‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 68 sur 122 · Cf. Documents annexes, lableau M · texte numérisé non relu

Cf. Documents annexes, lableau M

nombre des ouvriers de l’industrie et des mines, qui était au recensement de 1900 de 680.000, on voit que la proportion des svndiqués est déjà appréciable. Elle l’est surtout à Budapest, qui comptait à elle seule en 4906 la moitié de l'effectif syndical de Hongrie. Ce sont avant tout les corporations, où depuis déjà quelques années s’est. établie une fédération nationale, qui eroissent en prospérité et en nombre ; les plus remuantes, celles des ouvriers du bâliment et celle des ouvriers métallurgistes, tiennent par le chiffre de leurs adhérents la tête du mouvement depuis leur origine en 1903. Les typographes ne peuvent offrir un pareil contingent, car leur corporation est plus limitée ; mais leur Union, fondée en 1895, s’est réveillée après un long assoupissement. Leurs salaires que des grèves avaient élevés, et leurs tendances particulières leur ont permis un grand effort d'assurances mutuelles, qui a attiré dans leurs syndicats les 85 p. 100 des ouvriers du métier. À mesure que des fédérations nationales se fondent, le travail d’organisation, d’agitation, et d'impulsion unique et opportune augmente aussitôt le nombre des groupes locaux, des sections et des syndiqués : des grèves éclatent, terminéés souvent par des avantages matériels, qui contribuent à cet accroissement. C’est à la suite de grèves, que les menuisiers, les tapissiers, les Charrons, etc., ont proclamées dans 55 villes pendant l’année 1905 pour l’augmentation des salaires et la diminution des heures de travail, que la fédération des ouvriers travaillant le bois a presque doublé,

Cet effectif des syndicats d'ouvriers de l’industrie a été loin d’être atteint par la Fédération des travailleurs agri- * coles, quoique le nombre de ces derniers soit de beau- . coup plus considérable. Mais en un an et demi, de sa

4. Jaszai, Die ungarischen Gewerkschaften, Die Gewerkschaft, 9 février 1906, et cf. Documents annexes, tableau M, 8.

fondation à son apogée, elle a su grouper 70.000 journaliers et organiser au moins 550 groupes locaux!; c’est une preuve suffisante d’un développement toujours possible, dès que les circonstances extérieures le permettent. Nous avons dit que la décadence a été aussi rapide que l’ascension sous l'influence de l’action gouvernementale, de l’activité des classes dirigeantes et peut-être de certaines erreurs de tactique des chefs.

Pour apprécier l’exacte portée des résultats déjà obtenus par la propagande socialiste, il faut se rendre compte que ce mouvement, nouveau encore en Hongrie, est loin d’avoir pénétré dans tous les milieux. Certains, pour des causes diverses, lui sont fermés jusqu’à présent, qui pourront peutêtre plus tard s'ouvrir sous sa poussée. Il ne recrute présenlement ses adhérents que dans certains groupes sociaux, nationaux et religieux, ou du moins presque exclusivement dans ces groupes. Ainsi le nombre des intellectuels et des pelits bourgeois est infime dans le parti : ceux qui porteraient certaines sympathies au socialisme, restent en marge.et se contentent d’appartenir aux sociétés à tendance € progressive », dont nous avons parlé ; dans les villes le parti se recrute done à peu près uniquement parmi les ouvriers d'industrie déjà affiliés aux syndicats ; le syndicat est ainsi l’anlichambre du parti ; dans les cadres, quelques rares intellectuels ont réussi à s’infiltrer, surtout dans les plus hautes fonctions ; mais dans l’ensemble, parti comme syndicats se présentent avec un aspect « prolélarien ». Il n'est pas impossible qu’une modification survienne à ect égard, lorsque la réforme du suffrage aura donné au mouvement une influence politique directe plus grande. Fatalement, lorsqu'au Parlement siégeront un certain nom-

Page 1