ACTE PREMIER
VÉDIE
Il ne fait rien sans la consulter. Vous le savez bien.
BORNIGHE.
Non.
Jamais vous ne trouverez monsieur seul. Madame était présente quand il vous a avancé la somme.
BORNIGHE.
Même qu'elle m'a obligé à donner du huit pour cent; M. Rouget m'aurait prêté à un taux raisonnable, à sept et demi.
VÉDIE
Madame prend les intérêts de not' maître. Au fond elle n'est pas méchante. Voulez-vous que je lui dise...? Si elle apprend que vous avez vu M. Rouget en cachette, elle sera vexée ! Il vaut mieux vous adresser à elle. Je vais lui dire que vous êtes là.
BORNIGHE.
Hé ! si vous croyez !
VÉDIE} va ouvrir la porte qui donne sur la chambre de
Flore.
Madame 1 madame !
FLORE
Eh bien?
VÉDIE
Le père Borniche est là.
FLORE
Qu'est-ce qu'il veut ?
VÉDIE
Il vient pour le billet, son billet.
FLORE
Qu'il repasse le jour de réchéance, le deux décembre.
VÉDIE
Mais... c'est que justement... madame...
FLORE
Quoi?... Il ne pourra pas payer? Eh bien, on le fera saisir. Je vous apprendrai à remuer votre langue comme une pie grièche.
BORNICHE
Mais...
FLORE
Ferme la porte, Védie.
VÉDIE
Madame !...
FLORE
Ferme la porte.
VÉDIE, elle ferme la porte et redescend.
Qu'est-ce que je avez dit?
BORNIGHE.
Ah! bon sang de bon sang, je 1' sais ben maintenant qui a fait le coup, je V sais ben.
VÉDIE
Qu'est-ce que vous avez dit sur madame?
Perdre un pauv* bonhomme comme moi, le jeter dans la misère, pour une méchante rabouilleuse !
VÉDIE
Ah! taisez-vous, père Borniche.
BORNICHE
Oui, une rabouilleuse! Je la connais ben, moi; je