‹ La question sociale et le socialisme en HongrieChapitre 7 sur 122 · Cf. Documents annexes, tableaux G, lo · texte numérisé non relu

Cf. Documents annexes, tableaux G, lo

2. 11 y a 3.700 exploitations d’après la statistique agricole, d'après le recensement 1.530 propriétaires au titre de possession principale et 460 au titre de possession accessoire ; d’un côté plusieurs exploitations

tion est énorme, si l’on songe qu’en Allemagne, pays cependant de grande propriété dans l’est, il n’y a que 10 p. 100 du so] qui appartienne à cette catégorie de propriétaires.

Encore ce chiffre n’exprime pas toute l'importance de la propriété seigneuriale ou écclésiastique : les forêts n'y sont pas comprises et appartiennent le plus souvent à cette même catégorie de personnes ; quant aux terres, ce sont généralement les meilleures de chaque commune, que les magnats et les églises ont conservées ; c'est une observaüon générale que l’on peut étendre à toute la Hongrie.

On range dans la moyenne propriété les exploitations de 50 à 500 hectares (100 à 1.000 jochs) : la faiblesse relative de cette catégorie est indiquée par le nombre des propriétaires (16 à 18.000) ‘ joint à l'étendue du sol qu'ils possèdent, environ 15 p. 100 du sol cultivé, alors qu’en Allemagne où celte propriété n’est pas très puissante, elle détient cependant 23 p. 100 du sol ?.

La statistique hongroise range dans la même rubrique de petite propriété les exploitations de 2 hectares et demi à 50 hectares ; on pourrait semble-t-il s’en tenir aux exploitations de 2 hectares et demi à 25 hectares. Les propriétés de 25 à 50 hectares constituentune catégorie intermédiaire, correspondant tantôt à la classe des paysans riches, tantôt à celle des plus pauvres parmi la classe moyenne peuvent appartenir au même individu: mais de l’autre, les propriétaires étrangers et les personnes morales ne sont pas comprises dans le recensement de 1900; il semble donc que le chiffre vrai est intermédiaire entre ceux des deux statistiques. La Statistique agricole attribue à cette grande propriété 32 p. 400 du sol de la Hongrie, mais elle ne

compte que le sol Cultivé, et laisse de côté les pàturages et les forêts, dont une très grande part revient aussi à cette catégorie.

4.11 y a 19.000 exploitations et 44.500 propriétaires au titre de possession principale et 2.600 au titre de possession accessoire.

2. En France, en 1892, il y avait 439.000 “exploitations de plus de 40 hectares couvrant 45 p. 400 du sol: la Statistique ne fait pas les mêmes distinctions qu'en Hongrie, mais on sait que les propriétés de plus de 500 hectares sont très rares en France.

(gentry ou bourgeoisie) : le plus souvent on peut dire que cette catégorie forme la moyenne propriété paysanné, qui, si elle était plus nombreuse, serait une des forces de la Hongrie, mais elle ne compte que 2.400 personnes et ne possède que 6 p. 100 du sol.

Quant à la petite propriété paysanne (de 5 à 50 jochs), elle a une extension naturellement plus grande et elle comprend presque 40 p. 100 du sol cultivé ; mais elle ne fait vivre que 700.000 propriétaires environ et leur famille ‘. C'est la catégorie des vrais cullivateurs imdépendants ; encore parmi les trois quarts d’entre eux, qui ne possèdent pas 10 hectares, plus d’un considère son sort comme injuste et voudrait, mais en vain, acquérir des terres autant que lui et sa famille en pourraient exploiter personnellement. Ce mécontentement d'hommes qui voudraient améliorer leur sort et ne le peuvent, souvent faute de trouver des terres, leur fait parfois partager les sentiments de ceux qui vraiment ne sont pas des paysans indépendants.

Car les autres paysans ne sont pas dans l'ensemble des travailleurs autonomes ; leur terre est trop peu étendue pour les faire vivre : le chiffre de 5 jochs (2 hectares et demi) nous paraît être en moyenne le chiffre minimum pour que la culture de la terre suflise à la subsistance d’une famille ; sans doute un tel chiffre est très variable selon les contrées, les produits, la fertilité.

Dans la plaine de PAÏfGId, un paysan seul peut vivre avec 2 jochs ; mais dans bien des régions, surtout si le cultivateur à une famille un peu nombreuse, il lui faudra 10 jochs pour la nourrir, sans être réduit à travæller au

4. I y a 1.050.000 exploitations et 872.000 propriétaires au titre de profession principale ou accessoire ; comme ici seule la profession principale importe, il faut déduire un chiffre approximatif qui nous paraît devoir réduire à 700.000 environ le nombre de ces paysans-propriétaires.

dehors. On peut donc estimer à quelque 800.000 le nombre de paysans qui sont dans cette situation, bien que la statistique ne donne qu’un chiffre moitié moindre ; sans doute elle ne range dans la catégorie de « petits propriétaires journaliers » que les prétendus « propriétaires », qui sont avant tout des journaliers, tels que ces hommes qui ne possèdent même pas un demi-hectare de terre. Mais beaucoup d’autres ont une situation mixte, qui doit les faire ranger dans la même catégorie ! : à moitié indépendants, à moilié salariés, ils manquent de terres et ce besoin se traduit dans la vie sociale, comme nous le verrons. : La crise sociale agraire ne se limite pas à la faiblesse de la moyenne propriété et à l'extension de la propriété morcelée; sa manifestation peut-être la plüs sérieuse réside dans le chiffre considérable de la population agricole ne possédant pas un arpent de terre. Si encore cette population se composait de fermiers, de métayers et de domestiques, la situation serait moins grave. Mais en Hongrie les fermiers et les métäyers sont peu nombreux. Le mélayage est très rarement praliqué, même dans les pays de vignobles : il n’y à pas plus du 140° du sol de la Hongrie qui soit cultivé par ce mode d'exploitation : encore ce sont le plus souvent de petites exploitations, appartenatt par exemple à des femmes, qui sont mises en väleur de cette manière.

. La plupart de ceux qui sont métayers exercent même cetle profession qu’à titre de profession accessoire : sûr 218.000 personnes s’occupant de mélayagé, il n’y en a que 30.000 qui soient colons partiaires au titre de la profession 4. Il y à 1.279.000 exploitations et 1.175.000 propticlairés au litre de profession principale où accessoire : de même que das la précédente catégorie, Seule là profession brincipäle importe el il faut dé iôtie

déduüiré un chiffre apbroximatif de ce nombre. Voir Tableaux annexes, G, el 5, et note.

LA SITUATION SOCIALE DU PROLÉTARIAT AGRAIRE 35 principale”, C'est-à-dire que les métayers constituent en Hongrie une catégorie très minime et le métayage une exception.

Les fermiers sont plus nombreux et le fermage, comme

mode d'exploitation des terres, a plus d'importance : mais encore celle-ci est-elle bien réduite, si on se reporte à la situation dans d’autres pays : tandis qu'en France par exemple 36 p. 100 des terres sont cultivées par des fermiers, en Belgique 50 p. 100, en Angleterre 85 p. 100, le sol hongrois n'est exploité par fermages que dans une proportion de 9 p.100, inférieure encore à celle de Allemagne (413 p. 100). Et, de plus, 90 p. 100 des terres ainsi exploitées appartiennent à la moyenne et surtout à la grande propriélé : on peut dire que l’affermage est exceptionnel dans les exploitations de moins de 50 hectares, mais se pratique au contraire dans la proportion de 1/6° dans les exploitations de plus de 50 hectares”. Les fermiers de ces dernières constituent donc une classe agricole d’intermédiaires, bien plus qu'un prolétariat ; il est vrai que des statistiques assez mal présentées mentionnent 240.000 fermiers exploitant chacun une étendue de moins de 25 hectares, mais le plus grand nombre doivent n'être fermiers qu'aceessoirement comme iken est des métayers, d'autant qu'il n’y a pas plus de 60.000 exploitations par fermage des propriétés de cette étendue ?.

Gette catégorie des métayers et des fermiers non-propriétaires n’a donc pas en Hongrie une importance sociale comparable à celle qu'on constate dans d’autres pays : elle ne comprend sans doute pas plus de 100.000 individus

4. Voir Tableaux annexes G, 4 el 5; en France, 10 p. 100 du sol est cultivé par métayage.

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