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CHAPITRE II

Moyens d’agitation.— Critique socialiste du capital.

— Le profit comme appropriation de plus-value .

— La propriété considérée comme vol. — Réfutation des fausses conceptions sur ces propositions.

— Rachat éventuel des capitaux de la moderne

féodalité financière.

Avant de poursuivre dans ses conséquences diverses le principe collectiviste, nous rappellerons encore une fois que Y alpha et Yômega du socialisme, c’est la transformation des capitaux privés de la concurrence en un capital social unitaire .

Le sens de cette revendication dont découle tout le reste, mérite par conséquent quelques commentaires ultérieurs.

Demandons-nous, avant tout, comment la transformation est généralement comprise.

En ce qui touche le temps, il paraît certain que les chefs ne se laissent pas aller à de trop

fiévreuses espérances. Parmi les meneurs du prolétariat et le grand nombre de penseurs et d’hommes conscients de leurs buts on en trouverait difficilement qui pensent que la victoire définitive viendra du jour au lendemain, c’est-àdire dans le cours de ce siècle.

Ce à quoi ils peuvent s’attendre dans un avenir plus prochain, c’est à l’obtention du pouvoir politique et encore plus à l’éducation socialiste des masses, au bannissement théorique (par la propagande) de l’ordre actuel de la propriété et de ses conséquences délétères (agiotage, tromperie, etc.); c’est enfin à attendre l’avènement dernier du contraste paupériste existant entre quelques millionnaires et des millions de prolétaires.

Les agitateurs socialistes atteindront le but le plus proche en organisant le parti, en propagéant les idées de bien-être parmi les masses ; en dévoilant les tromperies de la spéculation et ses banqueroutes « scandaleuses », et en sapant toutes les vieilles autorités, en profitant des querelles entre l’Église et l’État (dans lesquelles le socialisme est visiblement le vrai tertius gau dens), et en se servant de toutes les centralisations dans l’État et dans la société pour la propagande socialiste.

L’extension des associations 'productives ne formerait pas d’abord une organisation socialiste, car la forme de production corporative serait encore une forme de concurrence et une dernière réalisation du principe capitaliste; mais cet ordre de choses ne porterait pas préjudice au socialisme, car les établissements corporatifs ont, dans le fond, beaucoup plus d’affinité avec le collectivisme ; et, quand viendra le moment d’appliquer le socialisme, cette forme s’y prêtera beaucoup mieux que la forme de production capitaliste privée.

Il en est de même de la participation des travailleurs aux bénéfices ; ce n’est pas une organisation sociale, mais elle conduit à la propriété collective. Toutes ces formes transitoires, le socialisme peut les conduire comme l’eau à son moulin, mais elles ne sont pas son dernier mot.

Nous insistons sur ces points pour mieux expliquer pourquoi la conquête du pouvoir politique par le peuple travailleur, l’agitation, la propagation des idées de bien-être, la critique de la spéculation effrénée, comme aussi les compromis éventuels avec l’État pour l’encouragement des sociétés productives , sont , avant tout , peuvent et doivent être, dans les circonstances présentes et sans préjudice du but final du so-

cialisme, le mode d’agissement le plus efficace.

La critique socialiste du capitalisme ou du système de production privée dans la particularité qui lui est propre, exige en outre une mention particulière préalable; autrement on ne comprendrait pas la langue des socialistes.

La Critique du capital est le travail intellectuel préparatoire le plus important de la période présente.

Observons d'abord que la propriété capitaliste d’aujourd’hui est représentée comme le produit d’un vol .

C’est là un grave malentendu, si l’on prend dans le sens absolu ce mot de Proudhon : la propriété cJest le vol, d’après lequel le socialiste regarderait chaque propriétaire comme un voleur dans le sens criminel du mot et rangerait le bourgeois le plus honnête parmi ceux qui vont, munis d’une lanterne sourde et d’une fausse clef, voler le bien d’autrui. Mais rien n’est plus erroné que cette interprétation, au moyen de laquelle on croit le communisme condamné par luimême.

Ces paroles : que la propriété capitaliste actuelle représente le vol, ou, comme dit Lasalle, le bien d'autrui (Fremdthum), qu’elle est une propriété anarchiste devant être remplacée par

la vraie propriété basée sur le travail de son possesseur, ont évidemment une tout autre signifi- ; tion, comme le comprendra chaque homme versé dans ces choses.

Le sens de la critique socialiste de la propriété capitaliste est le mieux exprimé par Karl Marx, le chef et le théoricien le plus autorisé du prolétariat.

Maix part de ce point de vue que la propriété capitaliste transmise par les siècles dérive, en raison de sa masse, de la conquête, de l’expulsion des serfs (confiscation des petites propriétés agricoles [Bauernhofe]), du pillage des colonies, de 1 abus des forces politiques, des systèmes protectionnistes en faveur des privilégiés, du partage des biens d’Eglise sécularisés, etc.; mais il ne met pas le vol sur le compte de Pierre ou de Paul, héritiers actuels de cette propriété. En général, il s occupe très peu de juger ces anciennes formes de l’accumulation primitive du capital! il ne s’occupe qu’en passant de ce moderne capital né du pillage (Raubritter capital), de l’excès de corruption des bourses, des parlements et des journaux. Il s’attache principalement à dévoiler le procédé de formation de ce capital qui, étant donné l’ordre actuel, est le seul possible; qui, dans les circonstances pré-

sentes, est normal, légal, et même tout à fait inévitable.

Marx observe que la masse des capitaux de la spéculation qui se forment et se multiplient aujourd’hui, proviennent des profits du capital, de l’excédent des profits d entreprises et non pas des épargnes sur les salaires.

Certainement que cela est.

Plus loin, il reconnaît parfaitement que chaque capitaliste, s’il veut se maintenir sous la loi sociale anarchiste de la concurrence à laquelle il est soumis actuellement, d it, lui aussi, augmenter son capital par le profit, autrement sa ruine serait certaine.

u Moins que tout autre, dit Marx textuellement, mon point de départ, qui comprend le développement de la formation économique de la société, comme un procédé historique et naturel, peut rendre l’individu isolé responsable des conditions dont il dépend socialement , au point qu’il puisse s’élever subjectivement au-dessus d’elles. »

Marx est donc bien loin d’appeler subjectivement le profit capitaliste un vol, ou d’exiger qu’un capitaliste — aussi longtemps qu’il devra acquérir d’après le mode actuel de production — renonce à faire tous ses efforts pour augmenter,

autant que possible, le profit de son capital et son capital lui-même.

Mais objectivement , il résulte de l’organisation actuelle du mode de production, si contradictoire au fond, que l’enricliissement privé du capitaliste est basée sur la spoliation du travailleur, qu’il est, par conséquent, une escroquerie, une rapine (Plusmacherei), une exploitation.

Les profits du capital dont naissent les grandes fortunes privées ne produisent de tels excédents que parce que le travailleur salarié reçoit un salaire inférieur à la valeur de son travail et qu’il doit tous les jours laisser dans les profits du capitaliste cette plus value de son travail.

Même d’après l’économie politique bourgeoise, le travailleur reçoit, en moyenne, non pas la valeur complète du produit de son travail journalier, mais beaucoup moins et seulement l’équivalent de ce qui lui est strictement nécessaire pour son entretien quotidien. Il travaille par jour dix à douze heures, dont six peut être déjà représentent la valeur de son salaire. Ce qu’il produit en plus de son entretien (ce qu’on nomme plusvalue), passe dans la poche du capitaliste. La plus-value tombant en gouttes journalières est absorbée par l’éponge du capital -, elle devient

profit du capitaliste et grossit le plus souvent le capital.

En effet, la critique du capital par Marx, cet évangile critique des travailleurs contemporains de l’Europe, est en substance une théorie critique de cette appropriation capitaliste de la plus-value .

Toutes les conditions et toutes les formes de cette appropriation capitaliste sont vivement représentées sur toutes les faces, à l’aide d’amples matériaux puisés surtout dans les conditions économiques de l’Angleterre.

La concurrence des travailleurs entre eux, l’instabilité du procédé de production, l’effet déplaçant des machines, les bouleversements techniques, la concurrence étrangère au travail manuel mettent, selon Marx, le travailleur salarié et le petit bourgeois dans la nécessité de céder leus travail journalier au capitaliste (propriétaire foncier, industriel ou commerçant) et à se laisser réduire à un salaire qui ne leur paie pas toute la valeur de leur travail, mais simplement leur donne de quoi subvenir à leur strict nécessaire.

La plus-value de la journée de travail, qui n’est pas payée en salaire, passe dans la bourse du capitaliste au moyen de la vente des produits

du travail, enrichit celui-ci et lui donne les moyens de déployer plus de luxe dans son intérieur et surtout d’augmenter indéfiniment son capital.

Ainsi, sous le couvert du salaire qui n’est pas équivalent au produit de travail, a lieu, tous les jours et à toutes les heures, une exploitation sans trêve des travailleurs salariés, et ainsi le capital joue le rôle d’un vampire, d’un spoliateur, d’un voleur.

Toutefois, subjectivement , le bourgeois honorable est exempt de toute culpabilité, car il est forcé par tout le système existant, légalement imposé par la concurrence anarchiste, à prendre part à la spoliation insatiable, c’est-à-dire de dépouiller les travailleurs le plus possible de leurs produits et d’augmenter à l’infini ses propres écus. En agissant autrement, le bourgeois serait incapable de lutter avec ses concurrents.

Mais objectivement , cette spoliation générale est condamnable et le système doit être changé.

Comment se fera ce changement, ce n’est pas dit en détail, mais, des antécédents critiques, on peut tirer l’idée positive avec certitude. Il n’y aura plus de capitalistes ni de travailleurs salariés , mais simplement des 'producteurs

lorsque le système de concurrence des capitaux privés — qui réduisent le salaire par la concurrence — sera remplacé par l' appropriation col lective du capital , avec une organisation sociale du travail , et par un partage du revenu national en raison du travail de chacun. Ainsi le profit ne pourrait plus étouffer le salaire , parce qu’il n’y aurait plus ni salaire ni profit, mais seulement indemnité sociale , revenu du travail socialement déterminé et mesuré d'après la quantité et la valeur d'utilité sociale du travail .

Il n’y a qu’une part du produit national qui ne serait pas partagée entre les individus, c’est celle qui serait destinée aux administrations productives et économiques en général. Une partie de ce capital serait restituée au capital collectif, en compensation de la quantité employée à la production, une autre partie servirait à l'entretien des autres institutions d’utilité publique (non directement productives).

Cette partie du capital profiterait donc à tous les citoyens, elle constituerait une sorte d’impôt naturel aussi direct que possible et retenu avant la répartition des revenus privés. Ce capital réservé remplacerait les impôts d’aujourd’hui, il serait employé aux charges d’utilité publique

et formerait la base permanente du capital collectif.

A un endroit de son livre, Marx manifeste cette idée par paranthèse et à peu près ainsi (p. 37, lle édition allemande) :

« Le produit commun est (serait) un produit social, une partie de ce produit sert à remplacer le capital employé à la production : il reste social ; une autre partie est consommée par les membres de la société et c’est pourquoi elle doit être répartie entre eux. La part de chaque producteur pour ses mojTens d’existence serait déterminée par son temps de travail. Le temps de travail servirait alors de mesure pour marquer la part individuelle de chaque producteur dans le travail commun, et en même temps de mesure dans la part des produits communs individuellement consommables. *

Il est bien clair que le programme socialiste est autre chose que le « partage » périodique des propriétés privées ; il veut dire propriété collective des moyens d’un travail qui est déjà collectif en réalité; anticipation directe sur le montant du travail collectif des sommes nécessaires à l’entretien des institutions d’utilité publique, — cela en remplacement de l’impôt; partage de tous les autres moyens de consommation entre les

producteurs isolés dont ils seront la propriété et le revenu privé, répartition faite, comme nous l’avons répété, au prorata du travail de chacun.

Qu’on se garde donc bien de considérer le socialisme comme un système de partage périodique des propriétés privées, ce serait s’escrimer contre des moulins à vent et chaque page des journaux socialistes a raison de flétrir ce procédé comme une preuve de crasse ignorance.

Après cette critique du capital privé, l’établissement final de la propriété collective ne parait pas même douteux aux socialistes. L’extrême difficulté de la transition à l’ordre nouveau ne les préoccupe pas trop ; ils comptent sur la masse expropriée de la population en face du petit nombre d ’expropriateurs, sur l’achèvement du procédé de destruction de la petite bourgeoisie et sur V impossibilité de continuer la production privée avec une classe ouvrière mécontente et qui n'a plus de foi dans l’autorité.

Quant à la question de droit concernant le passage à l’ordre nouveau elle n’est pas même douteuse pour eux. Ils disent à peu près ceci :

Le bourgeois peut avoir un droit sur ce qu’il a arquis sous le régime actuel de production et nous lui rachèterons son capital privé, comme il

a racheté le droit féodal. Mais il n’a aucun droit de réclamer pour tout l'avenir l'empêchement d’un meilleur mode de production. Une nouvelle forme de production peut, à chaque moment, être proclamée par le peuple comme un nouvel état de justice.

Dès lors le capitaliste ne pourra plus seul exercer sa grande industrie : il saura s’estimer heureux si on rachète, à lui et à ses enfants, le capital privé en annuités de moyens de jouissance, qui dureront jusqu’à ce que tout le monde se soit fait aux nouvelles conditions. Notre capitaliste s’inclinera devant le droit nouveau proclamé par la majorité du peuple, comme la noblesse a dû s’incliner devant le droit proclamé par la bourgoisie et se contenter du rachat des servitudes féodales.

Le socialisme n’est nullement • contraire au rachat des propriétés privées actuelles, si les propriétaires y consentent de bonne volonté ; il s’en rapporte ordinairement à l’acte libéral d’expropriation de la noblesse féodale et de l’Eglise féodalisée par les compensations évaluées en titres de rente.

Mais, étant donné le même rachat complet des valeurs productives, on ne délivrerait plus aux expropriés des titres de rentes ni des moyens

de production, mais seulement des moyens de consommation ; car, à l’avenir, les moyens de production ne pourraient plus être propriété privée, quand bien même la propriété privée antérieure, résultant des titres de rente, aurait été indemnisée, selon sa valeur complète, lors de l’expropriation, par la cession des moyens de consommation. On voit facilement qu’avec ce genre de rachat, les capitaux immenses de Rothschild et consorts ne peuvent, même après pleine indemnité, que se transformer en une richesse suffoquante de moyens de consommation. Cette grande propriété ne pourrait pas longtemps durer. Les grands capitaux privés seraient aussitôt supprimés comme capitaux, et bientôt même comme richesses, car l’Etat socialiste n’accepterait nullement, en principe, le rachat moyennant des rentes permanentes. Ainsi l’excédant naturel ne pourrait pas sé maintenir durable par un dédommagement purement transitoire.

De ce qui précède, on reconnaît facilement que le socialisme n’a pas besoin de « partager. tout au moins de partager périodiquement dans le sens attribué à ce mot. Il peut plutôt reconnaître les richesses déjà accumulées comme le produit légal d’un mode d’acquisition passé;

mais il ne peut pas pro faturo les laisser accroître et gagner éternellement comme capital privé, comme sources de rente particulières.

Le socialisme repousse dans son but final la richesse comme moyen de production privée, comme source de rente privée, et par là il met radicalement fin, dans le fond, à toute inégalité de revenu ne résultant pas d’un travail particulier. Alors l’inégalité est, comme l’a dit un socialiste, « organiquement supprimée. «

Qu’on réfléchisse bien sur l’énorme portée de’ ce fait : la famille Rothschild possède, admettons, 500 millions d’écus ; elle en serait, par supposition, complètement indemnisée, si, dans le courant de trente ou cinquante ans, on lui délivrait par annuités la valeur escomptée de 500 millions d’écus, mais seulement sous forme de moyens de consommation, de luxe et d’agréments.

Cette famille serait en état de jouir richement et de faire des dons; mais elle ne pourrait plus capitaliser, ne pourrait plus convertir son surplus en sources de rente, et, même avoc le droit d’héritage intact, elle serait contrainte, après deux ou trois générations, au travail personnel, comme toute autre famille, à moins quelle ne préfère émigrer, auquel cas il est bien

douteux que l’Etat socialiste lui envoie ses annuités.

Certes, on n’a rien pu imaginer de plus fort contre l’aristocratie financière, et en particulier contre les juifs, que cette exclusion, de droit social, des mojmns privés de production et des sources de rente privées.

C’est d’autant plus remarquable que ceux qui ont le plus efficacement répandu cette idée dans les masses appartiennent au judaïsme : Marx et Lassalle sont d’origine juive.

Le socialisme se glorifie de ce résultat ; il se glorifie surtout de ce qu’il va extirper radicalement toutes les tromperies des bourses, des monopoles privés et de l’usure. En effet, avec la réalisation socialiste, il ne resterait plus rien des revenus provenant de la spéculation et des rentes gagnées sans travail.

C’est ici le moment de réfuter un malentendu grossier.

On entend très souvent dire :

« Le socialisme ne veut plus de capital économiquement parlant; il ne veut aucun moyen de production, il veut produire sans immeubles, sans fabriques, sans machine, sans instruments, sans matière première et sans combustible, car il nie le capital et en conséquence l’existence,

l’épargne, l’entretien et le renouvellement des moyens de travail. »

On regarde cette conclusion comme une brillante réfutation de la doctrine socialiste, et on triomphe de cette « imbécïlité des socialistes. » Mais il faut expressément se mettre en garde contre cette manière de réfuter le socialisme.

Il n’y a que la propriété, et seulement la propriété privée des moyens de production , que le socialisme veut abolir pour l’avenir. Au point de vue technique et au point de vue économique, non seulement il ne repousse pas le capital, mais, comme les citations tirées de K. Marx le prouvent clairement, il veut, par l’établissement et le renouvellement collectif de tous les moyens de production, introduire une organisation des capitaux productifs qui assurerait à toute la production nationale une dotation dans le sens de la grande production la plus rationnelle d’aujourd’hui.

Les fonds nécessaires pour l’entretien et le renouvellsment du capital social doivent être pris sur l’ensemble de la production collective. Déjà le rêveur Ch. Fourier réclamait l’abolition de la petite industrie bourgeoise, misérablement dotée ; il voulait la généralisation de la grande industrie.

Combien peu aspire un Karl Marx à ramener le procédé de production à la petite industrie (je ne parle même pas ici de la production sans capital, dans le sens technique du mot), cela est prouvé par le résumé ci-dessus mentionné, qui est le résumé de sa critique du capital privé, tel qu’il se trouve à la fin du premier volume de son Capital.

Quant aux maux nouveaux qui pourraient remplacer les maux présents, auxquels le socialisme peut remédier, nous n’avons pas à nous en occuper ici. Nous n’avons qu’à constater préalablement ce qui constitue le contenu du socialisme et à établir d’abord son principe fondamental. .

Cherchons à poursuivre encore plus en détail les conséquences concrètes de ce principe dans les catégories principales isolées de V économie politique ; besoin, production, circulation, revenu, ménage, consommation et formation de fortunes! Ce n’est que par ces indications particulières que nous serons en état d’orienter complètement le lecteur, et de montrer d’une part que le socialisme rompt encore beaucoup plus avec l’ordre existant, que ne l’admettent les plus peureux, et d’autre part combien sont fausses certaines conceptions qu’on {$’est faites sur son compte.

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