ACTE PREMIER
homme sensé, à qui on n'en fait pas accroire, et il va donner une leçon à ceux qui viennent me calomnier auprès de lui. N'est-ce pas?
ROUGET, avec effort.
Oui. Voilà... mon bon... mon bon Max... Veux-tu habiter avec nous?
MAX
Moi?
FLORE
Là-haut. Il y a une grande pièce où vous serez mieux qu'à l'auberge.
MAX
Oh! je n'en doute pas.
FLORE
Vous nous rendrez service. Nous mourons de peur dans cette maison, n'est-ce pas, Védie?
VÉDIE
Oh I oui, madame.
MAX
Enfin si ça peut vous faire plaisir, j'accepte.
FLORE, à Rouget.
Et maintenant, il faut balancer votre sœur.
ROUGET
C'est que... je l'ai... invitée à déjeuner.
FLORE
Vous la feriez asseoir à mes côtés après qu'elle a déoité des horreurs sur mon compte?
Mais...
FLORE
Qu'elle mette les pieds ici, je pars.
ROUGET
Non! non! Mais alors, comment...
FLORE
Envoyez-lui un mot chez madame Hochon. Dites que vous êtes indisposé.
ROUGET
Et j'ai promis à mon neveu... les tableaux qui sont au grenier... les tableaux sans les cadres.
VÉDIE
Mais monsieur^ votre neveu prétend que ça vaut de l'argent ces machins-là.
MAX
De l'argent?
VÉDIE
Cent mille francs.
FLORE
Allons donc!
Madame, il dansait devant ces vieilles toiles couvertes de poussière comme ce roi de l'Ecriture, qu'était fou, et il jurait comme un païen. Et il parlait tout le temps d'un nommé Rem... rem... Rempart.
MAX
Rembrandt?
VÉDIE
Oui, monsieur, c'est ça, tout justement !
MAX
Des Rembrandt!... Sacrédiél II ne faut pas les lui donner !
ROUGET
Puisque je garde les cadres.