‹ La quintessence du socialisme (volume 2)Chapitre 36 sur 135 · DE QUELQUES PETITS SERVICES PUBLICS ACTUELS · texte numérisé non relu

DE QUELQUES PETITS SERVICES PUBLICS ACTUELS

Il existe encore quelques services publics communaux qui, au point de vue démocratique et socialiste, auraient besoin d’être modifiés et améliorés.

Parmi ceux-ci nous pouvons citer tout d’abord les monts-depiété.

On connaît l’organisation de ces établissements. Elle est fort ancienne et compte de nombreux abus de tous genres.

D’abord, le taux d’intérêt est trop élevé, surtout pour les pauvres gens qui souvent n’ont pas le moyen de dégager très vite les objets qu’ils ont remis comme garantie du prêt qui leur a été fait.

L’organisation des monts-de-piété pourrait être transformée de fond en comble, afin de faire de ceux-ci des banques de prêt mutuel.

Au surplus, avec l’assurance, organisée par la commune, contre les maladies et le chômage, les monts-de-piété n’auraient plus leur raison d’être actuelle, car neuf fois sur dix, c’est par suite de maladie ou de manque de travail que les pauvres gens ont recours à « ma tante ». comme on dit vulgairement. On y a recours également pour faire la noce, soit aux kermesses, soit en temps de carnaval, mais c’est une habitude que le peuple devrait perdre et il y aurait certes moyen d’en arriver là.

Un second service public existant, c’est celui des halles et marchés.

La Commune se contente de faire bâtir ces établissements, d’en 1 louer les p'aces et de prélever un certain droit sur ceux qui y vendent des marchandises.

Actuellement, aux Halles centrales à Bruxelles et au Marché >au poisson, il existe deux ou trois gros commissionnaires qui ,achètent en grand les marchandises qu’ils débitent ensuite en -détail.

l Pour arriver à supprimer les intermédiaires inutiles qui

aujourd’hui viennent se placer entre le producteur et le consommateur. il faudrait que la Commune établît des magasins, des bazars communaux, achetât en grand et revendît au publicen petite quantité.

Il est évident qu’il y aurait là un grand profit pour la masse des consommateurs qui pourraient se procurer à très bas prix les denrées dont ils ont besoin. Mais on n’arrivera pas à ce résultat du jour au lendemain

Ce qu’il serait possible de faire, dès aujourd’hui, c’est que la ville prît la place des gros commissionnaires et revendît, avec un petit bénéfice, les denrées qu’elle aura achetées en gros Cela est faisable pour les halles et pour le marché au poisson.

Puis, les syndicats agricoles se développant, on pourrait fort bien mettre halles et marchés à la disposition de ces syndicats, pour la vente de leurs produits en y exerçant une surveillance, il est vrai, et en prenant des mesures efficaces pour sauvegarder l’intérêt des consommateurs, pour le cas où les syndicats en question se ligueraient pour vendre à des prix trop élevés.

Un autre service public c’est celui de la sécurité, de la police.

Ici encore il y a beaucoup à faire

Certes, quand, par une série de mesures protectrices, les travailleurs auront acquis plus de bien-être: quand, par un travail facile, peu prolongé et assuré, les ouvriers seront mieux logés, mieux vêtus, mieux nourris; quand, par le développement de l’instruction, le peuple se sera élevé intellectuellement et moralement.les crimes et les délits deviendront de plus en plus rares, et la police répressive, ainsi que l’appareil de la justice; dont le fonctionnement coûte si cher et donne lieu à tant d’abus, pourront peu à peu être, sinon supprimés, du moins modifiés.

Aujourd’hui, la police est le plus souvent tracassière et brutale. Elle semble n’avoir qu’un but : dresser le plus de procès-verbaux, faire poursuivre le plus de personnes possible

Pourquoi ne changerait-on pas cela? Pourquoi ne pourrait-on pas rendre la justice communale bienfaisante, conciliante et, en cas de délit, arriver à l’amiable à concilier les parties?

L’arbitrage joue déjà un grand rôle dans certaines contestations qui surviennent entre individus. Ne fourrait-on pas faire de même pour bien des cas où les tribunaux seuls se prononcent actuellement?

Que de vexations, que d’injustices pourraient être ainsi évitées! Que de haines pourraient tomber aussi, et combien les moeurs gagneraient à la pratique d’un semblable système, remplaçant celui de la justice actuelle!

Nous nous arrêtons là.

Nous avons montré brièvement, et sans pouvoir entrer dans trop de détails, les améliorations dont nos institutions communales existantes sont susceptibles. Nous allons maintenant, dans les chapitres qui vont suivre, exposer quels sont, d’après nous, les nouveaux services publics communaux à créer pour transformer pacifiquement la Commune actuelle en Commune socialiste, en solidarisant les intérêts et en donnant à tous le plus possible de bien-être, de liberté et de justice.

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