‹ La race PrussienneChapitre 3 sur 16 · LK SOL ET LE CLIMAT · texte numérisé non relu

LK SOL ET LE CLIMAT

L’histoire physique et ethnologique delà Prusse se confond avec celle de tous les pays situés au sud et au sud-est de la mer Baltique (1).

Toute cette région faisait encore partie du fond de la ruer glaciaire à une époque où depuis longtemps l’homme habitait l’Allemagne centrale et méridionale, la France, la Belgique, etc. Lentement émergé quand prit naissance la période géologiqueactuelle, ce fond a formé une immense

(1) Cette espèce de solidarité s’étend, on réalité, beaucoup plus loin, et embrasse un bien plus <;rand nombre de contrées et de peuples que je ne l’indique ici. J’ai dù me restreindre et ne tenir compte que de ce qui se rattachait immédiatement au but de ce travail.

plaine plus ou moins ondulée qui de l’océan Atlantique s’étend jusqu’à la mer Noire. La ligne défaite des deux bassins est si peu accusée, qu’aux inondations annuelles de l’automne et du printemps le Pripetz, affluent du Dnieper, commir nique avec le Bug, affluent de la Vistule, et avec le Niémen.

Le versant nord de cette plaine est essentiellement composé de sable et semé de blocs erratiques qui en attestent le mode de formation (1). Un limon argileux distribué en larges plaques le fertilise par places, laissant de vastes espaces couverts de landes stériles et d’inépuisables tourbières qu’ un travail opiniâtre peut seul transformer en champs

(1) La ligne qui limite l’extension des blocs erratiques, di M. d’Arcbiac, « part du golfe de Tclieskaia, sur le bord de la » mer Glaciale, suit le versant occidental de la chaîne des monts B Timans jusqu’à sa jonction avec l’Onra), et, à partir de ce » point, descend au sud-siul-onest jusqu’à Voronèje; remonte, » au nord, vers Kalouga, pour s’ab'aisser de nouveau et gagner, ») au nord-ouest, les marais de Pinsk, on on la perd de vue. » On la retrouve au delà, sur leur limite occidentale. Gontour- » liant ensuite le massif de Kilce, de Cracovie et de Galatz, )) elle passe la Vistule au sud de Breslau; continue, au nord- » ouest, sur les limites de la Prusse et de la Saxe, contourne » le pied nord du Ilarz, traverse le Hanovre, et va aboutir à » l’îlot d’Urk dans le Zuyderzée. » Les blocs erratiques compris dans ces limites proviennent, pour la Russie, des roches cristallines delà Finlande; ceux qu’on trouve en Pologne et dans l’Allemagne du Nord viennent des Alpes Scandinaves. {Cours de pnléojitologie.)

cultivés. Sur ce sol à peine incliné, les eaux s’amassent en étangs, en lacs innombrables souvent alimentés ou mis en communication par des fleuves ou des rivières au lit sinueux, au cours lent, aux eaux rarement limpides. Un climat généralement humide est la conséquence naturelle de cet état de choses. Les vents du nord-est, s’ajoutant à l’influence de la latitude, prolongent et rendent plus rigoureux les hivers, partout où ne se fait pas sentir l’action modératrice de la mer. Des forets presque continues, et dont plusieurs contrées ont gardé de magnifiques restes, semblent avoir couvert presque toute cette région.

Si l’on suit les rivages de la Baltique de l’est à l’ouest, en partant du golfe de Finlande, on rencontre successivement l’Esthonie, la Livonie, la Gourlande, les deux Prusses (Prusse orientale et Prusse occidentale), la Poméranie, le MecklemboLirg et le Holstein. Au sud de cette première zone viennent la Pologne (Pologne russe et Pologne prussienne), le Brandebourg et le Hanovre (1).

Tel est le théâtre où se sont passés les faits que j’ai à rappeler.

(1) Encore une fois, on comprend qu’il ne s’agit pas ici d’une délimitalion rigoureuse. C’est ainsi que je ne fais pas entrer en ligne de compte la Silésie, dont au moins 1a partie orientale devrait, à presque tous les points de vue, être rattachée aux pays indiqués.

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