‹ La question sociale et les principes théologiquesChapitre 7 sur 27 · II '^ l'iusrfi'is I II ummmjIui I s · texte numérisé non relu

II '^ l'iusrfi'is I II ummmjIui I s

(juemcnl, Texprcssion « charité » manque ici sans (loulc d'exacliludo: il faut bien cependant la recevoir^puisquorusagecourant et les documents ponlilicaux eux-niernes Tont consacrée. Va\ opposant les « devoirs de charité » aux (( devoirs de justice », on n'entend donc pas

' exclure des rap])orts mutuels des hommes dans la société civile* \o. jeu bienfaisant de la

. charité surnaturelle ; mais on n'a pas à Tcnvisager directement. Tout d'abord, — répétons-le, — la charité surnaturelle peut faire défaut en certaines âmes. Ensuite, la fin de l'Etat étant d'ordre naturel, le législateur humain ne doit directement se préoccuper, en toute hypothèse, que des actes soumis à son autorité, abstraction faite de leur caractère surnaturel ^, en vue de les coordonner vers rintérêt général : « Il ne faut pas oublier, dit saint Thomas, que la fin de la loi humaine est autre que celle de la loi divine. La loi

! humaine a pour but la tranquillité temporelle

' de l'Etat. Elle atteint cette fin en réprimant les actes extérieurs qui peuvent troubler le repos et la paix des citoyens ^. »

§ 2. — La distinction des devoirs de justice et des devoirs

de charité.

Dans la vie sociale, justice et charité s'uni-

^ La loi divine elle-même, hormis le précepte direct de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain pour Dieu, ne prescrit pas, dans l'exercice de la vertu, ce « mode » de la charité. Somme, théoL, P 11"% q. c, a. 10.

* Td., ibid., q. xcviii, a. 1.

ront donc pour régler les rapports mutuels des hommes. Au nom de la justice, l'homme rendra à ses semblables ce qui leur est dû ; au nom de la charité, il leur accordera le secours indispensable à leur existence ou utile à leur bien-être, mais quils nont pas le droit d' exiger de lui. Ainsi, dans la société, s'établit la distinction fondamentale des rapports de justice et des rapports de charité, distinction préconisée par les souverains pontifes Léon XIII et Pie X dans leurs enseignements relatifs à la question sociale : Pour apaiser tout conflit entre le riche et le prolétaire, il est nécessaire de distinguer la Justice de la Charité. // ny a droit à revendication que lorsque la justice est lésée (Encycl. Rerum noi^arum) ^. Cette distinction est justifiée, car les rapports de charité et les rapports de justice ne se compénètrent pas ni ne se commandent. — Ils ne se connpénètrent pas : leurs domaines respectifs sont exactement délimités. Les premiers, — dont l'objet est, en définitive,! d'empêcher qu'un homme ne nuise à son pro-l chain — sont spécifiés par un droit correspondant chez autrui. De notre part, ils impliquent l'acquittement d'une dette stricte. Les seconds — dont l'effet est d'accorder, à titre de bienfaits gratuits, les secours nécessaires ou utiles au prochain — ne sont déterminés par aucun droit véritable correspon-

^ Pie X, Motu proprio du 1 8 décembre i 903, {bl.^). Actes de S. S. Pie X, édit. deg' Questions Actuelles, t. I, p. 109.

ET LKR PniNCIPF-S TU flOLOGIQIJF.H î>

dant : ils s'excrccnl, selon la rcniarcjucî de saint Thonins, « la où Ton ne doit rien en jusiicr ». Ils ne se coinrnaïKlcnt pas. Si la (harilé snrnaturelle est lîi forme des autres vertus, c'est (|u'à elle seule appartient de rapporter à la lin dernière surnaturelle les actes de toutes ces vertus. Mais la dilection naturelle, l'amour naturel, l'amitié, en un Tuot, la « charité » entendue au sens large, se référant, en soi, à une fin purement naturelle, reposent sur une communication d'ordre naturel, et peuvent être considérés comme les difTérents aspects d'une vertu morale, parallèle à la justice^. Il est donc impossible que cette autre vertu tienne sous sa dépendance les actes de la vertu de justice. Elle pourra apporter à l'exercice de la vertu de justice un précieux concours en y ajoutant l'empressement, le dévouement, l'abnégation, le désintéressement qui procèdent de l'amour d'autrui. Mais elle ne leur imprimera jamais le caractère de vertu parfaite, c'est-à-dire surnaturelle, que, seule, peut conférer la vertu théologale de charité.

La distinction des devoirs de justice et des devoirs de charité est donc une distinction adéquate ^. J'ajoute que c'est une distinction

^ L'expression est de saint Thomas : « On peut dire que (l'amitié) est une vertu morale qui a pour objet les actions se rapportant k autrui, mais sous un autre rapport que la justice ». Somme théol.y IP II", q. xxiii, a. 3.

* On appelle distinction adéquate la distinction qui existe entre deux choses dont Tune n'inclut pas l'autre ; l'âme de

complète^ en ce qui concerne nos relations avec autrui. Et par là, il faut comprendre qu'entre j i la charité et la justice, il n^y^a pas place pour' I une troisième vertu s'attachant, elle aussi, ; ' à^jégler nos rapports avec nos concitoyens. 1 La disjonction déjà formulée ne jconiporte ^pas, en efîet, la possibilité d'une troisième Rypôthèsê. Ou ces rapports sont commandés par un droit correspondant, ou ils ne le sont pas. Dans le premier cas, ils relèvent de la justice ; dans le second, ils procèdent de la dilection naturelle, c'est-à-dire de la charité. Encore une fois, le texte de saint Thomas résume parfaitement la situation : « Les préceptes de la justice ne suffisent pas à conserver la paix et la concorde parmi les hommes ; il faut de plus faire régner l'amour... Il a fallu, pour promouvoir entre les hommes l'aide réciproque, leur imposer, en outre des devoirs de justice, le précepte de la dilection mutuelle, en vertu de laquelle l'un doit porter secours à l'autre, même dans les choses où il ta âcci(ff^t^'^^^ Joi7 rien en justice)). Le domaine propre tu^^'t€ tf/ jr^ charité commence là où finit celui de la .c/{.«É^/#/ justice : il n y a pas solution de continuité, j

§ 3. — Solution d'une difficulté de la terminologie

thomiste.

La charité, entendue au sens large du mot, peut, avons-nous dit, être considérée comme

l'homme se distinguo adéquatement du corps. La distinction inadéquate existe entre le tout et sa partie : la nature humaine se distingue inadéquatement de l'âme ou du corps de l'homme.

ET LFS PIlINCIPEfi Tfl^IOl.OCilQtrKS 11

iiik: vfi'Ui mol air, ji,i i iill'ji* ,i ht ju^iiit . (.cMc considénilioii nnuvc^llc» (IcinuiuUi a la fois (les précisions ci des oxplicalions, si nous ne voulons pas rolomljcr dans une série d't'(|uivoques et de confusions.

Il n'y a, allirnie la théolofijie, qu'une vertu j nioral(^ réfj^lanU nos rapports avec autrui : . e'esl la justice ^ Et comment le langage de la théologie ne scrail-il pas le nôtre, puis- ((u'au point de vue où nous nous plaçons pour étudier les rapports sociaux, nous n'avons pas à envisager, directement du moins, l'existence d'une vertu surnaturelle de charité ? L'opposition qu'on prétendait établir entre <( devoirs de charité » et « devoirs de justice )) n'est donc peut-être pas aussi absolue qu'on voudrait le dire. Les manifestations de l'amour que nous devons, même dans l'ordre naturel, nourrir à l'égard de nos semblables, se rattacheraient-elles donc par quelque côté à l'exercice de la justice ? Et si, dans l'ordre surnaturel, la charité commande à la justice comme aux autres vertus, dans l'ordre naturel, la justice ne serait-elle pas la vertu principale k laquelle se rapporte le précepte de l'amour du prochain aussi bien que les obligations impliquant, à l'égard d'autrui, une dette stricte ?

Les textes de la Somme ihéologique semblent légitimer cette interprétation. Le Docteur Angélique remarque que saint Augustin {De

^ Som.théol., IlalIaeq.Lviii, a. 1; a. 2; ci. PII", q.LX,a.3.

Trinitate^ 1. XIV, c. 9) attribue à la justice le soulagement des malheureux ; que Cicéron {De Ofpciis, 1. I) rattache à la justice la bienfaisance, la libéralité, la bienveillance. Et, loin de rectifier l'assertion de l'évêque d'Hippone et du philosophe romain, il se contente de répondre que « la justice étant une vertu cardinale, il y a d'autres vertus secondaires qui lui sont adjointes, comme la miséricorde, la libéralité, etc.. Ainsi, l'acte de secourir les malheureux qui appartient à la miséricorde ou à la piété ; celui de faire du bien avec générosité, qui se rapporte à la libéralité, se ramènent à la justice, comme à la i^ertu principale ^ ».

Mais, s'il en est ainsi, n'introduit-on pas, dans l'organisation même de la société, une véritable confusion entre devoirs de justice et devoirs de charité ? Et quand les Papes nous recommandent, en vue d'apaiser les conflits entre le riche et le prolétaire, de distinguer la justice et la charité, n'oublient-ils pas la notion théologique de la vertu de justice, réglant tous les rapports des hommes dans la société ?

Le tout est de s'entendre. Ici encore, ce n'est qu'une question de terminologie et de classification. Saint Thomas s'en explique lui-même, à la question lxxx de Secunda Secundae, question consacrée aux parties potentielles de la justice. Son explication est

1 Id., II^ Ipe, q. LViTî, a. 11, ad 1.

i:r LES i'HiNi:iiM:s iiieolo(;i(^ues l«j

trop lumineuse pour <|u'on y veuilles substituer un prile lésunie : (( Il faut observer, dit-il, que dans les vertus secondaires qui sont unies à la vertu principale, il y a deux choses à considérer : 1^^ que ces vertus ont (piel(|ue chose (le conunun avec cette vertu principale ; !^^ qu'elles inan(|uent sous quelque rapport de ce qui rendrait leur nature parfaitement semblable à celle de la vertu principale. Ainsi, la justice se rapportant à autrui..., toutes les \'ertus qui ont le prochain pour objet peu^^ent lui être annexées^ en raison de ce qu'elles ont de commun avec elle. Mais la nature de la justice consiste à rendre à autrui ce qui lui est dû selon l'é<^alité. Par conséquent, les vertus qui se rapportent à autrui s'écartent de la nature de la justice de deux manières : soit parce qu'elles n'ont pas pour objet régw lité, soit parce qu'elles ne portent pas sur ce qui est strictement dû. En effet, il y a des vertus qui rendent à un autre ce qui lui est dû, mais qui ne peuvent s'acquitter envers lui sur le pied d'égalité. (C'est ce qui arrive à l'égard de Dieu, des parents, de la vertu elle-même qui n'est jamais récompensée comme elle le mérite ; de là, trois vertus annexées à la justice : religion, piété, respect.) Quant à ce qui est du, l'imperfection peut se considérer, selon qu'il y a deux sortes de dettes, l'une, morale, l'autre, légale... La dette légale est celle qu'on est obligé d'acquitter de par la loi : la justice, vertu principale, a pour objet propre cette

espèce de dette. La dette morale est celle qu'on doit d'après l'honnêteté de la vertu. Comme toute dette implique nécessité, il s'ensuit que la dette morale a deux degrés. Il y a des choses tellement nécessaires qu'il n'est pas possible sans elles d'avoir une conduite sans tache ; celles-là se rapprochent davantage de la nature de ce qui est dû. On peut considérer cette dette par rapport au débiteur lui-même, et, dans ce sens, elle exige que l'homme se montre aux autres tel qu'il est dans ses paroles et dans ses actions : pour ce motif l'on adjoint à la justice la vérité, par laquelle on dit les choses telles qu'elles sont, qu'elles ont été ou qu'elles seront. On peut aussi la considérer par rapport à celui à qui il est dû, en ce sens qu'on récompense quelqu'un d'après ce qu'il a fait : pour le bien qu'on en a reçu, on ajoute à la justice la reconnaissance qui renferme le souvenir des services et des bienfaits qu'un autre nous a rendus et le désir de nous acquitter envers lui ; pour le mal, on joint à cette même vertu la {^'engeance, qui nous porte à punir ou à repousser la violence, l'injustice et tout ce qui peut nous nuire. — L'autre dette .morale est dite nécessaire en ce sens qu'elle est utile pour ajouter à l'éclat de la vertu, quoique la vertu puisse exister sans elle. C'est à cette dette que se rapportent la libéralité, Vaffahilité ou Vamitié, et les autres vertus dont Cicéron ne parle pas, parce

ET LES PRINCIPES TU ÉOLOG IQVF» 15

<l\i elles s'écartent beaucoup de ce qui est du * ». Sous sa rude écorce scolasli({uc, ce texlo nous découvre une mise au point parfaite de la question. Le rôle prépondérant et exclusif (|ue la terminolu{:rie traditionnelle send)le attribuer à la justice dans Tortranisation des rapports sociaux ne confère pas à cette vertu considérée comme vertu particulière, un caractère général et impératif par rapport aux autres vertus qu'on y rattache. La connexion établie entre ces vertus et la justice repose siuq^lement sur des analogies, de moins en moins marquées, à mesure que l'on s'éloigne de la marque caractéristique du juste ^ c'est-à-dire de ce qui est dû à autrui et qu'autrui a le droit d'exiger de nous. Encore que nous ne puissions payer complètement notre dette par des actes de religion, de piété, de respect, ces trois vertus cependant relèvent formellement de la justice, car elle répondent à un droit correspondant de Dieu, de nos parents, de nos supérieurs. Parmi les vertus dont l'objet est l'acquittement d'une dette morale, il faut distinguer « celles qui se rapprochent davantage de ce qui est dû » de toutes les autres « qui s'en écartent beaucoup ». En soi, les premières ne relèvent pas

^ « La justice proprement dite est une vertu spéciale qui a pour objet toute dette stricte qu'on peut solder par une chose équivalente ; mais on emploie souvent ce mot dans un sens plus large et on désigne par là l'acquittement d'une dette quelconque) alors elle n'est plus une vertu spéciale.» Som. théoL, I* IP% q. LX, a. 3, ad 1.

de la justice stricte ; leur exercice peut cependant parfois être conditionné par un acte de justice stricte : un témoignage en justice appelle la vérité ; la piété entraîne la reconnaissance ; la vengeance ne ce conçoit réalisable en fait qu'en matière de justice commutative ou légale ; à leur sujet, il convient donc d'examiner chaque cas particulier. Les secondes gardent toujours leur caractère propre. L'amour mutuel, sous toutes ses formes, sans doute est rattaché à la justice, parce que, comme elle, il règle nos rapports avec autrui. Et ce rapprochement repose sur un fondement réel : dans tout rapport avec le prochain, il convient d'observer une certaine égalité, soit avec le droit du prochain (rapport de justice), soit avec ses besoins ou le bien que la vertu nous oblige à! lui procurer (rapport de charité) ^. Ainsi, comme les devoirs de justice, les devoirs de charité impliquent l'acquittement d'une certaine dette. Mais l'amour du prochain reste spé- ,; cifiquement distinct de la justice : les devoirs de charité répondent à une dette simplement amicale ou morale ; les devoirs de justice supposent une dette plus stricte, dette que la loi civile peut nous obliger à payer la à^ttej^égale, ' Saint Thomas d'Aquin insiste à mainter reprises sur l'opposition de ces deux sortes de dettes ^. Cette insistance montre qu'il

1 Cf. iD., IP IP% q. LVii, a. 1.

2 lD.,i6i(i.,q.xxxi, a. 3, ad 3 ; q.Lviii, a. 1, ad 3; q. lxxx; q. eu, a. 2, ad 2 ; q. cviii, a. 2, ad 1.

ivr i,r:s piuncipks tiiéologiouks 17

est impossibles (rallirnier une réelle (h'^pen- (lance des devoirs de eliarité par rapport à la justice. A Ja^ dette légale correspond chez autrui un Véritable droit ITo créancier. Ne pas payer cette dëlte, c^est olïenser, non seulement Dieu, mais encore le prochain dont le droit se trouve violé ^ A la dette morale ou amicale ne correspond aucun droit strict. Cette (( dette », certes, suppose en autrui une cause, mais une cause ne constituant pas un droit exigitif du devoir correspondant. C'est à la vertu elle-même, au sentiment d'honnêteté que notre conscience éprouve en face du bien, pour le reconnaître et le récompenser, en face du mal, pour le poursuivre et le punir, que se rapporte la dette morale ou amicale. Bien plus, dans les nnanifestations de simple bien^ eillance ou de pure amitié, les rapports sociaux semblent dépouiller totalement le caractère de dette même amicale ; il serait plus exact de dire que les témoignages de ce genre, rendus au prochain, le sont à titre de bienfaits purement gratuits ^. La « charité » englobe tous ces devoirs qui, avec des nuances diverses d'obligation, s'imposent à notre conscience et dont l'omission constitue une réelle violation, non du droit du prochain, mais de la loi divine ou de la loi naturelle.

^ Cf. iD., ibid., q. lvh, a. 1.

^ Cf . iD., ibid., q. xxiii, a. 3, ad 1.

La terminologie de l'Ecole n'implique donc pas une subordination des devoirs de charité à la vertu de justice. Les remarques qu'on vient de lire le démontrent suffisamment. Il était nécessaire de formuler ces observations préliminaires, malgré leur caractère abstrait et leur nature plus théologic{ue que juridique : l'exposé des principes qui aident à solutionner les graves difficultés de la question sociale, c'est-à-dire d'une question morale au premier chef, ne peut pas ne pas être emprunté à la théologie catholique.

Et c'est encore paf une remarque d'ordre théologique que se conclura ce premier chapitre. Si l'on parle des i>ertus de justice et de charité dans une question où l'on n'envisage les rapports sociaux qu'en vue de la fin naturelle de l'Etat, c'est encore par une espèce d'abus dans la terminologie. Au sens théologique, il n'y a pas, en effet, de véritable vertu sans la charité surnaturelle^ car « la vraie vertu est absolument celle qui se rapporte au bien véritable, fin dernière de Fhomime ^ )), Elle nous dispose à agir en vue de ce bien surnaturel ; aussi l'Ecole la définit-elle d'une façon aussi exacte qu'expressive : dispositio perfecti ad optimum. Or, ni l'amour naturel du prochain, ni la justice naturelle ne comportent, en soi, cette disposition du parfait

^ Cf. id., ibid.f q. xxiii, a. 7.

Li ll:^ l'HiiNCipns I Frr'oi.oGiQur.s 19

au meilleur. Justice naturelle, amour naturel rrautrui ne sont que des habitudes morales. La justice ne devient une ^criu morale que lorsqu'elle est informée par la charité surnaturelle, vertu théologale ^ Mais, dans cette hypothèse — laquelle se trouve vérifiée en tout homme possédant l'état de grâce — les actes de bienfaisance à Tégard du prochain sont, eux aussi, surnaturels et commandés par la vertu même de charité. C'est l'ordre le plus parfait que l'on puisse imaginer ici-bas. A défaut de l'Etat qui ne peut en envisager directement la réalisation, les citoyens, sanctifiés et soutenus par la grâce divine, doivent y tendre de toutes leurs forces, dans toute leur vie, individuelle et sociale.

1 Cf. lU, !• II", q. Lxv, a. 2.

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