‹ La quintessence du socialisme (volume 2)Chapitre 40 sur 135 · ATELIERS MUNICIPAUX BAZARS COMMUNAUX · texte numérisé non relu

ATELIERS MUNICIPAUX BAZARS COMMUNAUX

La transformation de la grande industrie en services publics doit plutôt être le fait de l’Etat que des Communes, car la grande industrie est d’intérêt général, elle fonctionne pour les habitants de toutes les parties du pays, comme les chemins de fer, par exemple, tandis que les tramways sont surtout d’intérêt communal

Il est cependant certaines petites industries locales, ou plutôt

mises en œuvre pour satisfaire aux besoins locaux, qu’il serait fort difficile et peu pratique de faire exploiter par la collectivité- Etat. De préférence donc, ces petites industries devraient être exploitées par les Communes.

Le principe admis aujourd’hui, c’est que les travaux que les Communes font exécuter le sont par des particuliers, soit par suite d’une adjudication publique, soit cédés de la main à la main.

A Bruxelles, pour l’entretien des monuments, des écoles, des maisons appartenant à la ville, de la voie publique, etc., on emploie une petite armée d’ouvriers de toutes catégories.

Naturellement, les entrepreneurs des travaux de la ville gagnent assez bien d’argent, ces travaux étant généralement très recherchés.

Pourquoi une Commune socialiste aurait-elle recours à des intermédiaires, dont le seul but est de gagner le plus d’argent possible tout en payant fort mal leur personnel ?

Les grandes villes et communes pourraient donc avoir des ateliers pour les principaux métiers, afin d’v faire exécuter les travaux qui maintenant sont donnés à des particuliers.

Là où ces travaux ne sont pas considérables, mais où ils le deviendront forcément par la suite, la Commune pourrait traiter avec les syndicats ouvriers, aidant ceux-ci à faire leur éducation économique et organisatrice, et préparant, encourageant ainsi la classe ouvrière, aujourd'hui salariée, à obtenir un état meilleur, une indépendance plus grande.

La ville de Bruxelles et d’autres villes encore dépensent, chaque année, des milliers de francs pour les imprimés nécessaires à leur service. Aujourd’hui, ces travaux d’impression sont exécutés par un imprimeur particulier, alors qn’il serait plus facile et plus économique de voir la ville exécuter elle-même ses impressions de toutes sortes. A Paris, le Journal officiel est fait depuis plusieurs années dans ces conditions ou à peu près, et le bénéfice qui en est résulté pour l’Etat a été relativement considérable.

Au surplus, si une Commune ou une ville n’est pas assez forte pour avoir un atelier à elle, rien ne l’empêcherait de s’entendre avec ses voisines et de monter un atelier commun. Mais il est certain que, dans la voie socialiste, les Communes deviendront de plus en plus fortes, se développeront et auront chaque jour une

action plus considérable, puisqu’elles auront la charge d’intérêts qui, aujourd’hui, sont laissés aux soins des particuliers.

Pour aider la classe ouvrière à sortir du régime actuel du salariat, il est donc nécessaire — et possible — sans brusquer les choses, de remplacer peu à peu le système industriel et commercial actuel par sa transformation en services publics.

Le développement des ateliers communaux fabriquant les choses nécessaires aux besoins locaux, aura pour conséquence la création de bazars communaux dans lesquels se fera la vente des objets fabriqués. De cette façon, les produits seront mis directement à la disposition des consommateurs, sans autre prélèvement qu’une somme minime qui sera nécessaire pour couvrir les frais généraux qui seront toujours peu élevés.

Il est certain que la création d’ateliers de production et la vente en grand des produits pourraient se faire par des sociétés coopératives.

Mais la tâche des pouvoirs publics est d’aider à cette transformation sociale, comme ils ont aidé la bourgeoisie à s’organiser industriellement et commercialement depuis un siècle.

Toutes les grandes entreprises industrielles n’ont-elles pas été favorisées par l’Etat et les Communes ? Qu’est-ce, sinon de la protection, de l’encouragement, que cette garantie d’un minimum d’intéiêt aux capitaux qu’accordent si souvent les pouvoirs publics à des entreprises particulières? Et la législation, depuis un siècle, n’a-t-elle pas été constamment favorable aux intérêts capitalistes, bourgeois? Les lois sur les sociétés ont permis do créer de vastes exploitations financières, véritable féodalité, plus terrible pour les pauvres que celle d’avant 1789.

Et lorsque des ouvriers se mettent en grève, l’Etat bourgeois n’intervient-il pas encore pour favoriser, défendre les exploitants et ce avec l’argent de tous ? On n’ignore pas que l’envoi de troupes sur le théâtre d’une grève coûte cher et que les capitalistes ne paient rien pour cela. Il y a d’abord les frais de transport, puis la solde de un franc par jour accordée à chaque soldat.

Eh bien, quand les socialistes seront les maîtres dans l’Etat et

dan< les Communes importantes, ils devront, pour faire sortit la classe ouvrière de sa situation présente et 1 élever ; cesse faire ce que l'Etat bourgeoise! la (immune actuelle ont iait pout la cla.-se émancipée en droit en 1789 et en fait depuis. ( ... ,

Bien n’est plus légitime et plus louable que de travaille! à rendre les hommes heureux. Rien n’est plus prudent aussi si 1 on veut éviter des catastrophes sanglantes, des bouleversements violents.

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