‹ La race française en Amérique [microforme]Chapitre 47 sur 48 · CHAPITRE DIXIÈME VITALITÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME VITALITÉ

Certes, le cadre est immense dans lequel vivent et se

meuvent les groupes épars, mais bien vivaces, de la race française en Amérique.

Pendant longtemps, le Saint-Laurent a retenu sur ses

rives les pionniers de la première heure. Vite ils ont

atfeotionns ces lieux qui d’abord avaient frappé leurs regards, répondu à leurs rêves de colonisation et qui bien-

| tôt leur avaiont assuré avec des moyens de subsistance unassiette sûre pour établissement de leurs ‘foyers,

Mais, sur cette terre nouvelle, des peuples sauvages se

rencontrdient à conquérir au christianisme et à la civilisation. L'esprit apostolique qui faic une partie du génie de la France n'y pouvait tenir. De ces étrangers, pres-

que de ces ennemis il rêva de se faire, au prix de tous les sacrifices, des frères dans le Christ. Pour aller jusqu'à eux, la Nouvelle-France p possédait le plus merveilleux sys-

tème de voies e navigables qui se puisse concevoir, Dans

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1 | \LA RACE rnançars EN AMÉRIQUE — —— — l'ensemble de ce réseau fluvial, le Saint-Laurent jouait le rôle d'introdueteur jusqu'au cœur du continent, Dès le XVIIe siècle, les découvreurs, les explorateurs, les coureurs de bois et les missionnaires en constataient l’importance capitale,

Nos aïeux aimèrent les rivières, “ ces chemins qui marchent ”, suivant Pexpression de Pascal, et, au rythme des chansons de France, ils s’enfoncèrent hardiment dans l’intérieur du continent américain.

Interrogez les commissions octroyées par les rois de France aux Jacqnes Cartier, aux Champlain, aux Jolliet, aux La Salle, consultez encore les chartes de la fondation des villes et des postes de commerce, des établissements d’instruction et de bienfaisance ; examinez les concessions territoriales faites aux seigneurs, aux militaires qu’un long dévouement ou une action d’éclat désignaient aux faveurs royales ; enfin voyez les testaments et donations des particuliers, et chacun de ces documents vous apparaîtra comme un titre de noblesse décerné presque toujours à la vertu, au dévouement et souvent à l’héroïsme. Et si vous lisez l’histoire de Québec et de Montréal, si vous parcourez les vieilles archives des Trois-Rivières ou les journaux familiaux, toujours la même simplicité de foi se révèlera unie à la même élévation de vues, et, disons-le sans crainte, au même désir de servir Dieu et la patrie.

. Quoi qu'on en ait dit, la soif de Por et Pappât d’un gain rapide, n’ont jamais joué qu’un rôle effacé dans le

VITALITÉ dankee ausbau 269 peuplement de l'Amérique française, La conversion des Peuplades indigsnes et Ia fondation d'une France d’outre: mer, sont les deux motifs principaux qui ont inspiré les

Pouvoirs publics aussi bien que les colons français du

XVII siècle. C’est là qu’il faut chercher le secret de la résistance séculaire de la colonie du Saint-Laurent aux principes de destruction toujours renaissants. Malgré sa

* faiblesse et son abandon, le peuple primitif de nos cam- Pagnes si constamment menacé dans son existence par la férocité de l’Indien ou Pambition du colon anglais, soutint

voependant la plus longue et la plus superbe des luttes et,

après les défaites d’un jour, remporte maintenant la victoire décisive: celle de survivre à son premier adversaire ct de marcher à légal du second.

Dans l'Inde,” a dit Henri Martin, “on avait pu admirer quelques grands hommes; ici ce fut tout un Peuple qui fut grand „. 5

Après trois siècles de vicissitudes politiques et sociales,

après bien des batailles militaires ou politiques, le petit peuple de Champlain, de Talon, de Frontenac a conquis. définitivement sa place au soleil d'Amérique, Le Saint- Laurent lui appartient et ne lui sera pas ôté. Là, sur un territoire grand comme la France, la nation canadiennefrançaise est maîtresse de ses destinées, II dépendra d'elle de les accomplir, Son port incomparable, Mont-

réal, sera toujours le grand centre du commerce maritime et continental. Demain,

| LA RACE FRANÇAISE EN AMÉRIQUE gions du nord, et ils étendront jusqu'aux glaces du cercle polaire l'héritage des ancêtres.

Et il importe peu qu'aux yeux des partisans du pananglicanisme américain" la vigoureuse survivance du groupe français apparaisse. comme un défi à la force d’absorption de la raco conquérante. Mieux inspirés parce que plus instruits, nos anciens gouverneurs Elgin et Dufferin pensaient que l'intérêt même de empire défend de détruire les forces individuelles des nations aggloméres. S'ils n'étaient pas insensibles au charme historique qui s’attache à ce rameau de la: race française en Amérique, en hommes d’Etat ils jugeaient son développement un hommage rendu à lg prudence et à l'esprit de justice de l'Angleterre. Quelle que soit la manvaise grâce dont la métropole ait parfois assaisonné ses dons de

libertés, au moins a-t-elle compris qu’il y allait de ses intérêts supérieurs de ne pas nuire à ceux du groupe

français d'Amérique,

Après les années de lente formation, une démocratie, . vraiment libre et loyale en même temps, s’est étendue sur la largeur de notre continent, et a réuni des provinces jadis en guerre en une nation aux perspectives pleines de promesses, Sous ce régime de liberté, nos forces nationales se sont développées, notre vie publique s’est faite plus intense, et la confiance en l'avenir, si souvent absente des patriotiques conceptions des hommes d'Etat de 1840, a grandi et s’est consolidée,

ö inébranlable, nous tenons avec vaillance dans les forteresses ‘extérieures, 1 l’Acadie, l'Ontario, l'Ouest

à religieuse de 1 nos ancêtres. — de à "ques étalée en ooure de set ee,

5 Nombre Na, des eee.

| Québe. ir : 1 500 000 Acadie (3 provinces). : 5 105 000 n CT 5 8 20 000 8 — mn! 68 00 See e E 1500 600

f „ ro. 57 8 3040 000 ee FTT 0 démocratie où le peuple: tient véritablement les rênes du f | pouvoir, Dans l'Eglise meme, n'est-il pas un appoint h pres “quel 1 Gyrient de — — e ujo

JJ T we l'Eglise 0e universelle oi quelle s'adresse également A tous les peuples de la tene. En Amérique pas plus | Qu'ailleurs, elle ne doit être anglaise, française, espagnole en allemande, Elle ést de la ‘nationalité de ses fidèles, Aus fait bon accueil à tons les desseins qe Dieu e i auquel le Christ a

Sroupement naturel, la véritable ‘multiplication a fait notre peuple.

restée chez nous la pierre angulaire de

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