LA QUELE
Luther. Deux pays s'élèvent au-dessus de (ou? les pays par la seience , par la philosophie, et surtout par le heau idéal : la Grèce et l'Alleinagne. En dehors de ces deux faits, de ces deux hommes, de ces deux pays, il n'y a rien ou pres([uc rien. » (i)
UUniÈME ÉTUDIANT ALLE.MANl».
C'est tort bien dit. Pour moi, je renonce au christianisme. Marchant sur les traces glorieuses de mon illustre maître, le docteur Daumer, j'opte pour Mahomet. La ravissante Bettina d'Arnim (-), cette platonique amante (lu divin Goethe, ne nous a-t-ellc pas ouvert la voie dans ses entretiens avec les démons? • — Allah Kcrim! Dieu est Dieu, et Mahomet est son prophète.
(1) Gcrviiius, Manuel de l'histoire de la littérulure poétique del' Allemagne. (Leipsick 1849.) (-) Bettina, poème de Daumer. (Nmembert; 1837.)
îN ASSISTANT.
Juste ciel ! que la science est donc une belle chose !
UiN AUTRE ASSISTANT.
Qu'on me ramène au catéchisme !
{Murmures.)
M. JOURDAN, transporté d'entlwusiasme.
0 glorieuse Allemagne ! ô terre des librespenseurs, ô patrie de Luther et de Jean Huss, quel beau spectacle tu donnes au monde ! Rien ne t'arrête dans la course désordonnée de ton esprit investigateur. Tu scrutes tous les mystères, ou plutôt il n'y en a point pour toi. J'admire tes savants, tes philosophes, tes docteurs, tous ces titans de l'analyse et de la critique. Ils entassent des Pelions de dissertations sur des Ossas d'in-folios, et nous les voyons escalader audacieusement le ciel. Ton
Kant doute de Dieu, ton Fichte le crée, ton Strauss en fait un mythe et ton Feuerbach le nie. Chaque question enfante mille opinions contradictoires. Anarchie! vont dire les ultramontains et les obscurantistes. Doubles aveugles, qui ne voient pas que cette anarchie même est la liberté de penser !