ACTE PREMIER
VÉDIE, ouvrant la porte.
Madame, voilà M. le commandant Gilet.
FLORE
Ah ! jô viens, je viens.
MAX, à Védie.
Où est M. Rouget?
VÉDIE
Là-haut, chez lui.
Entre Flore.
FLORE, entrant.
Bonjour, commandant.
MAX
Bonjour, mademoiselle.
FLORE, à Védie.
Védie, monte à monsieur son déjeuner.
VÉDIB.
Bien, madame.
védie entre dans la salle à manger, Max et Flore restés seuls» s'étreignent.
FLORE
Bonjour, mon Max!
MaX.
Bonjour, ma Flore.
FLORE
Qu'as-tu fait, cette nuit?
MAX
J'ai dormi comme un loir, sans rêves.
FLORE
C'est vrai? Tu n'es pas allé chez quelque femme?
MAX
Non, petite bête.
FLORE, sur les genoux de Max.
D'abord si tu me trompais, je t'arracherais les yeux. Ça m'ennuie de te savoir logé à l'autre bout de la ville.
MAX
Et dans une sale auberge de maquignons braillards, de rouliers.
FLORE
Ah ! s'il m'était permis de te garder auprès de moi, tout prés et toujours.
MAX
Obtiens du vieux qu'il me donne une chambre au second.
FLORE
Il aurait des soupçons si je lui faisais une pareille demande.
MAX
Oh ! quand je suis revenu au pays il y a cinq ans, il m'a dit : « Mon petit Max, mon père était ton parrain ; ma maison est la tienne, viens-y quand tu voudras. »
FLORE
Oui, mais depuis... En ce moment il flaire quelque chose... Je t'assure... Tu n'as donc pas fait de farces avec les camarades cette nuit?
MAX
Non, mais précisément, je rumine le plan d'un bon tour à jouer au père Borniche qui se permet de jaser sur notre compte. Il me paiera ça. Et ce sera une excellente farce, une farce capable de le rendre fou. Une nuit nous démonterons sa charrette, nous la his-