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NOURRI, MIEUX SOIGNÉ, AUGMENTE SA PRÉPONDÉRANCE PA- TERNELLE EN FAVEUR D'UNE SÉLECTION AMÉLIORATRICE DE TOUTE LA RACE.
b) des reproducteurs femelles
La situation a été a peu près la même pour les femelles, mais tandis que pour les taureaux on est arrivé à faire une sélection active, on n’a pu obtenir que très lentement une amélioration des femelles qui n’ont été touchées qu'indirectement par la réglementation de la reproduction mentionné plus haut,
Parlant des fautes faites en matière de l’élevage de la race vosgienne, Lydtin (8) écrit en 1902, que l’éleveur voulait obtenir le plus tôt possible un revenu de son bétail. Il a constaté, combien la pratique de l’emploi des reproducteurs surtout femelles était alors mauvaise et défectueuse,
Lors des premières chaleurs qui se produisent de bonne heure par suite de l’étiolement et d’un séjour prolongé dans les locaux surchauffés, les génisses à peine âgées de 10 mois sont conduites au taureau, de sorte qu’elles font leur premier veau, avant même qu'elles n’aient obtenu leurs premières pinces permanentes. L’animal doit nourrir le veau et fournir le lait à un âge, où il est loin d’avoir atteint le développement nécessaire de son propre corps.
Il n’est que trop clair que ces gestations répétées dont la 3e se termine généralement avant que la période de la dentition ait pris fin, ont exercé une influence néfaste non seulement sur le développement de la mère, qui, à l’âge de sa meilleure croissance, trop souvent a été déjà épuisée, de sorte qu’elle n’a pu mettre au monde qu’un produit petit et étiolé. C’est ce qui explique le rapetissement progressif d’une grande partie du bétail des Vosges.
AINSI QUE LES MEILLEURES GRAINES NE DONNENT POINT DE BONNES PLANTES SI ELLES SONT JETÉES SUR UNE TERRE ARIDE ET SANS CULTURE, DES FEMELLES MAL CHOI- SIES ET SURTOUT MAL NOURRIES, SE TROUVANT ENCORE EN PLEINE PÉRIODE DE CROISSANCE DE LEUR PROPRE CORPS NE PEUVENT PRODUIRE QUE DES SUJETS DÉBILES VOUÉS À LA CHÉTIVITÉ ET LA DÉGÉNÉRESCENCE DE LA RACE.
Car en matière d’élevage l’expérience a prouvé, que la mère influe sur la taille, Quoique n’ayant qu’une influence secondaire sur
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l'amélioration des races, il n’en est pas moins vrai que C’est pour avoir négligé le choix de cet élément de la reproduction, qu’on n’a rien obtenu de satisfaisant malgré l’emploi des plus beaux reproducteurs mâles.
Pour ces raisons il est sans doute inutile de faire remarquer, que le choix des bêtes femelles ne doit pas moins absorber l'attention de l’éleveur, quoiqu’elles ne transmettent qu’isolément leurs qualités comme leurs défauts à un petit nombre de veaux, tandis que le mâle les transmet au bétail entier de la Commune.
Ces fautes nombreuses commises contre l’observation des lois les plus élémentaires de la reproduction, auraient dû aboutir à faire disparaître la race des Vosges, si celle-ci n’avait pas acquis une force de conservation et une rusticité naturelle, qui l’ont rendue capable de résister contre la dégénération. C’est donc grâce à ces qualités que le type et les aptitudes de la race non seulement ont pû être maintenus, mais que, dans la période d’après-guerre, la race a pu être reconstituée et améliorée au degré où elle se trouve actuellement, par la pratique de méthodes zootechniques dont je parlerai tantôt.
c) des jeunes
Quant à l'élevage des jeunes destinés à la recrue du cheptel vosgien, beaucoup d’éleveurs ne se rendent pas exactement compte de l’erreur capitale qu’ils font en négligeant le choix des élèves, les soins qu’ils doivent mettre à leur assurer un logement sain et spacieux, une nourriture appropriée et suffisante qui garantissent en échange un éleves® rationel et lucratif.
Je ne parlerai pas de la vieille coutume déplorable de beaucoup de détenteurs d’animaux des vallées vosgiennes de consulter, par exemple, l’état de la lune au moment de la parturition, et de considérer cet état comme pronostic des aptitudes futures de l’animal nouveauné pour les guider dans le choix des veaux, destinés à vivre ou à être livrés au boucher. Je ne parlerai pas non plus des influences mystérieuses invoquées autre fois avec une conviction inébranlable par certains éleveurs superstitieux pour expliquer l’insuccès tantôt à engraisser. tantôt à donner un lait abondant — le cultivateur de nos jours ne croit plus à l’influence des constellations planétaires ni aux maléfices.
De l’autre côté c’est une pratique de reproduction mal comprise que de vouloir économiser sur les frais d'entretien et d’alimentation des jeunes pendant leur croissance, Les éleveurs doivent savoir que le développement du corps, c’est-à-dire la faculté d'augmenter en peu de
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temps, presque à vue d'oeil, le poids qu’il avait à sa naissance, a lieu surtout dans la première année. PAR CONSÉQUENT L’ALIMENT 4- TION DONNÉE AU VEAU PENDANT CETTE PÉRIODE PROFITE LE MIEUX, ET LE GAIN DE UN Kg. DE POIDS NE COUTE PAS LA MOITIÉ DU FOURRAGE QU'IL FAUDRA EMPLOYER PLUS TARD POUR OBTENIR LE MÊME RÉSULT AT.
Cependant les herbes de pâturages que le jeune bovidé broute, ne peuvent pas remplacer les fourrages concentrés. Les pâturages des montagnes sont d’une part le plus souvent mal entretenus, et les petits cultivateurs n’ont pas toujours les fonds nécessaires pour se procurer les fourrages concenrés (avoine concassée, sons, tourteaux etc.), qu’il faudrait employer immédiatement après le sevrage; en outre ils n’ont pas toujours l’occasion d’acheter dans leur voisinage les provendes nécessaires pour remplacer le lait. Cependant il est certain, que le «grand nombre des bêtes malingres d’un ou deux ans, de véritables avortons qui sont le résultat de l’affouragement insuffisant des jeunes bêtes, que Lydtin a rencontré au cours de son voyage, a fortement diminué parmi le cheptel vosgien de nos jours.
Si ce même observateur nous rapporte que «le veau déjà chétif lors de sa naissance ne tête que pendant 3 semaines à peine, que le sevrage prématuré est presque partout pratiqué en vue de tirer du laït un autre parti plus avantageux, que la ration ne se compose que de foin coupé, rarement de sons, parfois de pommes de terre, qu’en été on l’envoie sur les m?igres pâturages des montagnes, qu’en hiver on l’attache à la crèche dans le coin le plus reculé et le plus sombre de l’étable, cur un sol en pente, de sorte qu’il se déforme les articulations et les aplombs, qu’on le force enfin à prendre sa nourriture dans une mangeoire trop élevée ou même au râtelier, cause de formation des dos ense!lés, des reins mal attachés et des croupes surélevées», voilà autant de fautes commises en matière d'élevage des jeunes bêtes qui ont dû influencer défavorablement le développement du cheptel vosgien.
HEUREUSEMENT CES FAUTES FAÎTES DANS LA PRATI- QUE DE LA REPRODUCTION, ONT ÉTÉ CORRICÉES PAR L’EN- SEIGNEMENT ET LA MISE EN ACTION DE MÉTHODES D'ÉLÉ- VAGE PLUS RATIONNELLES DIRIGÉES PAR UN SERVICE ZOO- TECHNIQUE QUI, SOUCIEUX DE SAUVEGARDER LES INTÉRÊTS DES ÉLEVEURS, EST ARRIVÉ PAR VOIE DE SÉLECTION ACTI- VE ET CONTINUE DE REMETTRE EN HONNEUR CETTE EX.
ADS PTE
CELLENTE RACE INDIGÈNE DONT TOUS LES MAUVAIS TRAI- TEMENTS N'ONT PAS RÉUSSI A FAIRE DISPARAITRE LE TY- PE ET QUI, POUR PEU QU'ELLE SONT L'OBJET DE SOINS AT- TENTIFS, VAUT MIEUX QUE TOUTE AUTRE RACE PAR LAQUEL- LE ON A ESSAYÉ DE LA REMPLACER.
Les grands défauts de notre élevage d’après-guerre ont été linsuffisance du nombre des taureaux, la médiocre qualité de beaucoup de ces reproducteurs, la mauvaise habitude de les employer trop jeunes et de s’en défaire trop tôt et, d’autre part le fait de ne pas sélectionner les veaux dont on veut se servir pour l’élevage, et d’envoyer instincti-
vement les bons et les moins bons à la boucherie.
On a bientôt reconnu qu’une nourriture concentrée dès le jeune âge, les bons soins, le grand air et le mouvement, l’accouplement tardif et bien dirigé des génisses par des taureaux choisis fait donner aux animaux le maximum de leurs qualités utiles.
En outre, la réglementation légale de la production obligeant les Communes d’entretenir des taureaux reproducteurs de qualité, l’organisation de concours officiels régionaux et départementaux, la distribution de primes d’encouragement et de conservation, la création de syndicats d’élevage, groupés en associations départementales sous l’auspice de la Fédération agricole d'Alsace et de Lorraine, enfin la création du Herdbook général de la race sont autant de mesures z00techniques dans le but de la reconstitution et de l’amélioration du bé-
tail vosgien.
On a pu constater un peu partout, que par l’enseignement et la pratique de ces méthodes l’intérêt de beaucoup d’éleveurs intelligents a été réveillé: ils ont construit à leurs animaux des étables plus spacieuses, plus élevées et agencées à la manière suisse avec un parcours gazonné ou au moins une cour à côté de l’étable, où les animaux peuvent s’ébattre librement; leurs étables sont tenues proprement; les animaux sont convenablement pansés et traités avec douceur. Ils ont reconnu, surtout dans la vallée de Munster, où l’on trouve les éleveurs les plus progressistes, qu’en donnant aux veaux lors du sevrage du lait écrémé ou au moins un bon breuvage substentiel en remplacement du lait pur, on active avantageusement le développement de leurs corps dans la meilleure période de croissance au profit de leur perfectionnement constitutionnel et de leur rendement futur.