, la réforme électorale, malgré toutes ses atténuations, contient les germes d’une révolution dans la politique intérieure, sociale et nationale de la Hongrie.

Peut-être l’action combinée de toutes les forces au service des classes dirigeantes actuelles réussira-t-elle à endiguer cette poussée et à diminuer très notablement le nombre des représentants de ces classes nouvelles et de ces nationalités qui pourraient faire bloc contre le régime présent. Néanmoins il suffit de considérer les progrès faits par la propagande des nationalités et des organisations socialistes depuis une décade, pour ne pas douter que ce développement se continue‘. Mais les hommes au pouvoir ont donné depuis 1906 trop de preuves de leur sagacité politique, de leur savoir-faire et de leur habileté pour qu’on puisse croire à leur défaite dans un temps prévisible : les classes dirigeantes de Hongrie ne renonceront pas à leurs traditions historiques et il sera d’un haut intérêt de suivre les phases de ce conflit autant social que national.

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