Première crise vers 1845 : le mélange des races
En 1830, la vogue du percheron était telle que, dit LAMORICIÈRE, « tous les pays d'élevage ou tous ceux qui cherchaïient à le devenir, voulurent des étalons et des juments du Perche ». Dans l'Orne et la Sarthe, les Percherons se répandaient chaque jour davantage aux dépens des chevaux de selle. On en trouvait aussi dans
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la Côte-d'Or, le Haut-Rhin, la Haute-Saône, l'Aube, la Haute-Marne, la Seine-et-Marne, l'Yonne, et même dans les Ardennes et le Finistère, berceaux de races équines célèbres. L’Angleterre, la Sardaigne, et le pays de Bade s’en étaient procuré aussi quelques exemplaires.
Le nombre des étalons de bonne qualité restés dans le Perche diminua. Les étalons rouleurs devinrent médiocres et même mauvais, et on les épuisa par un nombre exagéré de saillies (jusqu’à 150 par saison). Le commerce des chevaux de trait augmentant de jour en jour, le Perche n’y pouvait plus suffire, d'autant plus qu’il s’épuisait en étalons de valeur. On dut faire appel aux reproducteurs étrangers; alors commença, ce que J.-B. HuzARD a appelé, « la grande immigration des poulains bretons vers l'Est », qui les porta dans le Poitou, l’Anjou, le Perche, la Beauce, le pays de Caux. Dans le Perche en plus des poulains de Bretagne, on en voyait d'Anjou, du Maine, de Normandie. C’étaient des animaux inférieurs en qualité aux percherons, auxquels ils ressemblaient par leur conformation générale, mais qui rendirent la race plus commune et plus grossière.
Ce qui altéra davantage le cheval percheron às cette époque ce fut ses croisements avec le boulonnais. Ils furent pratiqués en vue de la reproduction du cheval de gros trait qui se vendait cher et trouvait à Paris un facile débouché. De ce moment, surtout, date la distinction entre le grand et le petit percheron; le premier, était un percheron grossi et modifié pour le travail au pas et le roulage; le second représentait le type véritable du « postier ».
Donc vers le milieu du dix-neuvième siècle, la race
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percheronne était arrêtée dans son amélioration; son homogénéité était moins profonde après avoir subi ces influences et cela d’autant plus que son origine récente la rendait très malléable. Mais elle n’était pas disparue au point de justifier l’assertion de Gayor prétendant qu’il n’existait plus qu’un caractère commun à tous les chevaux parés du nom de percherons : la couleur grise de la robe.