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tion) constatée à ce concours, fut 18 kg. 700, production qui, si on la rapporte à 100 kg. de poids vif, donne 3 kg. 816. Rappelons que la production par 100 kg. de poids vif fut de 4 kg. 27 de lait pour la meilleure bête du concours d'Epinal de 1925, une Montbéliarde de petit format ne pesant que 503 kg. et que le maximum pour les vaches de la race tâchetée au Concours de Nancy en 1927 fut de 3 kg. 64 aux 100 kg. de poids vif (12).
Quoique ces résultats obtenus sur des animaux de choix préparés aux fins d’un concours laitier, ne permettent pas de formuler une appréciation suffisamment motivée sur la valeur laitière, la documentation que nous avons étant pour cela insuffisante, l’aptitude laitière de la vache vosgienne semble d’autant plus grande qu’on ne lui donne que très rarement des fourrages concentrés ou des trèfles, ou autres
légumineuses.
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À une production remarquable de lait, les bonnes vaches vosgiennes peuvent joindre des qualités beurrières exceptionnelles; elles leur permettent de porter à Ikg. la production journalière de beurre. Non sans raison les propriétaires vantent la richesse du laït en crême; qui, d’après les dires des connaisseurs, doit atteindre le maximum chez les vaches ayant les yeux les plus foncés; ils disent qu'il faut en moyenne de 20 à 24 litres de lait pour en obtenir 1 kg. de beurre et 7 kg de lait pour fabriquer un kg. de fromage gras. Ces fromages d’Alsace dits de «Munster» d’après la ville qui est son centre de production, située dans la riche et plantureuse vallée du même nom, ont une réputation mondiale et sont connus à Paris sous la dénomination de «Géromé» ou «Gérardmer».
La teneur en matières grasses du lait des vaches vosgiennes a été calculée plusieurs fois à 3.4 pour cent par des experts judiciaires.
Lors du Concours beurrier, tenu à Colmar en 1929, la richesse du lait en matière grasse fut élevée. Quatorze bêtes sur 24 donnèrent un lait ayant pour les 2 jours que le Concours a duré, une teneur moyenne de plus de 40 gr. de matières grasses par kg. de lait, La plus faible moyenne constatée fut 34 gr. 9, la plus haute 60 gr. 9. Ce dernier chiffre moyen ne fut dépassé qu’une seule fois aux Concours laitiers de la Région de l'Est; et il est curieux qu’il le fut par une vache de race vosgienne qui, au Concours d’Epinal, donna pour les 2 journées un lait d’une teneur de 69 gr. 4 de matières grasses par kg.
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Voici les moyennes générales de production laitière et beurrière constatée pour la première et la seconde journée du Concours tenu à Colmar (8).
1ère journée | 2e journée Production moyenne de lait . . . . . . . | 9Kgs. 341 | 9 Kgs. 850 Production moyenne de matières grasses . , |O » 43210 » 403 Production moyenne de beurre : . . ,-, : O0 » 51010 >» 441
Nombre de Kgs. de lait pour 1 Kg. de beurre. |18 » 5 122 » 3
CES CHIFFRES DÉMONTRENT D'UNE MANIÈRE ÊCLA- TANTE LES GRANDES FACULTÉS LAITIÈRES ET BEURRIÈRES DE LA RACE VOSGIENNE QUI, POUR ÊTRE PROPRES A UNE RACE PETITE ET PRIMITIVE, ENCOURAGENT A LA PERFEC- TIONNER ENCORE PLUS. LES CONCOURS LAITIERS ET BEUR- RIERS ORGANISÉS EN VUE DE LA DÉMONSTRATION DE CES EXCELLENTES QUALITÉS PRODUCTIVES FOURNISSENT LA PREUVE QU'AVEC DES EFFORTS INTELLIGENTS ET PERSÉVÉ- RANTS, CETTE AMÉLIORATION EST POSSIBLE, ET QUE CHEZ BEAUCOUP DE SUJETS ELLE A RÉUSSI À TEL POINT, QU'IL N’EST PAS DÉMESURÉ DE DIRE QUE, PAR CES DEUX QUALITÉS, LA RACE VOSCIENNE ÉGALE ET DÉPASSE TOUTES LES AUTRES RACES DE LA RÉGION.
Pour terminer ce chapitre citons comme nouvelle preuve de ce que nous venons de dire que, lors du dernier Concours laitier et beurrier, tenu à l’occasion du 2e Concours spécial de la race vosgienne en 1931 à St. Dié, le championnat laitier a été remporté par une vache de Fellering (Haut-Rhin), qui a donné en 48 heures 31 kgs 900 de lait d’une richesse moyenne de 42 gr. 6 de matières grasses par kg, alors que la championne beurrière provenant de Saulcy-sur-Meurthe (Vosges), a donné dans le même temps 28 kgs 050 d’un lait contenant 47 gr. 9 de matières grasses (16) .
5) Production de viande de la race vosgienne,
En général les bovins vosgiens n’ont pas la conformation pour faire de grands producteurs de viande. Leur format réduit présente bien
la finesse des extrémités, mais il lui manque les formés classiques de l'animal de boucherie qui, selon l’expression de M. P. Dechambre ( aboutissent à un ensemble harmonique dans lequel dominent l’ampleur et le développement du corps. À la rigueur le train antérieur (poitrine souvent épaisse entre les deux palerons, épaule musclée, pas détachée du corps) pourrait satisfaire aux exigences faites à une assez bonne bête de boucherie, mais le train postérieur de la plupart des animaux vosgiens (exception faite pour la majeure partie de la vallée de Munster) ne possède rien de cette ampleur arrondie dans la musculature (du dos, de la croupe, de la fesse) recherchée pour faire une bonne bête de boucherie.
Les boeufs de travail qui atteignent un plus grand poids que les vaches et les taureaux, fournissent avec les vaches réformées le contingent principal des animaux envoyés à la boucherie. Ces boeufs qui dans la plupart des cas ont été utilisés jusqu’à l’âge de 8 à 9 ans à des travaux pénibles, et ces vaches qui ont fourni de multiples lactations, ne se prêtent plus à un engraissement fin et avantageux, parce que les muscles ne sont que difficilement envahis par la graisse, À cet âge, la viande d’un animal même engraissé à point peut être bien couverte et même persillée, mais la chair restera toujours plus ou moins dure et ne fera que de la viande de qualité secondaire.
Mieux vaudrait envoyer à la boucherie les boeufs préparés à ces fins, âgés de 5 ou 6 ans au plus, ayant achevé depuis peu de temps la période de croissance. Ces animaux se prêtent mieux à la préparation pour la boucherie et fournissent un rendement plus rationnel. Aussi sont-ils recherchés par les bouchers qui savent très bien, que leur chair musculaire est plus colorée et que les consommateurs apprécient mieux leur viande plus tendre et plus savoureuse.
Souvent aussi ils sont vendus à l’état maigre au commerce qui les revend alors à des amateurs dans la plaine, où, tout en faisant encore un service modéré, ils sont engraissés avec les produits récoltés sur leurs champs — (fourrages, grains, racines, tubercules) associés à des résidus industriels (sous-produits de brasserie, de sucrerie, de distillerie, etc). Dans tous ces cas où l’engraissement ne pourrait être fait sur place, ce procédé, à notre avis, est de beaucoup plus rationnel pour les deux partis: pour l’éleveur qui souvent ne peut les nourrir qu'avec les maigres produits de ses champs ou sur les herbages de qualité plus ou moins inférieure et qui devrait acheter par conséquent les fourrages
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cencentrés nécessaires à leur engraissement, les animaux fournissent quand même avec une petite ration supplémentaire un lait savoureux et riche en matières nutritives et un travail rude fait dans un terrain accidenté avec une rare endurance qu'aucune autre race ne possède au même degré, et pour l’engraisseur qui les achète alors à prix réduit, et ce trouvera encore largement dédommagé de ses frais et ses peines, pour-
«u que la réforme ne soit pas trop tardive et la bête pas complètement épuisée.
6) Aptitudes au trait.
En Alsace l’attelage des vaches est tout aussi usité que lattelage des boeufs, Moins lourde que ces derniers, la vache est plus agile et avance plus vite. Quand son travail est modéré, son rendement en lait procure une précieuse ressource au petit cultivateur surtout dans notre province, où 200.000 familles se partagent un domaine qui ne dépasse pas 500.000 hectares.
Le tiers environ de l’Alsace est couvert de magnifiques forêts dont l'exploitation par des chemins rocheux et humides exige des boeufs forts et vigoureux, tandis que son riche vignoble qui s’étend tout au long
du versant oriental des Vosges, et dans lequel les travaux s’exécutent principalement à bras, recherche la vache à la fois, laitière et bonne au travail.
Conformément à la configuration et aux produits du sol, nous voyons la partie boisée et le plus souvent montueuse, réclamer un bétail, dont la charpente osseuse soit solide et capable de résister à des travaux rudes et souvent dangereux. Quiconque a vu les boeufs vosgiens attelés à des voitures lourdement chargées de bois de bûche, de troncs d’arbres, ou de moellons qu’ils ont traînées à pas lent, mais ferme par les chemins les plus escarpés, percés à travers la forêt presque toujours creusés de profondes ornières ou descendant souvent en serpentins vertigineux, a pu se rendre compte de l’énergique vigueur et de l’endurance incomparable de ces bêtes.
Dans les régions de petite culture de nos montagnes le boeuf vosgien exécute à côté de ces travaux pénibles en forêts, les travaux de culture souvent difficiles, attelé seul au joug simple, ou ensemble avec un taureau ou une vache au double joug, ou encore sous le même
joug ( ce qui du reste est une cruauté coupable contre les animaux),
Avec sa tête courte, son front large, ses cornes symétriques et grosses à la base, son encolure courte, ses épaules musclées, son poitrail large, sa poitrine descendue, ses membres secs aux articulations larges, aux paturons solides et à la corne des onglons dure comme la roche qu'il piétine, le bovin vosgien, et surtout le boeuf, à la bonne conformation jour faire une bête de trait par excellence. IL EST APPRÉCIÉ DANS SON PAYS D'ORIGINE ET RECHERCHÉ DANS LA PLAINE POUR SA GRANDE FORCE MUSCULAIRE, SA DEXTÉRITÉ D’ENLEVER DE LOURDES CHARGES SUR DES CHEMINS ROCAILLEUX ET RABOTEUX, SA RUSTICITÉ NATURELLE, SON ÉNERGIE TENACE ET ENDURANTE, SES BESOINS SOBRES EN NOURRITURE ET LA FACILITÉ DE SON ENTRETIEN.
7)Considérations sur la taille et le poids de la race vosgienne.
La taille et le poids des animaux de la race vosgienne varient selon les conditions naturelles et les méthodes d’entretien et d’exploitation des différentes régions d’élevage qui sont les causes des variations locales et typiques de la race. Alors que dans la vallée de la Bruche, beaucoup de vaches adultes mesurent à peine 1 m 20 au garrot (la moyenne est de 1 m 22) et pèsent tout au plus 350 kgs.; les vaches du Val de Villé donnent en moyenne /l m 25 au garrot et pèsent environ 400 kgs. et au-delà, Dans la vallée de la Fecht les vaches atteignent en moyenne 1 m 26 à 1 m 28 au garrot et pèsent 450 et 500 kgs. de poids vif. Quani à la taille des taureaux adultes, il n’y a peu de différence à constater en comparaison avec celle des vaches. Tout en présentant les mêmes variations suivant les régions d’élevage, leur format cependant est plus massif et le poids plus lourd que celui des vaches.
Au concours de Colmar on a pu voir des taureaux vosgiens de choix, amenés de toutes les parties de leur aire zootechnique, qui pesaient 500 à 600 kgs. de poids vif. Ce poids est généralement atteint par la plupart de nos taureaux communaux adultes, reconnus aptes à la reproduction par les Commissions qui les passent en revue une fois par an.
Dans le premier tableau (10) qui va suivre, j’ai reproduit la moyenne des mensurations exécutées avant la guerre (de 1899 à 1914) par les jurys lors des concours officels dans les principales régions de la race vosgienne. A titre comparatif j’ai inscrit au 2e tableau les résultats de mensurations obtenus lors des Concours officiels, tenus dans les mêmes régions, mais dans la période d’après-guerre (de 1926 à 1931)
Er ARR ae
LA COMPARAISON DE CES CHIFFRES OBTENUS GRACE AU SERVICE ZOOMETRIQUE OBLIGATOIRE LORS DES CONW- COURS OFFICIELS DE BÊTES BOVINES, MONTRE TRÈS NETTE- MENT QUE LE DÉVELOPPEMENT GÊNÉRAL DES ANIMAUX À ANGMENTÉ DANS LES DERNIERS TRENTE ANS £ÆT CELA EN FAVEUR D'UNE AMÉLIORATION DES CARACTÈRES MORPHO- LOGIQUES DE LA RACE VOSGIENNE,
ler Tableau
Vallée de la Bruche Val de Villé Vallée de Munster
Mesurations effectuées |, ” avant la guerre [#£2/25./2508cele8eltsel#seltse (de 1899 à 1914) Doplosolzs ol pelsosl cel ee see SENS aElSESls Es age SERIE" és NE 62/7 almsels ol? ,æolw os, a le 2 Gel © co 1 + A co | Lo 2 & & 20 o N cn Re AE z BR A SN 10 en 1) Taille au garrot . . | 123.9| 123.2] 120.2 | 130.4] 126.4) 122.3| 127.4] 126.- 2) Taille au dos. . . . | 123.9 | 122.8| 120.9 | 129.4] 125.4] 121.2] 126.2 | 125.4 3) Taille à la croupe. . | 126.5 | 126.- | 123.2] 132.2] 128.4] 125.9] 131.4] 129.3 4) Taille à la naissance de la queue . , . . | 127.8 | 128.6 | 125.8] 134.7 | 131.9) 128.8 | 133.2 | 131.6
5) Profondeur de poitrine 65.4| 63.6| 58.-| 67.6| 65.1| 60.8] 67.2| 65.- 6) Largeur de poitrine . 46.2| 48.8| 41.-| 48.-| 458| 41.8| 47.2] 45.3
7) Largeur entre les articulations de la hanche 43.8| 41.6| 39.5] 46.3| 4491) 41.91 48.-| 46.2
8) Longueur de la pointe de l’épaule à la pointe de la fesse =. . . ,. | 146.5] 145.-| 128.3 | 151.5| 152.9| 140.8] 141.4 | 141.7
67 génisses
âge moyen mois 25.3
2e Tableau
Vallée de la Bruche
Val de Villé
Vallée de Munster
8 F. 8 fe 2 8 |8 2 $ ù d 20 j n | D bn à D'ou dogbestosées dos heroes lb Mesurations effectuées |, £ la SE S£ln SES Sel, SElxSESSEl, SE Le] de 1926—1931 S S=18 5015 Bols Do|8 En Bas Pn|8 8e] os Fe RE ÉD EE IEEE LCIÉERIERCIERE 627680583687 52)m82l5 52/52 lwse æ | de eme) nr 1) Taille au garrot 122.8 | 122.7 | 120.3] 127.1 | 125.3 | 120.6 | 126.1 | 126.7 | 123 - 2) Taille au dos. 122.2 | 122.1 | 119.6] 125.8 | 125.5 | 120.31 125.6 | 127.1 | 123.1 3) Taille à la coupe 125,5| 125.3 | 122.6 | 129.2 | 128.6 | 1245] 129 3| 130.4] 127.- 4) Taille à la naissance de la queue + | 129.3| 126.2) 125.6] 131.2 | 134.4 | 126.6 | 129.6| 132.4, 129.- 5) Profondeur de poitrine 65.3| 65.41 58.3| 62.-| 62.1| 57.1| 61.4| 65.4| 61.2 6) Largeur de poitrine 44.6| 43,8| 42,3] 41.9|] 40.6] 38.3| 45.7| 48.8| 42.6 7) Largeur entre les articulations de la hanche 44,38| 445] 406| 42.-| 40.7| 385| 47.-| 48.6| 44. 8) Longueur de la pointe de l'épaule à la pointe de la fesse + | 140.-| 149.9] 132.- :
8) Homogénéité de la race vosgienne.
Ainsi que j'en ai déjà fait mention en traitant de son origine, la race Vosgienne est un ensemble d'individus semblables ayant des caractères communs typiques. Elle se compose de variétés qui se sont formées sous l’influence du milieu, du sol, du climat, de certaines habitudes de domestication et de stabulation.
LA RACE VOSGIENNE EST DONC UNE «RACE DE NATURE» (SETTEGAST) COMPOSÉE DE VARIÉTÉS TYPIQUES ET CON- STANTES QUI ONT TRANSMIS ET FIXÉ PAR VOIE DE GÉNÉ- RATION SEXUELLE LEURS CARACTÈRES PRIMITIVES, DE SORTE QU'ILS LUI SONT ACQUIS PAR L'HÉRÉDITÉ.
On peut bien dire de la race vosgienne, ce que P. Dechambre, dans son Traité de Zootechnie générale, écrit sur les causes de forma-