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liideuse el'figie condamnée, dans le vestibule de la Comédie-Française, à exciter par son éternelle grimace l'hilarité des laquais, groupés autour du poêle? »
M. de Bragelonne a raison.
Pas d'autre statue à Voltaire que celle dont parle le comte de Maistre ! — A moins qu'on ne choisisse, au lieu du bourreau, pour ériger ce marbre, les incrédules modernes et leurs lecteurs, je veux dire les bourgeois niais et corrompus qui applaudissent encore aux gredineries encyclopédiques.
Ce sera moins cruel, et tout aussi peu honorable.
Je ne terminerai pas ce chapitre, sans adresser le témoignage de mon admiration à un courageux magistrat, M. Rabou, procureur général de la cour de Caen, qui, dans un de ses derniers discours de rentrée, a vaillamment porté la hache nu piédestal du vieux loup de l'Vrnev.
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M. Rabou, frère de l'écrivain de ce nom, a pris pour thème le Retour aux idées et aucc pratiques religieuses.
Après avoir conslalc l'indifterence en matière de religion , fléau qui a désolé le dix-huitième siècle et la première moitié du dixneuvième, il montre combien est digne de l'exécration des peuples l'écrivain licencieux, blasphémateur, sans conscience et sans vergogne, qui a commis au premier chef le crime de lèse-nationalité française, en jetant à la grande figure de Jeanne d'Arc les ordures de sa pensée et les rimes de sa muse impudique.
Quatre-viiigt-ciiiq ans d'histoire à ne plus reconrxnaencer.
Voltaire est mort le 30 mai 1778.
Il laissa derrière lui pour achever sa tâche infernale Diderot, Marmontel, d'Alemhert, Pechméja, Condorcet, le baron d'Holbach, Jean- Jacques Rousseau, Grimm, Raynal, et ce malheureux Laharpe, qui regretta si amèrement plus tard son affiliation avec ces ouvriers d'opprobre.
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Les Encyclopédistes sentaient croître leur audace et redoublaient d'efforts sous le règne du faible Louis XVI.
Une noblesse frappée de vertige s'appliquait à leur faire la courte échelle.
Ces honnêtes publicistes trouvaient des influences pour les appuyer, chaque fois qu'il s'agissait d'esquiver la législation ou de souffleter le pouvoir. Au moyen des troupes de colporteurs qu'ils avaient t\ gages, — tous gens de sac et de corde, ou repris dejustice experts à narguer la maréchaussée, — ils répandaient d'un bout de la France à l'autre, avec leurs propres livres, d'innombrables éditions des volumes les plus infects du patriarche de Ferney.
Ils empoisonnèrent c\ la lettre le pays.
Ces œuvres infâmes se glissaient partout. Le venin fermenta dans les masses populaires, sous le toit des familles les plus humbles ; chaque maison devint un foyer de libertinage, une école de débauche ; l'adultère ne fui plus ((u'nn
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jeu, la séduction de l'innocence devint un triomphe.
Plus de morale, plus de respect des lois, mépris des croyances évangéliques, dissolution et licence effrénées du haut en has de l'échelle humaine, tel est le tahleau que présentait la nation française à la lin du dix-huitième siècle.
Au milieu du chaos des principes détruits, de la religion bafouée, des vertus éteintes, un des rares moraHstes de l'époque s'écriait :
« Supposez une république de Voltairiens, ce sera horrible! »
Et ce fut horrible en effet, car l'hypothèse ne tarda pas à devenir une chose réelle. Le nuage de scandale, grossi de jour en jour par le souffle impur de la philosophie, se déversa tout à coup sur notre malheureuse France en un déluge de boue et de sang. On vit éclore des monstres au fond du nid de l'incrédulité. Les théories voltairiennes eurent la guillo.tino et le ])Ourreau pour conclusion linale.
On massacra d'abord les minisires de l'Evangile.
Ceux qui échappèrent aux piques des septembriseurs, ou à l'échafaud, furent déportés sous un ciel de mort et de pestilence.
Puis, comme emblème des doctrines nouvelles, comme prêtresse de la religion philosophique, une prostituée, — simulacre immonde! — s'installa sous les voûtes du temple chrétien, à la place même du tabernacle.
La Providence, qui lâchait le fléau sur un peuple corrompu, voulait que la punition fût visible, que l'enseignement fût complet, que l'exemple cflVayàt les générations à venir et leur démontrât que les mêmes roules conduisent aux mêmes abîmes.
Aussi ne peut-on se défendre d'un profond sentiment de dégoût et de pitié, lorsqu'on voit aujourd'hui, moins d'un siècle après la catastrophe, des sophistes impudents présenter la Révolution comme le lype infailli])le du propres.
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comme l'unique espérance des sociétés modernes. Ces aveugles volontaires, ces logiciens du mensonge s'obstinent à ne pas voir la main de Dieu , qui ramène le peuple au pied de la croix, après une série indescriptible de tentatives absurdes et d'efforts insensés, après la chute d'une foule d'utopies extravagantes et de systèmes aussi bizarres qu'infâmes.
A-t-on mis en avant assez d'erreurs, assez de contradictions, assez de sottises pour remplacer la doctrine du Christ?
L'Evangile, ce code céleste, réglementation suprême de tous les devoirs de l'homme, gênait M. de Voltaire : il a voulu le déchirer page à page.
Tous ceux qui lui ont succédé dans le désordre social et dans la haine de l'Eglise, gênés comme lui, ne voulant pas plus que lui se soumettre à la loi, ont cherché des enseignements nouveaux, une règle nouvelle, un moyen de concilier la passion avec le devoir, la matière
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avec l'esprit, de lâcher la bride et de la retenir, de faire marcher de front le bien et le mal au même attelage.
Regardez d'abord passer le Fouriérisme, avec sa déification cynique des instincts ignobles!
Un commis-voyageur, échappé de Bicêtre, reprochait au Christ d'avoir pris l'humanité à rebours et d'avoir cherché la sagesse ailleurs que dans la sainte doctrine des passions.
I/élalage du joli culte de Ménilmontant n'est pas non plus si loin de notre époque.
Voyez-vous le grand-prêtre Enfantin, sous le justaucorps écarlate et la tunique blanche, descendre gravement de la colline sacrée, suivi de ses quarante apôtres, vêtus comme lui de rouge et de blanc, comme lui, chaussés de bottes molles et jjéret en tête, le tout groupé en ])halange victorieuse pour marcher à la conquête du monde!
Auriez-vous l'ingratitude inexplicalde de ne )>as tenir eom])te à ses tidéles disciples de
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celle ingéneuse riéparlition des capacités, qui meltail si bien chacun à sa place?
Un savant avocat, qui d'esprit étincelle, Fait bouillir la marmite, hache l'^s épinards; Ce sont deux sous-préfets qui lavent la vaisselle ; Un banquier plume les canards .
C'était Tâge d'or!
Et quand, sous un arrêt motivé d'attentat aux mœurs publiques, les tribunaux eurent dispersé la bande, supprimé l'apostolat, et réduit le grand-prêtre et ses lévites à écumer des millions dans l'industrie, n'avez-vous pas vu les sectes les plus folles se succéder l'une à l'autre?
Oubliez-vous ces curieux Templiers, sortis, au bout de cinq cents ans révolus, du bûcher dressé par Philippe-le-Bel, pour venir étaler, cour des Miracles, un mélange de franc-maçonnerie compliqué de protestantisme?
N'avez-vous pas assisté aux parades sacrilèges
de l'abbé Châtel et de l'abbé Auzou, ces apostats baladins, frappés de rinlerdiclion diocésaine?
Cachant leur opprobre et leurs mœurs dépravées sous le manteau du schisme, ils trouvaient des imbéciles pour partisans , des coquins pour admirateurs.
A la même époque, est-ce que vous n'avez pas rencontré sur votre chemin, dans les rues de la capitale de la civilisation, cette foule de badauds qui allaient remplir les coffres de la Démocratie pacifique, pour mieux applaudir ensuite, de leurs mains vides, la résurrection du phalanstère , prêchée par M. Considérant?
Ne vous souvient-il plus de la jjromiscuité des femmes, de \à papillonne, de latliéorie harnwnienne, des génitrices et du perfectionnement de la célèbre queue terminée par un œil, promis aux générations futures?
0 stupidité de la race humaine!
Voilà OÙ elle tombe, lorsqu'elle repousse le Christ et son Evangile.
Nous n'avons eu qu'un but en écrivant ce livre: rassembler sous un même point de vue les turpitudes morales, nées de la fange voltairienne (*), et les présenter aux générations vivantes pour leur inspirer un salutaire effroi.
Parmi les signes du siècle, en voici un qui nous a paru caractéristique, et que nous offrons aux méditations des familles.
Un jeune homme de seize ans, pensionnaire au collège de Castres, était venu passer chez ses parents les vacances de Pâques. Quelques volumes d'Hegel lui étaient tombés entre les mains, et il avait annoté surtout un chapitre où le philosophe allemand semblait conclure à
(') Beaucoup des idées qui vont suivre nous sont communes avec un jeune collaborateur de talent, M. Lucien Dubois, qui travaillait jadis à notre journal, La Vérité contemporaine, sous le voile de l'anonyme, et avec M. Emile Gaboriau qui, depuis, s'c^t foil un nom dans les lettres.
la négation de rimaiortalilé de l'ànie. Le dimanche, 4 avril, vers deux heures de l'aprèsmidi, profitant d'un moment où il se trouvait seul à la maison, le jeune homme prit le fusil de son père, se déchaussa le pied droit pour mieux saisir la détente, se plaça vis-à-vis d'une l^lace, appuya le canon sur sa tempe et fit feu. La charge traversa la tête, sortit par l'os pariétal droit et entraîna une partie du cerveau.
Aimable génération !
Les pères étaient voltairiens , voyez ce que sont les fils.
Paix ou guerre avec soi-même, voilà l'unique question posée à l'homme ici-bas. C'est l'alternative laissée au libre arbitre de la créature par Celui (\n\ l'a faite à son image; ce sont les deux plateaux de la balance qui trébuchent pour chacun de nous, à droite ou à gauche, suivant que le bien ou le mal l'emporte, que le poids de nos vices ou la somme de nos vertus en l'ail incliner le lléau dans la main de l'Eternel.
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Paix OU guerre, c'est-à-dire choix entre la vérité et le mensonge, entre l'ange et le démon.
Malheur à ceux d'entre nous qui , méconnaissant leur noble origine, et fermant les yeux pour ne point être éclairés du iïambeau de leur conscience, se sont écriés dans une audace impie:
a La guerre! la guerre! Nous sommes les petits-fils de ces Gaulois qui soutenaient le ciel du fer de leur lance. La guerre ! plutôt qu'une insipide paix, qu'une pale et monotone existence, s'écoulant dans l'accomplissement du devoir, sans lutte, sans passions , sans grandes aventures. L'homme est actif et libre; il veut jouir, car son royaume est de ce monde. Du grand peiU-être il ne doit avoir nul souci pour être parfaitement heureux. »
Orgueil, misère et démence !
De toute cette superbe, comme l'a dit le dernier Père de l'Eglise, il ne reste à l'homme
pour fonds que le néant, pour acquisition que le péché.
Face à face avec ses désillusions précoces et ses hontes, il cherche un asile dans la mort.
L'homme s'est dit : « Je suis un dieu et je me suis fait moi-même. » Il cherche sa félicité dans la satisfaction de ses appétits sensuels, et il trouve sa punition dans ses propres dérèglements. Sa nature s'appauvrit et se dégrade dans une recherche continuelle du plaisir, triste et lâche passion , autant qu'elle est cruelle et implacable. 11 n'y a rien de plus éclatant et de plus fascinateur au monde, et tout ensemble il n'y a rien de plus faux et de plus vide.
Celte folie qui nous transporte, qui nous entraîne, qui nous enivre, nous conduit à l'asservissement en faisant chanter à notre oreille le mot de liberté. Jusqu'à la dernière heure, nous végétons, humiliés, déprimés, rabaissés
SOUS ce joug honteux, comme des esclaves vendus.
Le matérialisme, dernier mot de l'école voltairienne, est le cancer qui ronge au cœur le dix-neuvième siècle.
Il n'est pas de bassesse que cette grossière doctrine ne consacre et ne justifie. Elle éteint si complètement toute notion du bien et du mal, du juste et de l'injuste, qu'aujourd'hui le monde se prosterne devant l'or ramassé dans la boue, et qu'il se prosternera demain devant l'or ramassé dans le sang.
Qu'a fait le matérialisme de notre littérature ? une trilogie qu'on pourrait intituler : Le bagne, le lupanar et le charnier.
Qu'a-t-il fait des beaux-arts, cette autre manifestation du génie de la foi? Les œuvres les plus goûtées, celles qui seules ont le don d'émouvoir la foule, sont des compositions pornographiques, moins grossières assurément que celles du musée de Naples, mais plus démoralisantes peut-être.
Et à quel abîme ce matérialisme insensé n'at-il pas conduit les sciences humaines?
Le mathématicien Vronski, charlatan illuminé et incompréhensible , se vante d'avoir trouvé r absolu, la grande formule, la loi suprême, ce que les hommes appellent Dieu enfm, et il le note en langage algébrique !
Nous ne sommes plus à l'époque où Newton se découvrait en prononçant le nom du Seigneur.
La médecine tout entière, sauf quelques rares exceptions, a pris pour mot d'ordre ces paroles absurdes de Broussais expirant: « L'àme, voilà quarante ans que je la cherche à la pointe de mon scalpel, et je ne l'ai jamais rencontrée! i)
La philosophie positive, qui avait fait si peu de bruit du vivant de son inventeur , M. Auguste Comte, reprise et remaniée par des écrivains de style, élevés à l'école de l'hégélianisme, MM. Taine et Renan, revendique l'héritage de
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l'éclectisme suranné. Cette philosophie, qui a déjà forcé les portes de l'Institut et qui veut s'ouvrir celles de l'enseignement, saute d'une immense enjambée par-dessus le spiritualisme el le sensualisme, pour tomber à pieds joints dans la fange croupissante de la matière.
Feuerbach , l'un des docteurs les plus accrédités du système , l'a dit en propres termes :
« L'intelligence, à toutes ses doses, depuis 'ordinaire et simple intellect du commun des 'lommes jusqu'au génie, dépend de la ^ilus ou Tiwins grande quantité de phosphore qui entre dans la composition de la pulpe cérébrale. Les aliments privés de phosphore, comme la plupart des farineux , notamment les pommes de terre, ont pour effet d'abaisser sensiblement le niveau de l' intelligence chez ceux qui en font un usage trop exclusif. Tout au contraire, la viande, le poisson, les œufs et la purée de pois (heureuse purée !) ont le meilleur effet sur le