IA BIENFAISANCE PUBLIQUE
Le droit à l’assistance existe dans nos lois. La bienfaisance est levenue un véritable service public qui soulage bien des misères.
I Sa base est. cependant mauvaise, car la charité, l’aumône légrade, abaisse celui qui la reçoit.
Le Parti ouvrier préconise la transformation progressive ci.: bienfaisance publique en un vaste système d’assurance contré maladie, le chômage, la vieillesse.
Les Communes, en Belgique, ont la direction du service hospices et des bureaux de bienfaisance. Elles peuvent donc re; ser pacifiquement un des points du programme socialiste.
Examinons donc ce qu’un conseil communal socialiste pouri faire dans cette voie. Prenons comme exemple la ville de Bruxell Elle dépense chaque année, pour le service des hospices, i somme de. 1,786,695 francs, et pour le bureau de bienfaisa 944,690 francs, soit ensemble 2,731,385 francs.
C’est la dépense qu’occasionnent ces deux services. Elle re; semc 16 francs par tête d’habitant, ce qui est énorme !
De quoi s’occupent aujourd’hui le, hospices et les bureaux bienfaisance? D’abord, du traitement des malades dans les lu taux et à domicile ainsi que de la fourniture gratuite des méd ments Elle élève en outre les orphelins et soigne les vieillar ell • accorde des secours en argent et en nature aux indigci mais ces secours sont souvent insignifiants.
Le service des hospices et de la bienfaisance laisse benucou désirer II donne lieu à des abus nombreux et coûte fort cl surtout comme frais d’administradon.
Les orphelins sont placés à la campagne, chez des pays; qui élèvent fort mal ces malheureux et les exploitent souvet outrance. Il n’y a pas bien longtemps l’entretien des orphe faisait 1 objet d’une adjudication publique et l’enfant, était adj à celui qui offrait de l’élever au meilleur marché.
Les soins médicaux et pharmaceutiques devraient faire l’ol d’après nous, d’un service public communal.
Les Orcles .Moyson, de Gaud, moyennant le payement am et par tête, de 5 fr. 60 c., donnent à leurs membres malades soins médicaux et les médicaments. Un service semblable institué par la coopérative ouvrière de la Maison du Peuplt Bruxelles.
La capitale compte actuellement 185 mille habitants. 1' donner à tous les habitants, à titre gratuit, les soins médicau pharmaceutiques, dans les mêmes conditions, une somme 550,000 frs serait amplement suffisante, puisqu’elie repré ternit trois francs par tête ou 40 centimes de plus qu’à G;
n faisant payer cette dépense par les services des hospices et a bienfaisance, il resterait treize Irancs par habitant et par pii pourraient servir à accorder une indemnité aux personnes par suite de maladie sont empêchées de travailler et, par réquenl, de gagner leur pain.
ette somme serait pius que suffisante pour couvrir les frais de ervice, puisque les sociétés de secours mutuels, moyennant cotisation annuelle de 15 à 18 1rs par membre, accordent à t-ci, en cas de maladie, les soins médicaux, les médicaments ne indemnité qui, en moyenne, s’élève à deux francs par jour, r, dans le calcul que nous faisons plus haut, les hospices et bureaux de bienfaisance de Bruxelles dépensent non par chef am;Ue, mais par habitant (femmes et hommes compris) 16 frs an !
: est vrai que les indigents reçoivent des secours en argent et îature (charbon, literies, etc.), mais seulement pour 160,000 frs an.
es frais d’administration des hospices et de la bienfaisance : trop élevés, et il y aurait moyen de réorganiser complètement service. Si la commune fournissait à tous ses habitants les ;s médicaux, les médicaments et des secours pécuniaires en cas n a ladies, les sociétés de secours mutuels n’auraient certes plus jaison d’être et on trouverait dans leur sein des hommes capa- ; qui se dévoueraient à l’organisation de ce nouveau service imunal et ce à titre gratuit.
iertai nés communes, il est vrai, ne disposent pas des ressources isantes pour pourvoir aux nécessités financières qu’entraînepareil service. Mais ici l’Etat devrait intervenir, ih ! si nous avions un Etat socialiste, la chose serait vite faite! seul budget de la guerre, qui s’élève à cinquante millions au ns par an, sans compter la perte subie par l’inactivité forcée nilliers de travailleurs-soldats, suffirait et au delà pour établir ; un système d’assurances qui relèverait les malheureux et fit disparaître le caractère charitable, humiliant de la bienfaice officielle et privée.
ians cette organisation les mé iecins et les pharmaciens devienlent des fonctionnaires publics. Il y a, en Belgique, 2,600 doc- ’s en médtcineet 1,500 pharmaciens, soit un médecin pour ‘OO habitants (pour Bruxelles et les faubourgs il y a un méde-
cin pour 1,300 habitants) et un pharmacien pour 4,000 habita Ainsi organisé, ce service de la santé publique ferait un immense. Les malades pourraient être soignés à domicile et aux hôpitaux où ils vont souvent malgré de vives répugnai' Les orphelins, les invalidas, les vieillards pauvres serai eux aussi, mieux traités qu’aujourd’hui, et ainsi, petit à petit supprimerait la plaie du paupérisme qui fait tant de ravage qui se développe avec la civilisaiion capitaliste et bourgeoise nous subissons.
Si le Parti ouvrier devenait majorité dans un conseil comnr important, il pourrait donc transformer progressivement la t faisance publique actuelle de façon à relever les pauvres, moi ment, et à augmenter leur bien-être physique.