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CHAPITRE VIII

Revenus et emploi des revenus pour l’accumu lation des fortunes et la consommation. — Propriété individuelle et droit d’héritage. — Le mariage et la vie de famille. — Systèmes d’épargnes et d’assurances. — Dépenses pour la bienfaisance, l’humanité, la religion et autres institutions moi aies.

Nous avons trouvé jusqu’ici que relativement à la production, le mouvement industriel (Umsetzung) et la détermination des valeurs des richesses, le principe socialiste ne garde rien de ce qui appartient en substance et comme conséquence au principe de la production privée.

Le louage privé des services (salariat), le capital privé de la spéculation (individuel ou d’associations industrielles), la concurrence, le marché et la Bourse, le prix et les cours du marché, le commerce avec tout son système d’annonces et de réclames ,1e luxe d’étalage, l’emploi du nu-

méraire métallique, le crédit, les loyers, les fermages et toutes les formes actuelles des revenus privés (salaire, gain, intérêt, rente foncière), le revenu public dépendant des revenus privés (c’est-à-dire le système d’impôt actuel), en un mot tout ce qui constitue les traits principaux et caractéristiques de l’économie moderne ne saurait coexister, en dernière analyse, avec le principe « social « de la production et du mouvement industriel, et tous ces phénomènes économiques, énoncés plus haut, rentreraient dans la série des catégories historiques passées.

C’est tout un nouveau monde qui se révèle, un nouveau monde dont il est presque impossible de se faire une idée juste, quand on aborde pour la première fois les théories en question.

La grande production collective basée sur la division du travail serait la seule chose qui, comme fruit mûr du capitalisme développé, pâsserait au contraire de l’État bourgeois à l’État socialiste et arriverait même à une application plus générale.

Nous devons maintenant aborder les catégories économiques de la distribution et de la consommation des richesses, des revenus et de V emploi des revenus , pour nous demander quelle forme éventuelle prendrait le revenu dans l’État

socialiste et comment il serait employé à la con’ sommation et à la formation de la propriété privée.

Il faut se rappeler au préalable que tou^ revenu 'privé en général, et abstraction faite des dons et des libres destinations, serait revenu de travail sans distinction.

La répartition des produits se ferait en liquidant des bons de travail dans les magasins publics de livraisons. L’antithèse (Gegensatz) du profit et du salaire appartiendrait désormais aux catégories historiques radicalement vaincues (Marx).

Il est également évident que, la collectivité ne tirant plus son revenu du revenu privé des citoyens, le système d’impôt actuel ne serait plus applicable.

Ce que la collectivité aurait reconnu comme totalité des besoins publics serait directement prélevé dans les entrepôts publics et employé à la solde des fonctionnaires publics, mode d’application facile, la collectivité étant la détentrice de l’approvisionnement social.

Il est singulier que cette rigoureuse conséquence, dont l’imposante simplicité abolit le système actuel des impôts, n’ait pas été déduite,

ou du moins ne pas encore examinée en détail par les socialistes (1).

Il est tout à fait évident que le système d’impôt qui fait dériver le revenu de l’État des revenus privés n’est propre qu’au régime de production individualiste ; dans l’État socialiste, même l’impôt unique sur le revenu serait une procession avec l’église autour du village.

Comment donc, dans l’État socialiste, serait réglé remploi possible des revenus privés ?

Quatre genres d’emplois volontaires des revenus sont possibles :

Consommation personnelle .

Épargne personnelle (accumulation directe des richesses).

Transmission retropayable à autrui (accumulation indirecte des richesses).

Enfin donation aux tiers.

(1) Que cette conséquence n’ait pas été examinée en détail c’est possible ; mais elle a été certainement déduite au moins par les socialistes français qui ont soin chaqu e fois qu’ils disent : A chacun V équivalent dît produit de son travail y d’ajouter : les charges sociales étant rem. plies y c’est-à-dire la somme de richesse nécessaire aux services publics étant d’abord prélevée. (Note du traducteur.)

Nous examinerons brièvement et d’une manière toute générale ces quatre cas dans leurs rapports avec les conséquences du principe socialiste.

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