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France. De 18140 à 1870 on introduisit le Clydesdale, le cheval de Suffolk au Canada particulièrement, enfin le Shire-horse. A cette même époque on commence à importer du Perche quelques chevaux qui sont tout de suite tenus en haute estime, mais c’est à partir de 1870 qu’ils sont l’objet d’une faveur croissante, et, aux Etats-Unis, dit MAGNE en 1881 « on connaît surtout de la France, après Paris, ce petit pays qui s'étend du Loir aux sources des petits fleuves de la Manche ».
Les premiers chevaux français, en l’occurance des percherons, traversèrent l’Atlantique en 1839. C’étaient un étalon et une pouliche ; le premier avait été baptisé Philippe Egalité, et son fils Louis Philippe a été un des plus beaux produits de son époque, dont la descendance est encore aujourd’hui très recherchée.
Quelques années plus tard, en 1851, un jeune Yankee, possesseur d’une grosse fortune, était venu la dilapider en France. Après avoir mené la vie à grandes guides, il rentra dans son pays emmenant avec lui un étalon percheron acheté au cours d’une promenade aux environs de la Ferté-Bernard. Cet étalon, le fameux Louis Napoléon, resta cinquante jours sur un voilier. Arrivé quand même au port et croisé avec des juments du pays, il donna des produits rapidement célèbres, dont les descendants sont encore, à l’heure actuelle, les rivaux les plus redoutables de ceux de Louis Philippe.
Il fallut plus de quinze ans pour que l’on s’avisät de faire, d’une facon continue, ce qu’un caprice de jeune homme avait tenté. En 1869 et 1870 les achats en étalons commencèrent à être réguliers. En 1872, un éleveur américain M. Dunxam, vint acheter à Nogent-le-Rotrou des étalons et quelques juments qu’il importa dans lIlinois.
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Ce fut l’origine du « percheron américain », nom donné aux produits nés et élevés en Amérique pour les distinguer des animaux importés ou « percherons français ».
Cette tentative eut un plein succès ; aussi M. DuxHam ne tarda-t-il pas à avoir des imitateurs. I s’associa à M. Erwop, comme lui de l'Illinois, et tous deux entreprirent le commerce sur une vaste échelle, grâce à de puissants capitaux. Ces deux hommes se sont faits chez eux les apôtres du cheval percheron.
C'est surtout à partir de 1880 que les exportations deviennent importantes; de 1880 à 1890, 1.000 à 1.200 étalons et 150 à 180 juments quittent chaque année le Perche pour le Nord-Amérique. Elles cessent presque complètement à partir de 1892, à la suite d’une crise monétaire, pour reprendre en 1898. Dans la suite, la moyenne des exportations est de 700 étalons par an ; en 1906, elles atteignent le chiffre de 1.300 étalons et de 200 juments, en 1909, de 1.950 étalons et de 1.240 juments. Les préférences des Américains vont aux chevaux de robe sombre. massifs, de 1.000 kilogs et plus, qu’ils enlèvent à coup de dollars, en moyenne 10.000 francs vers 1905, et qu'ils revendent quatre fois plus cher aux fermiers des Etats-Unis. Dans les années qui précèdent la Grande Guerre les exportations tendaient à diminuer. De 1914 à 1918, elles furent inexistantes, et, depuis dix ans, elles se font rares.
Quoi qu’il en soit, la race percheronne est à l’heure actuelle, la race la plus répandue aux Etats-Unis. Il suffit d'examiner une statistique de 1916, publiée à Chicago, sur la répartition des étalons entre les divers Etats. Dans 19 sur 22 possèdant une législation hippique, nous trouvons 18.022 étalons de race percheronne sur un total de
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77.700 étalons de gros trait, alors que les Belges et les Shires, ses concurrents les plus favorisés, n’y comptent respectivement que 4.000 et 2.000 têtes.
La race percheronne fut, de bonne heure, très considérée en Amérique du Nord. Dès 1883 en effet, se fonde parallèlement à la Société hippique percheronne de France, une Société analogue : The American Percheron Horse Breeders Association de Chicago, qui publie le Stud-Book of America. En 1903, était créée une nouvelle société : Station Company, dans le but d'associer les éleveurs américains pour l’achat des percherons et l’établissement de stations ou dépôts pour ces étalons.
On peut se demander pourquoi les Américains du Nord ont pris chez nous une si grande part à l’élaboration et à la formation du Stud-Book percheron. Cela tient à la décision prise aux Etats-Unis (bill Mac Kinley) d’exonérer du droit d'entrée les reproducteurs inserits à un Stud-Book officiellement reconnu et introduits par les citoyens américains dans un but d'élevage. Le droit étant de 25 % ad valorem, la prime qu’établit cette mesure n’était pas à dédaigner. Ne pouvant se passer de nos étalons du Perche, l’on comprend maintenant pourquoi les Américains, gens pratiques, portaient tant d’intérêt à la création en France d’un livre généalogique de la race percheronne. ,
Mais à quoi tient l’éloignement momentané, espérons le du moins, de ces excellents clients ? A-t-il sa raison d’être, comme l’écrivait GRAU en 1923, dans une certaine propagande anti-française, tendant à répandre le bruit que notre élevage était entièrement ruiné par la guerre ? Cela ne vient-il pas plutôt du nombre déjà élevé d’étalons
importés ?
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Si leur quantité n’est mise en doute par personne, il n'en est pas de même de leur qualité. Les Etats-Unis possèdent un trop grand nombre de percherons américains dont la pureté de format, de ligne et d’allures laisse quelque peu à désirer. « Is ont, dit le professeur DECHAM- BRE, moins de qualités que leurs ascendants importés. Les modifications les plus importantes, subies par le type au cours de quelques générations, portent sur les extrémités qui s’allongent et s’amincissent. Les membres deviennent grêles, ainsi que la tête et l’encolure ».
Cette finesse des extrémités chez les produits de l’immigration est d’ailleurs un fait signalé depuis longtemps par QUATREFAGES; BARON l’attribuait à l'influence de la région des Grands Lacs. Cela est si vrai que les acheteurs américains accordent toujours une importance de premier ordre à l'intégrité et au développement de l’ossature chez les reproducteurs qu'ils importent.
« L’américain du Nord, écrivait de LONCEY, n’est pas et ne peut pas être un véritable éleveur. Avec sa devise nationale : Go ahead : en avant, il n’a pas la patience, la persévérance, la suite dans les idées qui sont les qua: lités nécesaires pour faire de l'élevage, il ne sait pas attendre ». Et TROLET de renchérir : « Non, le trust n’est pas à craindre de ce côté, jamais les Américains ne produiront en Amérique des chevaux percherons ».
Un éleveur du Perche disait dernièrement que, lorsque, vers 1914, il visitait des concours au-delà de l’Atlantique, il constatait une supériorité de l’ensemble sur nos expositions de France, ce qui revenait à dire que l'élite de notre élevage avait traversé l'Océan. Maintenant les rôles sont renversés, car la plupart des sujets de là-bas sont des «home bred> (nés en Amérique),
qui, si réussis qu'ils soient, n’égalent pas leurs ancêtres. « Si les Américains, affirmait-il, veulent maintenir leur production au niveau élevé auquel ils étaient parvenus, ils devront, au plus tôt, revenir à la source ».
Souhaitons que cet espoir se transforme vite en réalité ! et constatons qu’au dernier concours central de juillet 1929 plusieurs étalons percherons ont été achetés pour l'Amérique du Nord.
Le Canada a, lui aussi, suivi, dès 1881, le mouvement créé en faveur du cheval percheron. Celui-ci, presque toujours importé directement des Etats-Unis, p’arriva jamais à égaler la renommée du Clydesdale qui. aujourd’hui encore, y est très en faveur.
À l'encontre pourtant de ses voisins du sud, le gouvernement provincial de Québec, a, depuis quelques années, repris Pimportation de chevaux et juments de race percheronne pour répandre celle-ci et améliorer la production locale. Au concours interdépartemental de 1922, il y était représenté par un de ses éleveurs les plus qualifiés.
La robe noire est la plus demandée avec le gris pommelé. Les étalons pèsent entre 800 et 1.000 kilogs, les juments entre 700 et 900 kilogs.
Les étalons achetés par le gouvernement sont cédés aux Syndicats d'Elevage ou aux Sociétés d'Agriculture. Au bout d’un certain nombre d'années, Panimal devient la propriété de celui qui Pa eu en garde.
2) L'exporlalion au Cap.
En 1875, quatre étalons percherons sont importés dans la colonie du Cap par M. Low, Accouplés avec des ju-
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ments du pays ils donnèrent des produits très appréciés ; mais, malheureusement, M. Low étant mort, l’essai de 1875 pourtant si plein de promesses, ne fut point renouvelé tout de suite. Il y eut, dans cette importation, un arrêt imputable bien plus à l’absence de propagande active qu’à la déception des acheteurs.
Dans les vingt années suivantes, les Sud-Africains introduisent chez eux des chevaux de gros trait appartenant aux races Cleveland, Shire, Suffolk, Clydesdale dont le caractère lympathique ne convient nullement à un climat où la température maxima atteint souvent et dépasse même 40° à l'ombre. En 1900, le conseiller du commerce extérieur de la France auprès de ce pays, pense que le cheval percheron, le bon postier d'autrefois, remplacerait avantageusement les grosses races d’outre Manche.
Il a suffit de l’intelligente initiative d’une maison d’exportation française pour faire passer le chiffre de 6 éta- Ions percherons exportés dans l’Afrique du Sud, en 1911, au nombre de 30 étalons et 20 juments envoyés là-bas en 1912. Depuis dix ans la colonie du Cap achète toujours assez régulièrement, mais en petit nombre, quelques sujets d'élite primés dans nos concours.
La taille, le format, le caractère, les aptitudes de l’ancien percheron du type dit postier, mais plutôt de robe noire, conviennent admirablement aux services qu’en attendent les Sud-Africains.
3) L’exportation en Argentine.
L'élevage du cheval de gros trait en Argentine a du répondre dans les vingt dernières années du XIX: siècle