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L’INSTRUCTION PUBLIQUE

L’instruction est un grand facteur social. Elle est un des éléments du progrès de la civilisation.

Le but du socialisme, c’est de rendre les hommes égaux en

(1) Non seulement ils volent les consommateurs, mais ils les empoisonnent. On pouvait lire le fait suivant dans le Patriote du 24 septembre 1890:

« On nous raconte un fait monstrueux qui date de plus d’un an.

« Aux portes de la capitale se trouve une ferme dont l’étable, au commencement de 1839. ne comptait pas moins de soixante vaches. Un jour, le typhus se déclara dans l’étable, et toutes les bêtes en furent atteintes.

« Or, sauf deux, qui furent enfouies, toutes ont été dépecées dans l’écurie même et écoulées pour la consommation.

« Cinquante-huit vaches mortes du typhus, livrées aux ménagères de Bruxelles au cours de quelques jours, c’est horrible! »

droit et en fait. Cela ne veut pas dire que, au point de vue intellectuel et professionnel, par exemple, tous devront être à même d’être médecins, avocats, architectes, artistes, etc. Non, mais que tous, à part la connaissance spéciale du métier qu’ils auront embrassé, puissent être à même de goûter à toutes les jouissances intellectuelles.

A part quelques exceptions, fort rares, les hommes sont frappés, .dès leur naissance, par l’inégalité sociale. Ceux qui naissent pauvres ont quatre-vingt-quinze chances sur cent de mourir pauvres, comme ceux qui naissent riches de mourir riches.

Le privilège de la naissance existe encore et fait des ravages. L'égalité du point de départ n’existe pas, car, entre l’égalité de .droit et Légalité de fait , il y a un abîme.

Il faut donc, par des lois, arriver à corriger, sinon à supprimer, .les inconvénients et les abus des privilèges de la naissance et établir Légalité du point de départ.

L’école en est le moyen.

L’instruction, aujourd’hui, est devenue un véritable service ipublic. Que de progrès, dans ce domaine, ont été réalisés depuis un siècle ! Jadis, les écoles étaient rares et les professeurs peu instruits.

L’instruction et l’éducation des enfants étaient du domaine [individuel: les pouvoirs publics ne s’en occupaient pas. Des centaines de communes de notre pays n’avaient pas d’école et les rares instituteurs avaient peu d’élèves.

Les leçons se donnaient dans des endroits malsains, des caves, des granges, des salles peu éclairées. Les programmes des cours paient nuis ou n’existaient pas. On intruisait les enfants sans méthode. Bien heureux étaient ceux qui, en sortant de l’école, Savaient lire et écrire !

Depuis lors, quels changements !

Chaque commune, ou à peu près, possède son école. Les locaux fOnl propres, sains, aérés. Le mobilier scolaire s’améliore sans :esse. Il en est de même des méthodes, des programmes. Les nstituteurs sont capables, instruits.

Mais le dernier mot n’est pas dit dans ce domaine. II reste incore bien des progrès à réaliser, bien des réformes à mener à >ien.

' D’abord, dans l’état actuel des choses, il existe encore des

milliers d’enfants fréquentant nos écoles qui les quittent trop tôt pour entrer à l’atelier. L’instruction devrait être obligatoire jusque quatorze ans au moins.

De plus, les enfants pauvres devraient être nourris à l’école, car les malheureux qui ont le ventre vide n’ont point les aptitudes ni les forces nécessaires pour suivre les leçons avec fruit : «Ventre affamé n’a point d’oreilles».

De même que les communes devraient nourrir les enfants à l’école, de même elles pourraient fournir des vêtements chauds et propres aux enfants pauvres. Ces mesures démocratiques, socialistes, humaines en un mot, auraient pour résultat de corriger les inégalités flagrantes qui existent aujourd’hui, non seulement entre les citoyens d’une même classe de la société, mais encore entre les familles qui ont de nombreux enfants et celles qui en ont peu ou point.

Ces deux réformes : nourriture et habillement des enfants aux frais de la société représentée par la commune, existent déjà en germe aujourd’hui, du moins dans certaines grandes villes.

Qui n’a pas entendu parler de l’Œuvre des Vieux Vêtements et de l’Œuvre de la soupe scolaire ?

Une commune socialiste aurait donc pour devoir d’organiser le service de l’instruction primaire avec ces deux compléments : octroi de la nouniture et de l’habillement aux élèves.

La dépense ne serait pas énorme et, le fut-elle, il ne faudrait pas ri culer pour cela.

Ce n’est pas tout.

Les voyages scolaires sont également entrés dans les mœurs. Ces voyages sont très instructifs pour les jeunes enfants des deux sexes et sont en même temps une agréable distraction. Il faudrait les généraliser et faire faire chaque mois au moins, en semaine, un voyage aux élèves des écoles.

Beaucoup de trains aujourd’hui roulent presque à vide certains jours delà semaine. Pourquoi n’accorderait-on pas le voyage gratuit aux enfants des écoles ? Cela ne coûterait rien ou presque rien à l’Etat.

Pendant les vacances, certains élèves de nos écoles publiques sont envoyés pour huit ou quinze jours à la campagne ou au bord de la mer. Ces colonies scolaires font un bien immense à la santé des enfants pauvres. Des expériences ont été faites. On

esait les enfants avant leur départ pour la campagne ; on leur îesurail la largeur de la poitrine, du bassin, etc. A leur retour, i même opération se faisait et tous avaient gagné en poids et en orce physique.

Les gouvernements favorisent aujourd’hui le développement et amélioration de la race chevaline, bovine, porcine. Pourquoi ’interviendraienl-ils pas pour l’amélioration de la race humaine? ■ Ces vacances scolaires, cependant, sont trop courtes et ne profi- ;nt, hélas ! qu’à quelques enfants seulement. Une commune ocialiste aurait pour devoir de faire bénéficier tous les enfants de 'as avantages et de prolonger leur séjour à la campagne pendant n mois au moins chaque année.

Voilà les réformes qu’une administration communale socialiste ourrait réaliser dans le domaine de 1 "instruction .

Est-ce tout ? Non pas !

Car s’il faut songer aux enfants, il ne faut pas oublier les dultps.

Aujourd’hui il y a trop peu de bibliothèques. Il devrait y en voir dans tous les quartiers des grandes villes.

| Et encore, les bibliothèques publiques ne doivent point suffire.

; faudrait installer dans chaque quartier des cabinets de lecture, ; qui n’existe point Ces cabinets auraient en lecture des journaux, fes revues et des livres. En y allant, les citoyens y trouveraient jne distraction et perdraient peu à peu l’habitude du cabaret qui 6t la seule distraction offerte aujourd’hui au peuple.

Quels utopistes nous sommes, n’est-ce pas, et quels buveurs de ang!

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