‹ La Race Bovine VosgienneChapitre 4 sur 27 · AU · texte numérisé non relu

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spectacle d’une désolation affreuse, les populations semblaient anéanties, les campagnes étaient désertes, les villages brûlés et la misère était au comble. Sous l'influence du fléau de la guerre aidé par la peste bovine, cet autre fléau que la guerre entraîne toujourrs après elle, les troupeaux de bestiaux avaient presque disparu».

Ce n’est qu'après le Traité de Westphalie en 1684 par lequel l'Alsace, sauf Strasbourg, qui viendra s’adjoindre en 1681, est devenue française, que l’ordre s’est rétabli lentement dans ce pays tourmenté et que la pratique de l’alpage a repris dans les Vosges. Dès lors les droits et pouvoirs seigneuriaux et particuliers sont devenus des ombres si dénuées de réalité effective qu’ils disparurent sans grand effort en 1789: L'unité française les remplaça, on peut dire automatiquement.

La Révolution française amena le partage des grandes propriétés, c’est-à-dire le morcellement de la propriété territoriale. Si ce mouvement eut l'avantage de rendre le cultivateur propriétaire, de lui donner l’amour réel du sol qu’il exploite, il ne fut cependant pas favorable à l'élevage des animaux. En cherchant à faire partout du blé le cultivateur réduisit la sole des fourrages et se contenta de ne demander à son bétail que de l’engrais, plus de travail, et moins de lait.

Que ce fut alors la République ou l'Empire, ou la Royauté PAIsace vécut dès lors la vie de la France tout uniment, malgré la guerre malheureuse de 1870-71 qui a rompu pendant 47 ans la continuité dans l’évolution naturelle de ses destinées sans en atteindre cependant l: conquête morale.

Après la guerre de 1870, la pratique de l’alpage a continué pendant longtemps de la même façon que sous le régime français et avec les mêmes tolérances,

Une dizaine d'exploitations alpestres et fromagères ont dû faire place cependant à [a sylviculture des Allemands qui y créérent de nouvelles forêts.

La guerre de 1914 à 1918, dont les vallées vosgiennes par leur situation sur les lignes de combat ont partriculièrement souffert, a fortement décimé le cheptel bovin. Les évacuations totales que beaucoup de nos villages vosgiens ont dû subir, les réquisitions de tous genres ont fait disparaître de nombreux élevages et beaucoup des meilleurs. Les troupeaux réunis à Neuf-Brisach et à Barchain, qui compre-

naient les animaux de choix provenant des évacuations et qu'on espérait

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