LES SERBES DE SERBIE II
xixe siècle, et encore les notions qu'il reçut plus tard, jusqu'il y a quelques années, étaient-elles bien sommaires, entachées d'innombrables inexactitudes. C'est pourquoi, lorsqu 'éclata en 191 3 la querelle entre la Bulgarie et la Serbie au sujet de la Macédoine, l'opinion européenne et les Cabinets des grandes puissances furent complètement déconcertés. Grâce à la supériorité de sa propagande, montée à l'allemande, la Bulgarie put longtemps faire croire à la légitimité de ses revendications sur des pays où elle n'avait certainement pas plus de droits que la Serbie, et dont les populations, bouleversées par les invasions, étaient prêtes à se rallier à l'un ou l'autre des deux États rivaux pourvu qu'elles pussent enfin jouir des libertés élémentaires. Accablée en 191 3, la Bulgarie a pris sa revanche en 191 5. Elle tient aujourd'hui et prétend conserver les territoires macédoniens litigieux avec quelques autres qui sont purement serbes. En ce qui concerne ces derniers, ni la Serbie, ni ses alliées ne peuvent transiger.
Sans Nich et sans la vallée de la Morava, la Serbie ne peut vivre indépendante ni politiquement, ni économiquement. Les autres Yougoslaves le reconnaissent. A la conférence de la paix, ils feront bloc avec elle sur ce point. Quant à la Nouvelle-Serbie, celle du traité de Bucarest, les avis semblent partagés chez les Yougoslaves. Sans doute tous désirent la restitution intégrale au roi Pierre de ses conquêtes de 1912-1913.
Néanmoins, certains se demandent si, dans le cas où l'union yougoslave pourrait s'effectuer, il ne conviendrait pas de lui sacrifier une partie de la Macédoine, afin de faciliter un règlement général et la réconciliation avec la Bulgarie. Les Slovènes et les Croates, qui sont tournés vers l'Adriatique, s'intéressent accessoirement à la partie des Balkans orientée vers la mer Egée. Certains appréhendent même que les préoccupations balkaniques n'absorbent trop les Serbes au préjudice des intérêts communs du nouvel État qu'ils désirent fonder. Mais les Serbes, que de cruelles épreuves viennent d'ins-