‹ La queue d'orChapitre 14 sur 17 · FELIX RAMPAL · texte numérisé non relu

FELIX RAMPAL

AUGUSTE GROLLIER A FE'lIX RAMPAL

Tuam epistolampergratam mihi fuisse fateor» Cette première phrase a pour but de te rendre le latin que tu m'as mis à la fin de ta lettre; après quoi, je vais parler un langage humain. Décidément , les pères valent mieux que leur réputation : de même que je n'ai pas voulu être en reste de latin avec toi, je ne serai pas non plus en reste de père bon et indulgent. Mon père répond au tien ; il refuse tout net la proposition

qui lui est faite pour moi d'aller passer huit jours chez toi.

Je te vois d'ici t'écrier : « Ah ! c'est ça que lu appelles un père bon et indulgent? »

Ne m'interromps pas, et laisse-moi continuer.

Il refuse tout net de me laisser aller passer huit jours chez toi, si tu ne viens pas me chercher ici, et si tu ne t'y reposes pas pendant une semaine des fatigues que t'occasionneront les douze lieues qui nous séparent.

Je pense qu'il faudra nous soumettre à cette décision arbitraire ; je ne pense pas que le tyran qui Ta rendue se laisse fléchir et consente à la modifier ; il faut savoir se résigner à la fatalité et obéir à l'aveugle destin.

Plaisanterie à part, nous n'avons pas, pour le moment, à nous plaindre de notre sort. Si, chez loi, nous aurons à souhait tous les plaisirs de la campagne, mon père se propose de nous mener au spectacle, au Cirque, à l'Hippodrome, etc. Chacun de nos huit jours sera marqué par un

plaisir, le programme en est déjà fait, et, si je ne te le communique pas, c'est que je veux te laisser le plaisir de la surprise. C'est donc moi qui aurai le premier à exercer les devoirs de l'hospitalité; je vais relire les détails de celle que reçurent et Ulysse chez Alcinoùs, et Énée chez Évandre, afin de ne manquer à rien de ce qui est dû à l'illustre étranger placé sous la protection de mes pénates, Totus tibi,

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