I 74 I,A QUEUE
df^trloiipt'iiif'nl ci l'iicdriff de nos facnllf.s iiUellectvdles. u
Voilà bien ridéal (ic lasociôtr ronternporainp! : une lalilo dtMicate et l)ien servie, le beefsleak et le vin de Hourcroiine. FaisiMis bonne obère, 1'^ cliyme succulent s'élaborera en style et en esprit dans les lobes d*^ notre cerveau.
Le système est consolant pour les restaurateurs.
Tant pis pour le malheureux artisan qui mange un pain trempe de ses larmes! De par les illustres docteurs du panthéisme, de par ces colonnes lumineuses de la démocratie, df par ces grands prophètes de la révolution sociale, le voilà deshérité à tout jamais des fêles de. l'intelligence.
C'est le mot de Lamennais retourné : « Silence au pauvre! >^ de Lamennais, ce renégat de la foi chrétienne, qui par ses coupables erreurs semble avoir piépai'é la voie à ces sectaires impurs.
nE VOLTAIRE. 175
Le matérialisme n'a pas moins hideusement défiguré l'amour. Il Ta réduit à un simple problème de tenue de livres.
• Aujourd'hui, le mariage est un compte eu partie double.
Madame apporte sa dot ; elle stipule tant pour ses cachemires, tant pour ses diamants, tant pour ses crinolines, tantpour ses dentelles.
Monsieur achète et vend.
Tout cela se solde par un bordereau.
Des saintes affections conjugales, trésors du foyer domestique, il n'est plus question. Le mariage pourrait être défini en lui appliquant le mot cynique de madame de Staël : « C'est de l'égoïsme à deux ; » mais en ce sens que chacun des époux ne songe qu'à ses propres intérêts et n'associe sa vie à une autre vie que pour arriver à une somme plus grandf^ de jouissances matérielles.
C'est encore la guerre, sourde, implacable, haineuse, sous le masque des convenances.
SOUS le tard des hypocrisies sociales, au lieu de la paix inaltérable et pure du mariage chrétien.
Le caractère de la vie de famille en est profondément altéré : le père et la mère perdentchaque jour de leur autorité sur leurs entants, et nous revenons au siècle où le chevalier de Gharapcenetz rimait ce quatrain sacrilège :
Knnuyeux parents, qui prêchez Une triste morale aux autres, Vous nous fîtes pour vos péchés Et ne vivez que pour les nôtres '.
C'est surtout à la Bourse, dans cet antre infâme où s'agitent les passions de la matière les plus viles et les plus déshonorantes, où l'air qu'on respire est chargé de tous les miasmes de l'escroquerie et du vol, c'est là que cet antagonisme perpétuel des destinées humaines se produit dans sa brutalité la plus atroce. Essayez de parler do patriotisme, jetez au peuple un
réve de gloire, que l'enthousiasme fasse un instant battre les cœurs, savez-vous ce que répond la Bourse à cet élan d'un autre âge ?
Elle répond qu'on lui parle une langue qu'elle n'entend pas, et vous la voyez répliquer à la hausse des sentiments par la baisse des valeurs.
Valeur n'est pas toujours synonyme de courage.
Fasse le ciel que M. de Vigny n'ait pas été prophète, quand il nous disait, en voyant les croyances chrétiennes disparaître et le matérialisme trôner avec effronterie :
«r La terre aura quelque jour pour empereur un usurier juif! t
xrn
La. oliaii- et Iwspiit.
Dans une de ses conféiences à Notre-Dame, un jésuite, le révérend père Félix, a osé prétendre qu'il y a dans l'homme deux principes, lesprit et la matière, le corps et l'esprit.
Il a poussé les choses au point de proclamer la supériorité du principe spirituel sur le principe matériel, de l'âme sur le corps, aOirmant que l'équilibre entre eux est impossible; que,
si l'esprit n'y niel ordre et ne revendique ses droits à la suprématie, il ne tarde pas à tomber dans les aberrations dégradantes des sens et à être vaincu par la matière, d'autant plus puissante que nos pencbants les moins nobles conspirent en sa faveur.
Enlin, il a eu l'audace de déclarer que celuilà seul est capable de choses grandes, généreuses, héroïques, qui sul)ordonne sa chair à son esprit, et que l'homme est puissant par la vertu , en proportion même de la suprématie qu'il accorde à son àme sur son corps.
Bref, cela s'écarte complètement du système de Feueri)ach.
Au bruit de ces elîroyables principes du jésuitisme et de l'ultramontanisme, l'ombre de Saint-Simon a tressailli sous la tombe. Le père Enfantin a jeté les hauts cris, et M. Jourdan, du Siècle, blessé dans sa chair, c'est-à-dire dans la partie la plus sensible de lui-même, a répondu au père Félix par un article que nous
DE VOLTAIRE. l&i
ne qualifions pas, mais dont nous reproduisons à peu prés le sens :
« Va, rassure-toi, pauvre chair persécutée! Tu n'as plus à redouter les menaces et les attaques, dont ne cesse de te harceler, depuis dix-huit siècles, le catholicisme, ton plus mortel ennemi. Assez longtemps l'esprit a prévalu sur toi ; assez longtemps l'àme l'a soumis à son joug odieux. Le régne du ventre est arrivé! Voici venir les glorieux apôtres de la réhahilitation de la chair, les restaurateurs do la fange matérielle, les sauveurs de la société au point de vue de l'estomac ! »
Puis le grave rédacteur ajoute, «^ et, celle fois, nous le citons en toutes lettres :
« Là chair vient de dieu au même titre que l'esprit et doit marcher son égale. Pourquoi cette déplorarle lutte entre eux? pourquoi ce dualisme impie, cause de tous nos maux?
Est-ce assez calé.ffoi'ique? <^sl-ce assez limpide?
A ce discours, tous les échos de la sacrée colline tressaillent et reconnaissent la pure doctrine saint-simonienne.
Silence donc , jésuites menteurs! Apprenez à abaisser votre esprit orgueilleux au niveau de votre chair. L'un et l'autre sont l'œuvre de Dieu, et toutes les œuvres de Dieu, matérielles ou immatérielles, sont égales...
C'est M. Jourdan qui l'affirme.
Le christianisme avait dit h l'homme :
c Humilie ta chair, dompte tes penchants honteux, cause unique de tes fautes. Elève ton esprit dans les sphères supérieures, dresse-lui un trône dans la partie la plus haute de Ion être; donne-lui ta toi pour diadème, ta conscience pour sceptre et la chair pour escabeau! ï>
Mais viennent le saint-simonisme et le Siècle, le père Enfantin et M. Jourdan, qui s'écrient :
« Blasphème! Pounjuoi t'altribuer, esprit superbe, un empire usurpé? pour(|uoi tyran-
DK VOLTAIRK. ISS
iiiser la cliaii', ton égale? Sus pciichanL'i ne sont-ils pas aussi légiiime.s que les liens? Ton règne est la déchéance de l'humanité. Le progrès ne s'effectuera que le jour où la chair, (|ue tu astreins au rôle de vassale, partagera l'empire avec toi ! >
11 faut le proclamer à la gloire de l'école philosophique moderne , la théorie du catholicisme est hii>n mesquine, bien étroite, bien terre à terre. Sa morale est d'une mince portée; elle est digne tout au plus de l'oliscurantisme du moyen âge.
Combien celle du père Enfantin et de M. Louis .lourdan la surpassent en élévation !
.- 0 honmie! grogne le porc en se vautrant flans son ordure, c'est en vain que lu t'enorgueillis de la supériorité : notre origine est conmmne; ma chair est la sœur de la chair, et par conséquent l'égale de ton esprit. Si l'un de nous deux avait le droit de revendiquer la prinuuilé, ce serait moi sans conteste. Regai'de!
ma chair ost plus grasse que la tienne, et je pèse cent livres de plus que toi. Cessons de nous quereller, Iralei-nisons et ernbrassonsnous! »
■' Jamais de porc à porc il n'y eut d'injustice; Notre bauge est pour nous le temple de la paix.
Voilà un animal ([ui a lu Voltaire, et que je soupçonne d'avoir éluilié la philosophie à Ménilmontant.
A.U Siècle seul il appartient de prêcher de tels principes et de les répandre dans les masses populaires. Le succès de ses doctrines est assure. Celui qui parle aux hommes de l<Hirs devoirs aura toujours tort contre celui qui Hatle leurs instincts dépravés cl leurs passions ignobles.
Sursùm wrchi ! dit le christianisme.
iSursùm rentres! dit M. .lourdan.
L'esprit seul répond à la foi chrétienne ;^tou?
les échos de la chair répundeiil à la ])hilosophie matérialiste.
Or, que les jésuites en prennent leur parti, la chair sera longtemps encore la reine du mondew
C'est pourquoi le père Enlantin tance vertement à son tour le révérend père Félix. II lui démontre péremptoirement : l^ (ju'il n'entend rien au progrès; 2° que tout le mal vient de l'esprit et de son injuste domination.
— Bravo! s'écrie M. Jourdan.
Puis il ajoute dans son style le plus solennel :
<( M. Enfantin s'est inspiré contre son agresseur du véritable esprit du christianisme, en élabhssant que, pour faire son salut, il ne suffit pas de porter un cilice et de s'enfermer entre les murs d'un cloître ; mais qu'il faut travailler dans la limite de ses forces à l'amélioration du sort des pauvres, membres comme* nous du corps de Dieu. »
I8(i LA QL'EIE
. Jamais père de l'Eglise eul-il mie onction plus touchante?
Là-dessus ce grand apôtre de l'émancipation de la chair cite un Ion? passage de l'Evangile selon saint Mathieu, pour prouver quoi? Sans (loule (pie la ch;iir est V*S^;\k de l'esprit, et (ju'il est (emi)S de la n'habiliter aux yeux de tous?
Hélas! M. .lourdan sait hieii ipTà chaque page l'Evangile dit le contraire.
Aussi choisit-il ses textes.
On est théologien ou on ne l'est pas, et tous les Escohar ne sont pas des jésuites. M. lourdan en appelle à l'Evangile contre le père Félix, à seule lin de dénionlrer (/ii'il finit ficcourir les }Htmres.
En vérité, ces messieurs sont d'Iiahiles logiciens.
Le père Félix dit .
'• Abaissez votre chair et devez votre es-, prit. )>
DL-: viii.TAîiu:. 18/
MM. Enfantin et .lourdan répliquent:
'f Vous vous trompez, il faut secourir les pauvres! »
La réponse n'est-elle pas triomphante, et ne la trouvez-vous pas surtout merveilleusemenl appliquée à la question? C'est à cette puissanc<' de syllogisme qu'on a toujours reconnu les docteurs de la sainte colline.
Et puis, convenez-en, il est impossible de mieux faire entendre aux abonnés du Siècle que la charité était inconnue, avant que Saint-Simon et la philosophie ne vinssent la révéler aux catholi(jues. Ou insinue que ceux-ci ont le cœur desséché, qu'ils ne savent plus s'attendrir au contact de la misère , que les douleurs du pauvre leur sont indillérenles. C'est une rouerie pleine de charme et de finesse , un mensonge présenté de la façon la plus habile.
Par le fait, il y a dix-huit cents aub que le catholicisme console et réchauffe dans son sein des millions de malheureux, et le Siècle rit
dans sa barbe en lui donnant une leçon de charité.
Mais ses lecteurs le croient sur parole.
Ils ne vont pas demander aux conférences de Notre-Dame la vérification de ses dires.
Du reste, avouons-le, la charité saint-siinonienne ressemble à la charité évangéliquc comme la nuit ressemble au jour.
la première dit.
« Emancipez votre chair, engraissez-vous, cniichissez-vous, livrez-vous au plaisir, et, s'il vous reste du superflu, i'aites-en part à vos Jrères dans le besoin. »
La seconde dit ;
« Riches, n'oubliez pas cpie vous n'êtes que les dispensateurs, que les économes de vos biens. Mortifiez votre chair, élevez votre esprit au-dessus des jouissances terrestres, afin que vous ayez davantage à donner à vos frères malheureux. Vous dont le superflu est petit, n'écoutez pas la voix de la chair qui vous excite
aux satisfactions coûteuses, écoutez plutôt la voix de votre âme qui intercède en faveur do ceux qui n'ont pas le nécessaire. Charité veut dire amour et sacrifice. Vous compatirez d'autant mieux à la souftrance que vous aurez souffert vous-mêmes. La charité n'habite pas un corps repu. »
N'est-il pas vrai que l'avantage est encore ici du côté du saint-simonisme? Sa charité vaut sa morale et surpasse la nôtre de cent coudées.
Le Siècle apprend aux ultramontains et aux jésuites qu'ils doivent « secourir, vêtir, nourrir, consoler, visiter et assister les pauvres; » mais s'ils veulent suivre le conseil et profiter de la permission qu'on leur donne ; si , pour centupler les efforts et les résultats de la charité, ils s'unissent, ils se liguent contre la misère et la douleur, le Siècle et M. Jourdan se prennent aussitôt à crier au jésuitisme, à l'exploitation, à l'espionnage . à l'envahissement clérical, que sais-je?
lOU LA QUEUE DE VOLTAIRE.
C'est toujours la même force de dialecliqup.
Il faut convenir que les jésuites et les ullramuntains sont bien empêchés.
On assure que le père Knl'antin ot ljtui> .lourdan sont tous les deux millionnaires. Ils se sont enrichis sans doute pour prou>er l'excellence de leur dogme et pour faire triompher lu doctrine de l'émancipation de la chair.
Un jour ils pousseront l'ardeur du zèle religieux jusqu'à rouler carrosse.
Du reste, ils sont dans les vrais principes do la philosophie voltairienne. L'auteur des Lettres atiglaises a dicté jadis la marche à suivre : « Ayez de l'or, moquez-vous des prêtres, et conduisez-vous comme des pourceaux. »
Tel maître, tels disciples.
Suit© «des doctrines pi-ofessées psar un iourna.! trop connii. — Plus d'enfer.
C'est surtout dans cette caverne du Siècle que la queue d'Arouet frétille, sans que rien ait pu jusqu'ici l'écraser.
Là se réunissent et fraternisent tous les tronçons hideux du serpent.
11 n'y a pas une variété de l'hérésie, pas une
nuance du schisme, pas un upprobre de l'incrédulité qui ne soient accueillis dans celle coupable feuille avec un enthousiasme satanique. Toutes les armes y sont bonnes pour combattre la religion.
Calomnie, sarcasme, ridicule, tout est mis en œuvre.
MM. Ilavin, Léon Plée, Taxile Delord, Auguste Luchet, Edmond Texier, Labédollière, et tutti quand prennent tour à tour la plume vaiilanle qui s'esciime contre la foi romaine. Ils expédient leurs articles chez les marchands de vin de la capitale et dans les cabarets de France, pour inviter le peuple à rire des vieilles croyances de ses pères.
A la tète de celte cohorte de l'incrédulité systématique ol déloyale, se trouve encore aujourd'hui M. Jourdan.
Le Siècle a failli le perdre.
On l'a cru menacé d'une phlhisie pulmonaire, qui allait priver de ce talent admirable les bu-
veurs de vin bleu et les cabaretiers de notre belle patrie. Mais, o prodige!...
Il succombait a. la souffrance ; Des ânesses le lait lui rendit la santé. Croyez bien qu'il doit plus, en cette circonstance.
Aux ânes qu'à la Faculté.
M. Jourdan, à l'heure qu'il est, se porte on ne peut mieux et s'empresse de payer sa dette aux lecteurs du Siècle.
S'étant trouvé, par le fait mémo de sa maladie, sur les confins de l'autre monde, et y ayant jeté un regard curieux, il annonce une consolante nouvelle aux abonnés de M. Havin, une nouvelle qui rassure d'un seul coup et met complètement à i'aise les innombrables garnements qui peuplent le globe terrestre.
« Il n'y a pas d'enfer ! » s'écrie M. Jourdan, avec une énergique assurance.
Et sans plus de gêne, il biffe d'un majestueux trait de plume ce dernier vestige de la supers-
tV»4 LA QUKUE
titioii,ct;t t'pouvantail imaginf' i)ar h^ despotisme Ihéocratique.
Le fait est que l'enfer commençait i\ devenir vieux et ne se trouvait plus à la hauteur du progrès moderne. 11 était bien temps que la philosophie , par la bouche d'un de ses apôtres, soufflât sur les feux éternels et les éteignît.
Voilà qui est fait!
(Iràce à M. .lourdan, nous n'avons plus rien à craindre de ce cùté-là.
Et sur quoi se fonde-t-il pour nier l'existence de l'enfer? Sur des preuves aussi nettes que décisives. D'abord il constate que l'enfer eç/ excessivetnent peu gai, argument de poids, s'il en fût.
« Quand je me promène dans un cimetière, dit-il, ou que, assistant à un service funèbre, j'entends le chant du Dies irœ, je sens mon cœur sp serrer et la tristesse s'emparer de mon à me. >
DE VOI.TAIRK. 195
Or, coinmcnt supposer que Dieu soil assez barbare pour vouloir une chose qui coniriste M. .lourd an?
Cela manque absolument de vraisemblance.
« Il n'y a pas d'enfer, continue-t-il, parce que Dieu est juste. Est-ce qu'il y a pour Dieu (les jours de colère et de calamité? Le peuple ne le croit pas, lui ! :»
Dés que le peuple ne le croit pas, — j'entends le peuple qui lit le Siècle dans les cabarets et chez les marchands devin, — tous tant que nous sommes , gens d'ignorance et de ténèbres, catholiques et jésuites, nous voilà bien forcés de courber le front et de ne pas croire non plus.
« Le peuple, visitant les tombes de ses poètes et de ses orateurs, ajoute notre journaliste, ne se demande pas s'ils sont en enfer. 11 ne conçoit aucune inquiétude sur leur salut. La voix du peuple n'est -elle pas la voix de Dieu? »
Au nom de cette logique écrasante M. Jourdan canonise sans plus de façon Molière, Lafontaine, Balzac, Béranger, Dupont de l'Eure, Godefroy Gavaignac, Armand Carrel et... Louis Perrée !
C'est bien le moins que le Siêcley lui aussi, ait son petit saint.
Mais Eugène Sue que vous oubliez, Eugène Sue qui, par ses feuilletons socialistes, et dans les colonnes mêmes de votre journal, a tant moralisé le peuple!... A quoi songez-vous, philosophe ingrat, de lui refuser les honneurs de l'apothéose?
Du reste, pour M. Jourdan, tout n'est pas triste dans les cimetières.
Lors de sa visite au Père-Lachaise, il a vu û; les ramiers roucouler dans les rameaux funèbres, il a rencontré des amants se promenant les bras entrelacés, il a entendu les soupirs de la brise qui lui apportait les arômes des mondes invisibles » (quels arômes pourraient
bien avoir ces mondes-là?) et, saisi d'un lyrique enthousiasme, il s'écrie:
« Les Gaulois, nos pères, avaient sur la mort des croyances plus consolantes. Ils savaient qu'ils mouraient pour revivre, parmi leurs semblables, d'une vie plus ou moins heureuse ; ils savaient que Dieu, cet inépuisable foyer de bonté, de beauté, de lumière , ne classe rien eu dehors de lui, et que toute créature vivante est destinée à gravir les échelons infinis, qui conduisent vers le but que nul ne peut atteindre. »
Ainsi Dieu ne classe rien, le hasard règle seul notre destinée, et nous n'atteindrons