‹ La Race Bovine VosgienneChapitre 23 sur 27 · UT MON ES · texte numérisé non relu

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née 400 à 500 kgs de viande avec une main-d’oeuvre très réduite. Si par un temps sec et froid comme nous l’avons eu, par exemple, ce printemps, la pousse de l’herbe a été entravée ou que l’herbe s’est déséchée et qu’elle présente l’aspect brûlé qu’elle a en général à la fin de l'été sous l’action de petites gelées répétées, par un épandage de nitrate de soude du Chili on fera vite reprendre un aspect verdoyant à la prairie, desséchée d’apparence. L’herbe qui y pousse alors est tendre, assimilable et très nourrissante: elle convient admirablement pour l'alimentation des jeunes, l’entretien et l’engraissement des adultes, et elle augmente sensiblement la production laitière des vaches qui la paissent. Le nitratage des prairies, là où il sera faisable, est donc une opération d'intérêt.

On a observé aussi que les plantes souffrent lorsqu’elles sont constamment arrêtées dans leur croissance par le pied et la dent du bétail. Pour ce motif il est d’une grande importance de ne pas abandonner à la fois au bétail toute l'étendue du pâturage disponible, afin qu’il ne pâture et ne piétine pas constamment les mêmes places. Dans tous les pays de bonne culture on a soin de diviser le pâturage en plusieurs parties égales, que l’on sépare par des clôtures ou des fossés; la promptitude avec laquelle l’herbe repousse indique le laps de temps qu’on laissera aux pâturages avant d'y remettre du bétail. On doit éviter par dessus tout d’y mener les bestiaux par un temps humide.

Cette méthode de diviser les pâturages a l’avantage de nourrir une plus grande quantité de bétail sur un espace donné de terrain et d'empêcher le développement des mauvaises plantes, car lorsqu’on abandonne une grande étendue aux bêtes, elles vont et viennent, gâtent par le piétinement plus qu’elles ne consomment et laissent les plantes qui ne sont pas tout à fait à leur goût.

Une précaution importante pour toute espèce de pâturage c’est donc d’y mettre le nombre convenable de bétail. Si l’on surcharge un pâturage, les animaux sont mal nourris et, par conséquent, profitent peu, et la faim les faisant courir çà et là, il en résulte un piétinement nuisible du gazon. Quand, au contraire, on le charge trop peu outre qu'on n’en tire pas tout le parti possible, le bétail ne mange que les plantes qui lui conviennent le mieux et dédaigne les autres qui alors müûrissent, répandent leurs graines et finissent par envahir le terrain et par détériorer le pâturage. L'importance de cette règle

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est une nouvelle preuve de l’avantage qu'il y a de diviser les pâturages en enclos séparés.

Il est aussi peu convenable de faire pâturer simultanément d’autres animaux avec les bovins ,ainsi que cela se pratique dans plusieurs localités; les moutons surtout ne doivent jamais se trouver dans le même enclos, car on a remarqué que le gros bétail répugnait à l’herbe touchée par ceux-ci.

Il est reconnu que le bétail vosgien ne souffre que peu du vent et de la pluie; on aura tout de même soin de lui donner un abri surtout pendant la nuit, lorsque, par un vent glacial, le froid intense règne sur les pâturages exposés et sur les chaumes. On fera aussi bien d’éviter les prairies marécageuses, d’où s’élèvent pendant la nuit des brouillards malsains.

En pratiquant de cette façon l’exploitation des pâturages naturels des Vosges on améliorera les conditions de vie du bétail vosgien en lui procurant une nourriture suffisante et substantielle; en le garantissant des trop fortes chaleurs et du froid, on le mettra dans la situation la plus salutaire et la plus convenable à sa nature. On fera donc ainsi un pas en avant vers le but à atteindre: l’amélioration du cheptel vosgien.

Un autre moyen, également très important, qui doit servir en matière d'élevage rationnel d'encouragement et d’instruction publique. ce sont les primes et les concours.

Les primes doivent être en première ligne une récompense pour les éleveurs méritants: leur but est de pousser à l’émulation et d'engager ceux qui les reçoivent à persévérer dans la voie du progrès, c’est-à-dire de l’amélioration de la race vosgienne, Elles doivent aussi servir d'enseignement en ce sens, qu’elles désignent les meilleurs produits et montrent aussi bien à celui qui les reçoit, qu’à ces concurrents, la direction qu’ils doivent imprimer à leur élevage ainsi que le but à poursuivre dans le cadre même de cet élevage.

Pour mieux arriver à ce but on devrait accorder des primes aux agriculteurs qui auraient nourri des veaux mâles et femelles de la race vosgienne pendant 3 mois au moins exclusivement avec du laït de leur mère. Ces primes pourraient être distribuées en méme temps que les primes de conservation, accordées actuellement aux éleveurs de jeunes taurillons choisis ayant reçu pendant la première année avec de (bons soins une nourriture réconfortante, de sorte

qu’à l’âge d’un an, ils pourront être reçus comme taureaux reproducteurs par la commission compétente,

EN ENCOURAGEANT DE CETTE FAÇON L’'ÉLEV AGE DES JEUNES, ON FERA DE L'ENSEIGNEMENT PRATIQUE QUI ABOÙ- TIRA À LA CRÉATION D'ÉLEVAGES MODÈLES, DONT LES PRO- PRIÉTAIRES SUBVENTIONNÉS NE TARDERONT PAS A CONS- TRUIRE DES ÉTABLES MIEUX AMÉNAGÉES, À Y TENIR DES A- NIMAUX DE RACE PURE EN FAISANT AVEC UN SOIN MÉTICU- LEUX ET EN PARFAITE CONNAISSANCE DE CAUSE LA SÉLEC- TION DES ANIMAUX REPRODUCTEURS QU'ILS EMPLOYERONT ALORS A LA REPRODUCTION CONFORMÉMENT AUX REGLES DE LA ZOOTECHNIE RATIONNELLE. LES JEUNES ANIMAUX SE- RONT ALORS SÉLECTIONNÉS ET ÉLEVÉS CONVENABLEMENT, ET NE SERONT VENDUS À LA BOUCHHRIE QUE LES VEAUX INAPTES A L'ÉLEV AGE.

Le propriétaire qui voudrait se charger de la création d’une pareille station d’élevage modèle subventionnée par l’administration compétente pourrait être en même temps le détenteur des taureaux reproducteurs d’une localité, fonctions pour lesquelles il serait indemnisé par la commune en proportion à ses frais et ses peines et qui pourront en outre donner lieu à l’attribution de la prime accordée actuellement à titre d'encouragement aux bonnes détentions des taure:uv reproducteurs de la Race vosgienne.

LA CRÉATION DE PAREILLES STATIONS D'ÉLEV AGE ET DE VACHERIES MODÈLES NE TARDERA PAS DE FORMER UN NOYAU D'OU PARTIRA L’'AMÉLIORATION DES AUTRES VA- CHERIES.

Il s'agirait donc de trouver quelques éleveurs aisés et de bonne volonté, de s’entendre avec eux relativement aux conditions de création d’une vacherie modèle et de passer avec eux un contrat d’une durée de 6 ans au moins, de même qu’on le fait actuellement partout pour la détention des taureaux reproducteurs.

Si les primes sont là, comme nous l’avons dit en-haut, pour indiquer la direction à donner à l’élevage dans une région déterminée, les concours doivent mettre en évidence les résultats obtenus dans l’amélioration de la race et récompenser ceux qui, par la présentation d'exemple vivants, ont poursuivi ce but avec intelligence et persévérance. On tient actuellement dans le pays un nombre assez considéra-

ble de concours pour la race vosgienne, concours cantonaux et d’arrondissement, concours départementaux et régionaux, etc.…., sans comppter les concours-marchés qui se tiennent périodiquement dans certaines localités. Ces expositions accompagnées de distribution de primes sont organisées pour stimuler chez les éleveurs l’esprit de suite dans l'élevage.

Elles sont en même temps une manifestation intéressante de l’activité rurale en matière d'élevage de la race vosgienne, et par la démonstration de spécimens choisis, elles enseignent aux intéressés d’une façon pratique les résultats obtenus par la sélection et l’application de procédés zootechniques judicieusement étudiés en vue de l’améliora-. tion de la race.

Il va sans dire que les jurys, choisis parmi les connaisseurs et protecteurs éclairés de la race, doivent prodiguer leurs conseils et leurs leçons pendant l’exécution de leurs fonctions. 1! n’est que JUSTE QU'EN VRAIS PROMOTEURS DE L’AMÉLIORATION DE LA RA- CE ILS NE TIENNENT PAS COMPTE EXCLUSIVEMENT DES FOR- MES EXTÉRIEURES, CAR LA VALEUR D'UNE BÊTE NE DOIT PAS ÊTRE JUGÉE SEULEMENT D'APRÈS LES FORMES; LES JU- RYS DOIVENT AUSSI TENIR COMPTE DES INDICES DES QUA- LITÉS UTILES.

Nous ne voulons nullement nier qu’une bête, dont les formes sont bonnes, possède généralement aussi des qualités utiles poussées à un degré satisfaisant, Il ne manque toutefois pas d’exemple, que des enimaux ont été primés pour leurs belles formes et n’ont pourtant. en aucune façon, su transmettre leurs qualités à leur descendance. Placez un pareil animal — surtout si c’est un taureau — dans une commune, au bout d’une série d’années, l’élevage s’en ressentira d’une façon très sérieuse! |

En procédant de cette manière les jurys indiqueront clairement la voie à poursuivre en marche dans la spécialisation de la race vosgienne qui n’est autre chose que le perfectionnement d’une ou de plusieurs qualités ou aptitudes naturelles si nettement marquées de la race.

En profitant des leçons enseignées par ces concours, en appliquant selon les ressources disponibles aux méthodes d'élevage anciennes les modifications, que lui indiquent l’expérience et qui lui démontrent l'utilité ou plarôt la nécessité d’une réforme dans son économie

du bétail, l’éleveur intelligent, dans son intérêt privé et celui de la ri-

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chesse publique, aidera de son côté activement les efforts entrepris par les services zootechniques en vue de l’amélioration de la race vosgienne par la spécialisation de ses aptitudes.

Parmi ces dernières la production du lait en constitue une des plus importante. Dans les contrées où les populations ne sont pas denses où les débouchés éprouvent des entraves, soit par la longueur des distances, soit par des chemins peu pratiquables, la faculté laitière des vaches présente souvent l’unique ou du moins le principal avantage à retirer de l'entretien du bétail.

A L'INSTAR DES POPULATIONS DE LA SUISSE, LE JURA, etc., LES MONTAGNARDS ALSACIENS QUI OCCUPENT LE VERSANT ORIENTAL DES VOSGES, CONFECTIONNENT DES BEURRES ET DES FROMAGES DONT LA DÉLICATESSE ET LA SAVEUR LEUR EST TRANSMISE, ON LE SAIT, PAR LA QUALITÉ DES FOURRA- GES. C’EST L'APTITUDE LACTIFÈRE PAR EXCELLENCE DE LA VOSGIENNE ET PAR ELLE LA SUPÉRIORITÉ DU LAIT ET DE SES PRODUITS RENOMMÉS AUXQUELLES NOS PLAINES NE PEUVENT PAS FAIRE CONCURRENCE, QU'IL FAUT TACHER DE PERFECTIONNER MÉTHODIQUEMENT EN VUE D’UNE EX- PLOITATION PLUS AVANTAGEUSE.

I y aurait donc lie: de tenir compte en première ligne de cette qualité primordiale, Dans les concours d’animaux vosgiens on ne devrait pas se borner à examiner les signes extérieurs de l’aptitude laitière d’une bête, car ces signes empiriques sont souvent trompeurs, ce que la pratique et la sciense s’accordent à reconnaître aujourd’hui. Trop souvent aussi les jurys, lors des concours organisés par les Sociétés d'élevage, se laissent influencer par les contours gracieux et les formes potelées sans se rendre exactement compte du but essentiel de l'élevage des animaux exposés. Il n’y a qu’un moyen sûr pour être iixé sur la valeur laitière d’une vache, c’est de faire à l’étable à différentes époques de la période de lactation des examens quantitatifs et qualitatifs du lait qu’elle donne.

Ce contrôle des traites est, à notre avis, le meilleur moyen pour connaître exactement la production laitière d’une vache; il donnera seul les chiffres valables pour servir de base au concours laitier et beurrier, que chaque vache devrait passer avant d’être primée. C’est un procédé assez difficile à exécuter, il est vrai, mais nous sommes intimement persuadés qu’il faudrait l’employer, si nous voulons faire une

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appréciation juste et utile du rendement laitier d’une bête, nous permettant de faire des conclusions pratiques pour arriver à une amélioration réelle de notre élevage vosgien et d’avoir la certitude, que l’argent dépensé en primes serve réellement à cette amélioration.

En recherchant le perfectionnement des aptitudes laitières, les éleveurs ne doivent pas perdre de vue que le développement des parties charnues des bêtes vosgiennes est insuffisant dans la plupart des régions d'élevage, exception faite dans celles de la vallée de Munster, où l’activité amélioratrice des bonnes détentions des taureaux commuvaux et syndicats d'élevage se fait valoir.

Par une sélection attentive des reproducteurs mâles et femelles, un développement musculaire plus régulier, une ampleur un peu mieux arrondie du dos, de la croupe et de la fesse ne sera pas difficilement à atteindre chez certains sujets chétifs, dont la silhouette présente des lignes trop aiguées et souvent peu harmonieuses, Et en augmentant en même temps légèrement la taille, on garantirait à l’éleveur, avec un accroissement de la production en viande et des aptitudes au travail, une exploitation plus profitable de ses bovins vosgiens.

Les éleveurs intelligents, réellement désireux de tenir rationneliement leurs bêtes, n’hésiteront alors pas de devenir membre d’un des syndicats d'élevage existant déjà dans la région ou. se grouperont spontanément en syndicats d'élevage embrassant soit une, soit plusieurs communes, Depuis de longues années, ces syndicats d'élevage, subventionnés par l'Etat et groupés sous la direction de la Fédération agricole d'Alsace et de Lorraine, font de remarquables efforts pour l'amélioration de la race vosgienne. Aussi les résultats obtenus et démontrés lors du grand nombre d’expositions et de concours de la race organisés suitout dans les dernières années, font preuve de l’activité syndicale qui dirige et encourage les membres associés dans leurs efforts de pousser à la perfection les qualités typiques et les aptitudes productives si marquées de la race vosgienne tout en corrigeant chaque jour les imperfections de formes, que l’on pourrait lui reprocher.

Nous n’hésitons pas à dire, que beaucoup de nos éleveurs habitués de voir, et dans nos étables, et dans nos troupeaux des Vosges, des individus pêle-mêle sous le rapport du pelage et des formes, ont dû être surpris en voyant, par exemple, au concours régional de Col. mar cette longue rangée d’animaux si ressemblants les uns aux autres,

dont les merveilleuses proportions malgré un certain manque d’homo-

généité n’échappaient à personne et qui font le signe indubitable de la pureté de la race vosgienne.

DEVENIR MEMBRE D'UN SYNDICAT D'ÉLEVAGE, CEST DONC RECONNAITRE SON UTILITÉ EN MATIÈRE D’ÉLEV AGE PROGRESSIVE, C’EST SOUTENIR SON ACTION PERSUASIVE ET LIBÉRALE QUI CONSISTE DANS L'ENSEIGNEMENT ET LA MISE EN PRATIQUE DE MÉTHODES ZOOTECHNIQUES BIEN ÉTUDIÉES ET QUI SE MANIFESTE PAR L'ORGANISATION D’EX- POSITIONS ET DE CONCOURS DÉMONSTRATIFS AVEC DISTRI- BUTION DE PRIMES ET RÉCOMPENSES D’ENCOURAGEMENT. C’EST AUSSI PROFITER DES AVANTAGES D'UNE ORGANISA- TION ÉCONOMIQUE, SOUS FORME SYNDICALE, DE L'ÉLEV À- GE ET DE L’EXPLOITATION DE LA RACE VOSGIENNE. — CEST EN UN MOT CONTRIBUER ACTIVEMENT À L'AMÉLIORATION DE CETTE EXCELLENTE PETITE RACE BOVINE DES VOSGES.

Le Herd-bok général de la race vosgienne, qui a remplacé le livre généalogique, institué en Alsace en 1922, groupe l'élite de la race vosgienne présentant au plus haut degré les qualités typiques en ce qui concerne la pureté, la conformation et les aptitudes de la race. Quant à son origine, son organisation et son administration P. Bédaride (3) écrit «qu’une réunion préparatoire composée de représentants de l'élevage des cinq départements intéressés fut convoquée à Belfort le 15 février 1927, pour mettre au point le standart de la race. Quant aux statuts de l’institution, ils furent adoptés dans une réunion analogue qui se tint à Mulhouse le 17 mars 1928. Les opérations d’ins-

cription ont commencé en 1929.

Le Herd-book de la race vosgienne constitue une organisation autonome placée sous les auspices de l'Office régional agricole de l'Est et des Offices départementaux du Haut-Rhin, du Bas-Rhin, des Vosges de la Haute- Saône et du Territoire de Belfort. Il a son siège à Colmar.

Il est administré par un comité central composé de 15 délégués, désignés par les syndicats d'élevage des départements intéressés, à raison de cinq pour le Haut-Rhin, quatre pour les Vosges, et trois pour chacun des départements du Bas-Rhin, et de la Haute-Saône.

Les inspecteurs généraux de l’Agriculture et des Services vétérinaires de la région en font partie de droit, ainsi que le directeur des Services agricoles du Haut-Rhin et le vétérinaire d’arrondissement de

Colmar, ces derniers remplissant respectivement les fonctions de secrétaire général et de trésorier.

Il existe trois registres d’inscription différents: 1) Le livre généalogique proprement dit, où les animaux sont inscrits après examen en tenant compte de la pureté de la race, de la conformation, des aptitudes et de l’ascendance.

2) Le livre du jeune bétail destiné à recevoir l’inscription dès leur naissance de tous les jeunes sujets nés de parents inscrits au livre généalogique.

3) Le livre d'élite pour la production du lait, où ne sont inscrits que les individus déjà marqués au registre généalogique qui témoignent après épreuve, d’aptitudes particulièrement remarquables.»

3) Mesures légales visant l'amélioration

Une des premières conditions à réaliser a été le choix judicieux des reproducteurs mâles, car un taureau produit annuellement 80 à 100 descendants et leur imprime son cachet, tandis qu’une vache ne fait qu’un veau par an. Abstraction faite de l’atavisme, conséquence inévitable des croisements continus, le taureau transmet à ses produits ses bonnes qualités comme ses vices. Il importe, par conséquent d'appeler tout d’abord l’attention de nos éleveurs sur l’influence qu’exerce le reproducteur mâle sur la prospérité du troupeau, influence qui, malheureusement, n’est pas appréciée à sa juste valeur d’une grande partie de nos éleveurs.

Il fallait en outre un nombre suffisant de taureaux, c’est-à-dire au moins un taureau pour 80 vaches et génisses, Ceci a été atteint par la réglementation de la détention des taureaux reproducteurs telle qu’elle existe dans les trois départements recouvrés.

Voyons d’abord l’origine de cette législation qui a fait tant de bien à l’élevage de la race bovine en Alsace. Avant la promulgation de la loi du 11 primaire an VIL relative aux pâtres et aux troupeaux, il y avait dans une notable partie des villages en Alsace ce qu’on appelait alors le taureau «banal», c’est-à-dire le taureau appartenant au seigneur du village et par lequel les habitants devaient faire saillir les vaches. Là où il n’existait point de seigneurie, les villages se pourvoyaient eux-mêmes d’un ou de plusieurs taureaux qui étaient entre-

tenus aux frais de la commune : le taureau, confié aux soins du

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