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LES CAUSES DU MAL SOCIAL

Parmi les causes de ce mal social à l'heure actuelle, se trouve d'abord, dit Léon XIIL l'afluence des richesses entre les mains d'un petit nombre,

Le droit de propriété est sans doute inattaqualle et l'Eglise l'appuie énergiquement, pourvu qu'il s'agisse de ri ches es légitimement acquises et possédées sans péril pour l'intérêt publie. Mais quand leur accumulation. produit de l'accaparement, du monopole, de l'agiotage, dépasse tout: mesure raisonnable: quand elle stérilise au profit d'un seul le sol, le commerce, l'industrie, on ne peut en admettre la iégitimité,

Un marchand peut faire de grands achats de blé: il peut en remplir ses greniers: mais il v a une limite où il ces d'être marchand pour devenir accapareur et où il ere un monopole périlleux pour le bien publie. C'est alors le droit c'est le devoir de la société de s'opposer à son entreprise, On ne la pas toujours fait. Aussi des fortunes colossales, telles que les rois les plus prissants n'en possédaient pas de pareil les, se sont concentrées en quelques mains. Il en est réculté l'appauvrissement des masses et par suite leur mécontentement.

Une autre cause de l'altération des rapports entre ouvriers et patrons se trouve dans les exigences de l'industrie.

Autrefois chaque maître dirigeait un petit nombre d'ou vriers: il les connaissait, il S'intéressait à leur sort et à leurs familles: 11 les aimait. Dans l'industrie actuelle. les ouvrier se comptent par milliers; les ouvriers ne voient pas leurs maf-

tres: ils ne le connaissent pas: ils ne l'aiment pas.

ont compris que c'était leur intérêt de s'unir pour revendiquer leurs droits et les faire respecter. On ne pouvait les empêcher d'agir ainsi; le faire eût été attenter à un droit et attiser inutilement des animosités, des haines, qu'il est plus sage d’apaiser.

Puis ces ouvriers ont pris conscience d'eux-mêmes: ils

Malheureusement on parle trop souvent aux ouvriers de leurs droits et on ne leur parle pas assez souvent de leurs devoirs: on les entretient trop souvent des bienfaits de la Dberté, de la puissance du nombre ct pas assez des droits de l'autorité et du respect qui lui est dû.

Les faux amis de l'ouvrier généralisent à dessein les asus qui se font de la richesse: ils lui représentent tous ceux qui possdent comme des égoistes sans entrailles. engraissés dés sucurs et du sang des pauvres gens, comme les iniques détenteurs d'un bien qui devrait être entre les mains de tous et promettent de faire cesser cet abominable scandale. d'armer également ceux qui travaillent contre l'oppression du capital et de les faire entrer dans la part qui leur revient dé la richesse publique.

Que de paroles malhonnêtes en vont frapper les oreilles du peuple! tromper son esprit, et enfiévrer son âme, en lt promettant un bonheur chimérique! TT est facile en effet d'électriser les masses par l'appât de la richesse, par l'exploitation criminelle des plus basses convoitises et de plaire à la foule haletante et souffrante. A nous de posséder, de commander et de jouir! A nous la terre, à nous l'argent. a nous le pouvoir!

Avec ce langage enflammé. on a l'air d'éclairer le peuple et de le consoler, mais au fond on le trompe et on lexploite, Cette manière de parler est malhonnète et elle prépare à 11 foule abusée des déceptions pires que les maux qu’on prétend lui enlever, Sous prétexte de soulager l’ouvrier, on le tronpe. on l’aigrit, an le surexcite, on le démoralise.

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