‹ La quintessence du socialisme (volume 2)Chapitre 32 sur 135 · DES ECONOMIES · texte numérisé non relu

DES ECONOMIES

Quel doit être l’article premier du programme électoral socialiste?

Selon nous, il ne saurait y en avoir de meilleur que celui qui consisterait à préconiser une politique d’économie.

Il faut, dans ce cas, faire la guerre aux gros traitements.

Nous sommes partisans d'un gouvernement et d’une administration à bon marché.

Pour fêla, il faudrait, à Bruxelles notamment, réduire considérablement les gros traitements.

La Commune de Paris, dont les bourgeois ont dit et disent encore tant de mal, avait admis que les traitements des administrateurs de la grande ville ne pourraient dépasser la somme de 5,000 fr. par an.

Nous aussi, nous pensons que ce chiffre doit suffire. On doit touvoir vivre avec 6,000 francs par an, alors qu’il y a dans le pays des centaines de mille familles dont les ressources ne dépassent pas annuellement 800 francs (1)

M Buis reçoit clnque année 25,000 francs. C’est trop, beaucoup trop, et 6,000 francs devraient suffire.

Non seulement il faudrait réduire les gros appointements lépassant 6,000 fr., mais il faudrait aussi supprimer tous les 'mplois inutiles, de façon à mieux payer les petits employés de ios administrations communales sur qui retombe, en somme, oute la besogne.

De même que nous sommes partisans d’un maximum de traiement, de même nous réclamons un minimum de traitement ou le salaire pour les employés de tous genres qui sont au service de ios administrations publiques. Ce minimum pourrait être fixé à 100 francs par mois ou 2,400 francs par an.

(1) Le salaire moyen de l’ouvrier houilleur belge s’est élevé, en 1889, . 91 1 francs par an. D'un autre côté, les ouvriers agricoles ne gagnent ms 600 francs par an, sans être nourris par leurs employeurs.

Ceci dit, voyons comment, de notre société bourgeoise individualiste, dont il n’est plus besoin de faire voir les défauts, on pourrait arriver à fonder une société formée d’après les principes socialistes.

Actuellement, la production des richesses et leur échange, c’est-à-dire l’agriculture, l’industrie et le commerce, se font par des individus qui spéculent et volent d’autres individus (1). Notre socialisme consiste à transformer en services publics communaux, provinciaux, nationaux, internationaux, la production et la distribution des richesses, et de répartir celles-ci aussi équitablement que possible. Le socialisme peut donc être défini : Une société dans laquelle l’intérêt public prédomine l’intérêt des particuliers. C’est l’application réelle de la solidarité, du chacun pour tous, tons pour chacun.

Déjà aujourd’hui il existe des services publics communaux, les uns parfaits, les autres qu’il y aurait lieu d’améliorer. Il en est d’autres encore qu’il faudrait créer.

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