‹ La queue de VoltaireChapitre 5 sur 37 · H 6 LA QUEUE · texte numérisé non relu

H 6 LA QUEUE

— escroc, — scélérat, — ribaud et pédéraste. »

M. de Voltaire n'argumentait pas autrement.

Il bavait l'injure en guise de syllogisme, et beaucoup de ses disciples adoptent encore aujourd'hui ce système commode.

Sa nièce, qui cherchait à l'entretenir en belle humeur ('), voyant que les articles de critique le jetaient dans un état voisin de l'épilepsie, jugea convenable de surveiller chaque jour l'arrivée du courrier, pour soustraire autant que possible aux regards de son oncle les journaux ou les correspondances qui pouvaient lui allumer la bile.

Cette précaution n'empêcha pas Voltaire de recevoir, un matin, certain pa(juet, soigneusement affranchi, et portant le timbre de la Franche-Comté.

(') Madame Denis, trôs-jiliilosojilic cUe-mèinc, — je veux (lire airraucliie de toiUc espèce de morale gêiianle, — remidaçaif la marquise du Cliaslclet sous une inûnité de rapports.

Brisant l'enveloppe, au moment de se mettre à table, il en tira un manuscrit admirablement calligraphié, dont le titre et les premières lignes amenèrent sur son visage une teinte livide.

— Qu'est-ce? demanda madame Denis.

Arrivée trop tard, au son de la cloche du déjeûner, elle n'avait pu intercepter le message.

L'oncle, suffoqué, ne répondit pas. Ce qu'il venait de voir lui coupait entièrement l'appétit. Quittant la table, il monta dans son cabinet, pDussa le verrou, et lut un morceau poétique, dont le lecteur nous permettra de lui citer quelques passages.

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