‹ La race PrussienneChapitre 6 sur 16 · MÉLANGE DES RACES FINNOISES ET ARYENNES · texte numérisé non relu

MÉLANGE DES RACES FINNOISES ET ARYENNES

Que les Allophyles aient précédé les Aryens en Europe, c’est ce qui est incontestable; que les populations actuelles résultent du mélange de ces deux éléments, c’est, je le répète, ce qui deviendra de plus en plus évident à mesure que l’on étudiera la question de plus près.

En m’exprimant ainsi, je sais que j’aborde un terrain délicat, que je touche à une question obscurcie par une de ces erreurs que je signalais plus haut, par des préventions que je voudrais combattre.

A la suite de luttes politiques et sous l’empire de sentiments dignes de la plus sérieuse sympa-

LA UACE PRUSSIENNE.

thie, mais qui les ont égarés, d’excellents esprits ont admis l’existence d’un antagonisme radical entre les races aryennes et finnoises. Vlran et le Touran, disent-ils, ont constamment été en lutte; ils ne sauraient habiter en paix le même sol, encore moins s’unir et se fondre. Une observation un peu attentive suffit pour réfuter ces théories exclusives. Dans Paris même, on constate sans trop de peine des traces bien marquées de sang finnois. Le fait est bien plus évident encore sur certains points de notre territoire, dans la Basse-Bretagne méridionale par exemple. Là j’ai retrouvé jusqu’à ces femmes presque naines dont je parlais tout à l’heure. Nous n’avons pas à rougir des résultats du mélange. Quelque malheureux que nous soyons en ce moment, l’ennemi ne rayera le nom français d’aucune page de l’histoire; et certes les enfants de notre vieille Armorique ont assez fait leurs preuves en tout genre pour qu’on puisse accepter sans répugnance une certaine communauté d’ancêtres avec eux.

Rapprochons ces faits qui nous touchent de ceux que présentent les bords de la Baltique et le bassin de la Vistule. Sans recourir à des migrations dont l’histoire aurait perdu toute trace, nous expliquerons aisément un fait signalé par M. Duchinski. « Les caractères distinctifs

» des Armoriqiies tracés par César ont, dit cet » auteur, des analogies avec ceux des Lithua- » niens. Les Polonais qui ont séjourné en Bre- » tagne s’accordent à trouver une foule de points » de ressemblance entre les Bretons actuels et n leurs compatriotes, surtout ceux qui avoisinent » la Lithuanie (1). » C’est que le mélange du sang finnois et du sang âryen s’est opéré dans les deux contrées. Seulement, dans le bassin de la Baltique, c’est au Slave que s’est unie la race allophyle; c’est avec le Celte qu’elle s’est croisée chez nous.

Les traces de ce mélange sont partout dans les contrées qui nous occupent. Malte-Brun, parlant des Samogitiens, s’exprime ainsi. « Il semble y )) avoir deux races en Samogitie : une de haute » stature, qui descend des Goths ou des Wendes » qui ont occupé ces contrées à des époques très- » anciennes ; l’autre petite et trapue, mais dure )) et robuste comme les Lettoniens (2). » La Samogitie n’est qu’une ancienne province de la Lithuanie; les habitants ne sauraient guère différer, et l’on n’est pas surpris de voir Malte- Brun les regarder comme étant le môme peuple. — Un ancien voyageur allemand, Herberstein,

(1) Planche XXVIII {note).

(2) Malte-Brun, t. VI.

cité par Prichard (1), caractérise la population ^ de la Prusse en disant qu’elle est composée de géants et de nains. La diversité des races est ici nettement accusée par l’exagération même de l’auteur; et ce n’est certes pas une race naine que les anthropologistes rattacheront, soit aux Goths, soit aux Slaves.

Enfin, nous avons vu qu’il existe au nord-est de l’aire que nous étudions des groupes finnois presque purs. Si les renseignements ne nous manquaient, on en trouverait certainement ailleurs. Quoique peut-être un peu plus grands que les Lettons ou les Esthoniens, les Poméraniens doivent leur tenir de bien près, si j’en juge par ce que m’en ont dit plusieurs personnes qui ont eu sous les yeux cette partie de l’armée prussienne (2).

(1) Herberstein, Keseurches into the physical history of Mankind, t. III.

(2) .le dois citer entre autres M. Rochet, mou collègue à la Société d’anthropologie, dont le témoignage a une double importance, grâce à ses habitudes d’artiste et à la direction spéciale qu’il a donnée à ses études.

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