‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 65 sur 122 · Kerepesi-ut, Budapest, VIL · texte numérisé non relu

Kerepesi-ut, Budapest, VIL

lement pour le parti un moyen très efficace de propagande ; c’est encore une source de larges bénéfices À ces publications s’est ajoutée à la fin de 1906 une revue. Jusqu’alors le parti n’en possédait aucune; les arlicles à tendances socialistes paraissaient : dans le XX° siècle, la revue d'opinion radicale dont nous avons parlé. Le Szocialismus comble cette lacune; sa direction a été donnée à M. Garami, alors à la Népszava ; les études des socialistes orthodoxes et des dirigeants du mouvement syndical trouveront ainsi un accueil assuré. En dehors de Budapest, le parti’ politique socialiste est -soutenu par des journaux dans la plupart des centres urbains. À Pozsony (Presbourg), le parti a la propriété d’un hebdomadaire rédigé en allemand, la Westungarische Volksstimme ; dans la même ville, les ouvriers slovaques peuvent fire en leur langue le S/ovenské Robotnicke Noviny (journal des ouvriers slovaques). Un autre organe important en allemand est publié à Temesvar, la Volkswille, et l’on parle de le faire paraitre tous les jours au lieu d’une fois par semaine. Deux autres feuilles hebdomadaires sont contrôlées par le parti, l’une publiée en roumain à Lugos, VAdeverul, l'autre en serbe, Narodna Recs. Enfin plusieurs journaux mensuels ou hebdomadaires paraissent en hongrois : à Nagyvarad, le Nagyväradi Munkas-Ujsägq ; à Pecs (Fünfkirchen), le Munkds; à kolozsvär, le Kolozsodri Munkds, ete. ; au total, le parti dispose de 13 journaux, 4 hongrois, 3 allemands, 2 slovaques, 2 roumains et 1 serbe, dont le tirage global moyen était évalué en 1906 à 80.000 numéros, en 1907 à 145.000 environ. Mais seule encore la Népszava paraît quotidiennement. En somme, l’activité pratique des dirigeants du parti se résume, d’une part, dans l’organisation de grandes manifes-

tations et réunions publiques dans certaines circonstances

exceptionnelles et d'autre part, dans la publication de journaux et de brochures. Aussi, dans le budget du parti, les grosses sommes en recette et en dépense sont portées au compte des organes édités et de la librairie : aux budgets de 14903 et de 1904, par exemple, ces chapitres figurent pour les quatre cinquièmes environ ‘ ; la proportion n’a pas varié : d'après le rapport financier présenté en avril 1908, la Népszava et la Volksstimme ont dépensé 353.000 couronnes, dont 80.000 versées aux rédacteurs, et encaissé une recette de 363.000 couronnes ; ainsi malgré, des honoraires considérables, véritable mine d’or pour les chefs du parti, le budget des journaux présente un excédent; la librairie solde son compte actif et passif par 100.000 k. environ. Quant au secrétariat du parti, il accuse un léger déficit : ses dépenses sont de 92.000 k., dont un peu plus de la moitié représentent des frais de propagande et d’impression, ses recettes de 80.000 k., dont 30.000 seulement provenant des cotisations, c’est-à-dire de l'impôt du parti de 2 hellers par semaine?. Ainsi, dans le budget du parti socialiste hongrois, les cotisations ne rentrent que pour un chiffre infime et, somme toute, c’est par leurs publications et par leurs journaux que les dirigeants du parti sont surtout puissants et forts.

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L'action économique des syndicats s’efforce en premier lieu d'améliorer les conditions du contrat de travail. Et

4. Les recettes totales du parti étaient en 4902 de 30,000 k., en 1903 de 65.000 k., en 1904 de 135.600 k. (Aus der Geschichte, p. 27).

2. Les nouveaux statuts du parti votés au congrès d’avril 1908, ont porté cette cotisation de 2 à #hellers par semaine.

d’abord, c’est du placement des ouvriers qu’ils s’occupent avec peut-être le plus d'activité.

En Hongrie, la main-d'œuvre cherche son emploi par l'intermédiaire de bureaux de placement privés, par des insertions dans les journaux, par le recours aux institutions établies par l'État à cet effet, par l'office des syndicats et associations ouvrières, enfin -en se rendant aux places où selon les usages locaux on vient engager des ouvriers de telle spécialité. Les travailleurs sont peu portés à utiliser les bureaux publics, pour qui ils ressentent une prévention

> non dissimulée. Quant aux bureaux privés, les syndicats

cherchent à les supplanter et mènent contre eux une lutte

à cet effet, particulièrement pour les empêcher d'intervenir

en cas de grèves. L'institution des contrats collectifs a

favorisé encore le placement syndical et celui-ci est aujour-

d’hui très répandu. Les syndicats ont l'ambition de devenir

la « bourse du travail humain », comme :1l existe des

« bourses » pour la vente de telle ou telle denrée ; la Fédé-

ration des ouvriers du bâtiment éerit dans un appel aux

travailleurs : « Dans leurs syndicats, les ouvriers se sont

créé aussi des bourses de travailleurs, des instituts pour

l'emploi de travail, qui offrent aux travailleurs les plus

grands profits possibles, puisqu'ils sont administrés exclu-

-sivement par des ouvriers et sont souvent reliés à des établissements où l’on loge les travailleurs »!.

Cette ambition de monopoliser le placement est la naturelle conséquence du désir des syndicats d’être les représentants des travailleurs à l'égard des patrons. Rien n'indique mieux cette tendance que leffort pour amener ces derniers à conclure des contrats collectifs, Un grand nombre de grèves se sont terminées de cette manière, qui

, 1. Taschenbüch für Bauarbeiter, 1908, p. 213.

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