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1) CPE
vastes pâturages communaux («d’Almenden», quand l'usage en était 70 Q 2
É é à [ S ient d'une réservé à une seule commune, de «Mark» lorsqu'ils appartenaient d
manière indivise à deux ou plusieurs communes, päaturages où vont
paître encore de nos jours les troupeaux communaux des régions vos-
giennes, remonte à ces temps lointains,
Cependant l’amour réel du sol qu’il exploite n’a été donné au cultivateur que par la révolution française qui l’a rendu propriétaire du sol par le partage des grandes propriétés de la noblesse et du clergé. Toutefois le morcellement de la propriété territoriale ne fut pas toujours favorable à l'élevage des animaux, car le cultivateur vosgien, quoique affranchi et devenu propriétaire d’une petite terre, ne pouvait
loger et nourrir qu’un nombre restreint d'animaux.
De nos jours les conditions économiques des régions vosgiennes se sont améliorées grâce à l’industrie du textile et du bois qui ont gagné les principales vallées et qui rendent plus facile la vente des produits animaux, en offrant en même temps aux familles nombreuses une source de gain appréciable. De cette façon nous trouvons à côté des fermes isolées, dispersées sur les hauteurs dénudées et dont les propriétaires, à côté de la culture de queiques champs d’une fertilité médiocre -t souvent stériles, ne font que de l'élevage (6 à 8 à 10 femelles avec un taureau), des hameaux et villages dont les habitants s'occupent en partie de l’exploitation du sol et du bétail, en partie ils travaillent à l’usine, dans les bois ou les carrières. Ainsi on peut constater que les fermiers qui exploitent quelques champs de pommes de terre et d’avoine au milieu de prés bien soignés pouvant fournir la nourriture à une dizaine de bêtes, se trouvent dans une situation assez aisée, tandis que la plupart des petits cultivateurs et ouvriers d’usine
% à ; i EU ET qui ne possèdent qu’une à trois bêtes, se trouvent dans une situation de fortune assez médiocre.
7)Conditions de l’exploiation de la race vosgienne.
Les différents facteurs dont nous avons parlé dans les chapitres précédents (les conditions géologiques, le climat, la nature et la propriété du sol, les habitudes locales et les débouchés possibles) ont déterminé le mode d’exploitation de la race vosgienne. Presque partout dans les Vosges nous trouvons (lélevage mixte» qui est «le propre des
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pays où l'hiver est rude et où les animaux, pendant la mauvaise saison, doivent demeurer dans les étables». (11).
Les vastes pâturages communaux, les «Almenden» et les «Marks» où pendant la bonne saison les troupeaux sont menés paître, se prêtent favorablement à ce genre d’exploitation par élevage mixte, qui se pratique dans toutes les vallées vosgiennes, sauf dans la vallée de Munster où sur les Hautes-Chaumes estivent les bêtes des marcaires. Leur montée
a lieu fin mai, la descente vers la mi-septembre ou à la Saint-Michel.
L’hivernage se fait dans les étables avec un régime maigre. On fait consommer le foin et le regain des prairies et pentes fauchées à la main, quelques betteraves et pommes de terre et dans quelques rares exploitations seulement on ajoute des résidus industriels ou des tourteaux oléagineux.
Les étables construites souvent en cloisonnages forment une aile de la maison d'habitation. Pour être plus chaudes elles sont à peine de la hauteur d’un homme, L’air et la lumière ne peuvent ordinairement y pénétrer que par une petite fenêtre et une seule ouverture servant de porte qui s’ouvre sur un seuil très élevé. Le plancher est fait en bois équarris, sous lesquels le purin se rassemble pour s’écouler dans une fosse. Ordinairement on y fait une litière de fanes ou de sciure de bois. Cependant dans beaucoup d’étables les animaux doivent se coucher sur le plancher nu, humide et glissant qui maintes fois n’offre pas assez de place pour que toutes les bêtes puissent se coucher en
même temps.
Parlant des procédés d’élevage en usage chez les montagnards vosgiens, Flaxland (13) écrit: les étables sont extrêmement basses et mesurent’ quelquefois à peine 1 m.65 de hauteur de manière qu’il est impossible à l’homme de s’y tenir debout; elles sont sombres et n’ont souvent pour toute ouverture que la porte d’entrée. C’est là que les vaches sont serrées les unes contre les autres et produisent dans leur logement une température si élevée que l’étranger qui n’a pas l’habitude de vivre dans une pareille atmosphère, en est épouvanté. Ce régime, à coup sûr, est contraire à l’état sanitaire des animaux, mais il ne doit pas moins, selon l’opinion des montagnards, augmenter la production de lait et disposer les bêtes à prendre de la graisse. Au point de veu des montagnards ce régime est absolument nécessaire pour améliorer, non pas la race, mais le sujet».
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Certes il faut aussi reconnaître que ces étables qui sont exposées aux grands vents et surtout aux grands froids, doivent être construites de manière à garantir les bestiaux plutôt contre les rigueurs des hivers que contre les chaleurs des étés qui, en définitive, leur sont toujours moins funestes que les saisons de neige et de glace.
Cependant si l’inactivité, la chaleur et même le manque du renouvellement de l’air sont autant de moyens qui poussent la machine animale vers cette perfection à rechercher pour la boucherie, (dont par exemple la race Durham représente le type le plus parfait) il faut toutefois reconnaître que cette perfection n’est pas favorable à la puissance organique, la santé, la vie, et la fécondité et qu’elle développe, au contraire, le système adipeux qui rapproche rapidement l’animal du terme de sa vie. Ceci n’est pas le but de l’élevage de la race vosgienne, qui poursuit la spécialisation de la production laïtière et par elle le dévelop. pement de l’industrie beurrière et fromagère par des procédés diamétralement opposés à ceux employés par les engraisseurs en reconnais- : sant à sa juste valeur la nécessité absolue d'empêcher la dégénérescence des individus par le maintien des facultés reproductrices de la race.
Il va sans dire que le séjour hivernal dans ces étables étroites et souvent mal tenues, avec une atmosphère confinée et viciée, manquant d’air libre et de lumière, serait nuisible à la santé de toute autre race n'ayant pas les remarquables qualités de résistance de la race vosgienne. Heureusement que la bonne saison et avec elle la pratique de l’alpage apporte aux animaux épuisés la vie libre au grand air qui avec l’exercice, le mouvement et la nourriture variée, exerce une influence bienfaisante sur la santé du cheptel. Grâce à leur rusticité naturelle qui le rend capable de subir admirablement la faim, le froid et toutes les privations de l’hiver ainsi que les rigueurs du climat, le bovin vosgien, par la pratique d’alpage, regagne très vite sa force et ses facultés remarquables qui lui font fournir un rendement apprécié par tous les connaisseurs de la race.
8) les conditions d'élevage.
Pendant longtemps, l'élevage du bétail vosgien a été facile et satisfaisait les besoins restreints des montagnards, Le bétail était bon et surtout abondant; élevé en liberté, faisant maigre en hiver pour repren-
dre par la belle saison, il n’était pas de forte taille mais présentait un
mn 60e.
ensemble de caractères typiques, créés et acquis par ce mode d’exploitation dans le milieu décrit plus haut.
Le peu que ce bétail donnait en lait, en beurre et en fromage était de bonne qualité et suffisant grâce au nombre des têtes.
a) des reproducteurs mâles.
Telles furent les conditions d’élevage de la race vosgienne il y a 30 à 40 ans. Il faut reconnaître qu’elles n’étaient pas trop rationnelles et économiques. Parlant de cet élevage Lydtin, en 1902 (8) a écrit qu’au cours de son voyage d'étude de la race vosgienne, il n’aurait pas vu un seul taureau âgé de deux à trois ans. Le détenteur de taureaux n’était alors à vrai dire qu’un éleveur machand: il cherchait à vendre au meilleur prix et le plus tôt possible les taureaux qu’il avait élevés ou achetés à l’état de taurillons, et qu’entre temps il s’était servi pour la saillie contre une rénumération modique. Jamais un bon taureau ne restait longtemps entre les mains du même propriétaire. Les bons sujets se vendaïent facilement, les mauvais taureaux leur restaient pour compte jusqu’au moment de la castration pour être vendu alors comme boeuf, Parce que les acheteurs avaient intérêt à n’acquérir que des jeunes sujets à cause du surcroît de valeur provenant de leur accroissement estimé alors de 20 à 40 marks, le producteur qui était devenu marchand, n’avait plus que des animaux âgés d’un an à peine qui néanmoins fournissaient à eux seuls les saillies nécessaires.
A cause de cette situation, le taurillon, dont la croissance et le développement physique avait déjà souffert par suite d’une mauvaise nourriture, passait de main en main; partout on l’employait à la saillie dès l’âge de la reproductivité pourtant précoce chez la race, Ainsi était- 1l usé dès sa seconde année; alors on l’a vendu à la boucherie, ou encore on l’a chatré à l’âge de 18 à 20 mois pour servir de boeuf de trait aux travaux les plus difficiles à un âge, où il aurait dû à peine commen cer la monte.»
Voilà bien une preuve, il est vrai, de la précocité et de la rusticité de notre race des montagnes: malgré toutes les privations et les mauvais traitements et tout surmenés qu'ils étaient, les boeufs restaient relativement vigoureux. Mais voilà aussi une faute primordiale qui a entravé pendant bien longtemps les progrès de l’élevage de la race vosgienne et dont les effets nuisibles au point de vue d’une reproduction
amélioratrice ont été reconnus depuis bien longtemps par beaucoup d’éleveurs avisés qui n’ont cessé de réclamer une réglementation de la détention des taureaux reproducteurs.
Se basant sur l’observation que chez le cheval, le boeuf et le mouton le mâle influe ordinairement plus que la femelle sur les produits des appareillements, qu’il y a donc une prépondérance paternelle ‘en matière de reproduction, de savants zootechniciens ont procédé à la réglementation des saillies, telle que nous l’avons actuellement dans les trois départements recouvrés.
Par cette réglementation en vigueur depuis 1900, l'élevage de la race bovine a été mis sur la bonne voie. La pratique des nouvelles méthodes zootechniques, ordonnées par l’administration a garanti la reproduction des caractères utiles et typiques de la race vosgienne au moins par les mâles, ce qui n’a pas manqué de créer lentement mais sûrement une sélection des qualités recherchées par tous les représentants de la race. Aussi les résultats améliorateurs ont pu être constatés de génération en génération par le fait que les Communes, en prenant en régie la détention des taureaux reproducteurs, ont imposé une sélection active des reproducteurs mâles, tenus dès lors en proportion avec l'effectif des femelles de la commune sous la surveillance constante d’une commission locale et de la Commission compétente d’arrondissement, qui les examine et les reçoit au moins une fois par an.
De cette façon chaque éleveur, moyennant une taxe de saillie minime et uniforme fixée par la Commune, a la garantie d’avoir à sa disposition des taureaux ayant toutes les bonnes qualités de la race, qu'ils transmettront par voie de reproduction aussi longtemps que possible. Donc tout taureau trop jeune, mal développé, chétif, ou épuisé, est exclu de la monte, et ne sont admis que les taureaux de pure race, présentant avec une bonne conformation, les aptitudes spécifiques jointes aux qualités typiques de la race.
VOILA L’AVANTAGE RÉEL DE CETTE RÈGLEMENT ATION (dont je parlerai en détail dans un prochain chapitre) QUI, PAR LE FAIT QU'ELLE VISE EN MÊME TEMPS LE CHOIX, L’'ENTRETIEN DES TAUREAUX REPRODUCTEURS, AINSI QUE LES SOINS À LEUR DONNER DANS LES ÉTABLES SPÉCIALEMENT AMÉNA- GÉES, CONTRIBUE PUISSAMMENT A L'ÉTAT CONSTITUTION- NEL DU MALE QUI, DEVENANT A L'ÉPOQUE DE L'ACCOUPLE. MENT PLUS FORT, D'UN AGE PLUS CONVENABLE, MIEUX