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joie pour M. Jouidaii qui, vous le savez déjà, est un fervent disciple de Pythagore, des Druides et de M. Jean Reynaud.
En vérité, l'àme de la terre n'est pas heureuse dans le neul et l'inédit de ses relations : matérialité de Dieu, négation de l'enfer, métempsycose, nous connaissions tout cela longtemps avant M. Louis Michel de Figaniéres (Xar.)
Du je me trompe fort, ou l'àme susdite est ahonnée au Siècle. C'est dans le Siéclf qu'elle a dû puiser le fulgurant de ses révélations.
D'ailleurs, soyons juste, ce n'est pas une m» chante à me.
Elle aime à lire, et, pour nous amuser, elle nous conte des histoires à ressusciter d'allégresse feu M. (lulland, cet infatigable secrétaire de Dinarzade. Les Mille et une nuits font incursion dans le domaine philosophique.
Lorsque j'entends M. Jourdan reproduire ces belles choses, il me semble voir une conteuse
vieillotte, assise au coin du feu, et devisant des choses de l'autre monde en tournant son fuseau.
Prêtez l'oreille li ce récit, car l'éminent journaliste nous le donne tout au long, pour nous démontrer la fulgurante portée du livre qu'il analyse.
Il y avait une fois un astre, c^ immense de force et de volume, » qui vivait précisément à la place occupée depuis par notre globe dans le système cosmique. C'était une planète encore meilleure que grosse. Elle menait la vie de la plus vertueuse et de la plus honnête personne du monde. Aussi son existence était tissée d'or et de soie : « printemps éternel, moissons abondantes, fruits savoureux, richesses, union des peuples^ etc., etc. »
Bref, c'était un paradis d'innocence et de délices.
Or, douze lunes éclairaient les nuits de l'astre paradisiaque. Leur lumière était variée à la
taçoii des iaiilernes chinoises. Mais cinq de ces satellites avaient des mœurs plus que légères. Ils s'en allaient étourdiment à travers l'espace, courant la prétentaine, contant tleuretle aux étoiles sentimentales, heurtant celle-ci, caressant celle-là, et s'acquittant fort mal de leur rôle de fanaux nocturnes. Ils menaient, au dire de l'àme de la terre et de M. Jourdan, la conduite de francs mauvais sujets.
Témoin de ce désordre, l'àme de la planète vertueuse se dévoue.
Héroïque comme Décius, elle se piécipitc dans l'espace, abandonnant le globe qu'elle animait tout à l'heure encore, et entreprend de réunir les cinq satellites criminels en une seule planète. Quatre d'entre eux, moins avancés peut-être dans la voie de la perdition, se convertissent et forment un seul corps, qui depuis s'est appelé la Terre.
Quant au cinquième, il resta sourd à tous
les sermons et refusa obstinément de rentrer dans le droit chemin.
Aussi continue-t-il à vagabonder à part comme un réprouvé. Ses mœurs ne s'améliorent pas : toujours même caprice dans ses courses et ses pérégrinations. Tantôt il nous laisse plongés au milieu des ténèbres de la nuit, tantôt il nous montre deux cornes dans l'intention manifeste de nous narguer, et, si parfois il daigne paraître dans son plein, c'est pour décroître encore et s'éclipser de^nouveau.
On a déjà deviné que cet astre fantasque et criminel, c'est la lune.'
La terre porte sur ses flancs les traces du mauvais vouloir de ce méchant satellite. Voyez ces mers, ces océans immenses, abîmes béants, (fuc la lune a refusé de combler.
Mais, ô profonde sagesse de la matière! voilà que d'innombrables armées d'insectes travaillent sans relâche à remplir ïc vide, élèvent du fond des mers des bancs de coraux.
des îles, des archipels, et ne tarderont pas à réparer le mal produit par les crimes de la lune.
Celle-ci, qui les voit faire, a en sèche de dépit sous son masque blafard, » dit M. Jourdan.
N'est-ce i)as là un conte ravissant de niaiserie? CendriUon et le Pclii-Poucet ont en comparaison toute la gravité d'une page de Tacite.
« Quand ce ne serait que pour cet épisode de notre histoire primitive, dit fort sérieusement le journaliste du Siècle, dans son style béat, je uÉismAis encore les auteurs de ce livre d'avoir publié les révélations (jue l'àmc, cette bonne àme de la terre, leur a faites. »
Si cette «énédiction n'était pas aussi burles- (jue et aussi désopilante, ce serait à expédier à Bicètre celui qui la donne.
Décidément il n'y a que les libres-penseurs pour avoir cette foi robuste, cette crédulité scandaleuse. Ils nient les faits les plus authen-
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tiques, ils nient l'histoire, ils haussent les épaules au seul mot de révélation ; mais qu'un illuminé leur apporte le fatras incohérent de ses hallucinations, sous prétexte qu'elles lui ont été révélées par l'àme de la terre, les voilà tous à crier au prodige, au miracle, au livre