Seconde crise vers 1870 : crise des chemins de fer
Le Percheron d’omnibus.
Vers 1850, le cheval percheron était surtout vendu aux entreprises de poste et de messageries et, comme il convenait à merveille à ces transports rapides, les demandes étaient nombreuses et son élevage florissant. L'établissement des voies ferrées entraîna la suppression subite de nombreux relais de poste et de messageries, par suite « une grande perturbation dans la production et l’élevage du cheval percheron » (Gayor n°2196);
Le percheron allait-il disparaître? Non, il se transforma, ïil se grossitt Les chemins de fer avaient supprimé le roulage sur les grandes routes mais celui-ci était plus actif sur les routes de second ordre et les chemins vicinaux par lesquels on apportait les denrées sur les marchés ou aux gares. Le cheval de gros trait fut autant et même plus demandé que jamais. L’éleveur percheron se tourna donc vers la production d’un cheval plus lourd que ne l'était le type précédent.
On ne fit cependant pas concurrence au boulonnais, rival dangereux, qui avait sa clientèle attitrée, mais on
DRE Tr VERS
modifia la race en vue d’une spécialité nouvelle. Le camionnage et les transports en commun se développaient beaucoup : le percheron, de postier, se fit cheval d’omnibus, et il fut aussi parfait dans ce service qu’il lavait été dans le précédent. La Compagnie des Omnibus de Paris devint « le principal consommateur de chevaux percherons » : des 33.372 chevaux achetés par elle de 1855 à 1875, 60 % appartenaient à la race percheronne. Mais elle imposa ses exigences. Au début elle demandait un cheval rapide et d’une hauteur de 1 m. 53 à 1 m. 56; plus tard, elle n’utilisait que ceux ayant de l'in. 60 à 1 m. 65. Ce cheval n'existait pas encore, dit GaAYoOT, « on le fit sur mesure ». Le nouveau cheval percheron était plus haut et plus volumineux, sa tête plus forte, ses membres plus gros et moins pileux. Il courait vite en traînant lourd, il était le type du « gros trait rapide ».
Pour le grossir, on employa deux méthodes différentes : la sélection et le croisement. Les cultivateurs et éleveurs recherchaient sur les foires les animaux de race les plus forts pour la reproduction. I n’y aurait eu que demi mal si on n’avait eu recours en même temps à l'importation d’étalons et de juments de toute catégorie et de toute race. On avait la « folie du gros », mais la clientèle était satisfaite. « Jamais, dit Musser, l'élevage n’avait été plus florissant, jamais la race n'avait été plus compromise ; le percheron jouit d’une immense réputation et pourtant il est dégénéré ». C’est à cette époque qu’il a acquis sa renommée universelle et que GUY DE CHARMACE et SANSON en font un éloge dithyrambique. Cependant, « épuisée par l’exportation des meilleurs étalons, gâtée par l'introduction de poulains étrangers, alté-
rée par les croisements, la race percheronne était menacée dans son existence même ».