‹ La rabouilleuse; piece en quatres actes (d'apres Balzac)Chapitre 4 sur 88 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

VÉDIE

Il ne fait rien sans la consulter. Vous le savez bien.

BORNIGHE.

Non.

Jamais vous ne trouverez monsieur seul. Madame était présente quand il vous a avancé la somme.

BORNIGHE.

Même qu'elle m'a obligé à donner du huit pour cent; M. Rouget m'aurait prêté à un taux raisonnable, à sept et demi.

VÉDIE

Madame prend les intérêts de not' maître. Au fond elle n'est pas méchante. Voulez-vous que je lui dise...? Si elle apprend que vous avez vu M. Rouget en cachette, elle sera vexée ! Il vaut mieux vous adresser à elle. Je vais lui dire que vous êtes là.

BORNIGHE.

Hé ! si vous croyez !

VÉDIE} va ouvrir la porte qui donne sur la chambre de

Flore.

Madame 1 madame !

FLORE

Eh bien?

VÉDIE

Le père Borniche est là.

FLORE

Qu'est-ce qu'il veut ?

VÉDIE

Il vient pour le billet, son billet.

FLORE

Qu'il repasse le jour de réchéance, le deux décembre.

VÉDIE

Mais... c'est que justement... madame...

FLORE

Quoi?... Il ne pourra pas payer? Eh bien, on le fera saisir. Je vous apprendrai à remuer votre langue comme une pie grièche.

BORNICHE

Mais...

FLORE

Ferme la porte, Védie.

VÉDIE

Madame !...

FLORE

Ferme la porte.

VÉDIE, elle ferme la porte et redescend.

Qu'est-ce que je avez dit?

BORNIGHE.

Ah! bon sang de bon sang, je 1' sais ben maintenant qui a fait le coup, je V sais ben.

VÉDIE

Qu'est-ce que vous avez dit sur madame?

Perdre un pauv* bonhomme comme moi, le jeter dans la misère, pour une méchante rabouilleuse !

VÉDIE

Ah! taisez-vous, père Borniche.

BORNICHE

Oui, une rabouilleuse! Je la connais ben, moi; je

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