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a mis dans notre âme. . . Mais je vous parle de Cabaliste et M. Vibert ne s'en occupe guère... Alors je reprends au sujet de Robespierre et Marat en redisant qu'il y a mystère, incertitude. . . M. Vibert lui-même est-il bien éclairé? J'en doute, si j'ai bien compris, il donne à penser que les terroristes ont été des instruments dont les Bourbons se servaient pour reconquérir leur trône ...
a M. Vibert n'y pense pas, car alors, les Bourbons seraient de bien grands coupables qui auraient pris des moyens odieux pour arriver à leur but, et on aurait tort de charger seuls les terroristes d'une responsabilité dont les Bourbons pourraient revendiquer une bonne part. Ohl non, j'estime assez les Bourbons pour ne pas partager l'idée de M. Vibert à ce sujet; je crois que dans ces circonstances, ils se seraient plutôt adressés aux Girondins ^ :
« Dans tout cela, je le répète, il y aincertitude et pour rester dans le vrai, j'aime mieux redire mon mol : Je n'en sais rien. .. ici, on doit observer que dans les luttes des partis, bien des calomnies font fortune en prenant des airs de vérité. De nos jours, n'avons-nous pas eu une calomnie absurde qui a été reçue, redite et répétée comme une vérité réelle. Les socialistes sont des partageux. . . M. Vibert lui-même à l'air d'y croire. Que sera-ce donc quand cet axiome sera redit et répété
1 . L'auteur des Girondius n'a pas attaqué les Bourbons, il s'est emparé de la légende, voilà tout ; et ce qui se passe aujourd'hui, au sujet des bombes de ^affaire de Moutoeau-les- Mines et de la Roche- Servière, prouve qu'il était dans le vrai.
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aux ignorants. Aussi le mot a fait son chemin ! Dans notre Société aveugle et menteuse, la vérité reste dans son puits, mais dites une calomnie, elle est accueillie par le plus grand nombre, sans examen, les bonnes gens la répète de bonne foi . . . C'est ce qui fait que M. Vibert a dit :
« Le socialisme n'en veut qu'à notre bourse ...» J'ai connu des socialistes et vous aussi, je pense, nous ne nous sommes jamais aperçu de leurs mauvais procédés envers notre bourse. Mais peut-être M. Vibert a-t-il des raisons que j'ignore pour s'en plaindre, en ce cas je le remercie de cet avertissement ; je prendrai des précautions si j'ai le malheur d'en rencontrer. . . Mais je crois que ces craintes sont chimériques ; j'ai lu, dans le temps* des ouvrages traitant de la science sociale et je puis affirmer que M. Vibert se trompe ... Je lui conseille de mieux étudier cette question afin de parler plus juste à cet égard. M. Vibert y verra que les vrais socialistes n'en veulent à la bourse de personne. Us ont la manie de trouver que tout n'est pas pour le mieux, ils ont la folie de croire que si on appliquait leurs théories et que si on les mettait en pratique, il n'y aurait plus de guerres, de mensonges, de misère et de crimes !. . . Et que l'on pourrait supprimer les abus en faisant le bonheur de tout le monde. J'admettrais tout au plus avec M. Vibert, que ce sont des rêveurs, des fous, des utopistes. . . Mais non pas ce qu'il a l'air d'en dire. . . Voilà le coup de canne paré. . .
a Voilà, mon cher Emile, voilà en abrégé, écrit à la
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hâte et très mai dit, les réflexions qui me sont venues à la lecture du poème de M. Th, YiberU Un mot pour finir ; nous devons déplorer les malheurs de notre Révolution, d'abord parce qu'ils étaient d'une injustice brutale, mais aussi parce que Von a trop longtemps exploité les excès, pour en tirer des conséquences con^ tre son but qui était en tout louable. , . On fait aem<^ blant d'oublier que cette Révolution, ce n'est pas tout le peuple qui l'a faite, que les abus, les injustices dont il avait été si longtemps victimes, on peut dire avec vérité que c'est le manque de justice et de charité des grands envers les petits, qui a amené le manque de justice et de charité des petits envers les grands.
€ Je crois avoir été impartial autant qu'on peut l'être dans ces sortes de discussions. . . j'aurais fait passer le cortège des iniquités révoltantes dont le peuple était abreuvé, j'aurais pu en tirer quelques conséquences qui auraient pu en quelque sorte, justifier les excès de la colère et relever des noms que l'on réprouve . . Mais ne récriminons pas . . « Acceptons les faits accomplis et n'excitons pas de haine, afin qu'ils ne se renouvellent plus... La France est dans une bonne voie d'ordre et de progrès I Ayons confiance en Dieu ! . . , Espérons et souhaitons que son règne de justice et de vérité s'accomplisse ! »
Paris, décembre 1862.
Cette lettre, à laquelle je n'ai absolument rien changé et que j'ai reproduite dans tous ses développements naïfs, est intéressante à plusieurs points de vue : en
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premier lieu, ainsi que je l'ai dit précédemment, elle prouve que le Peuple est capable non-seulement de saisir les questions sociales les plus ardues, mais de raisonner sur ces mêmes problèmes ; il en remontrerait à beaucoup d'écrivains qui s'imaginent que le destin leur a donné la mission d'instruire seuls les classes prolétaires. Aussi suis-je surpris de ce qu'à dit un auteur à ce sujet :
« Quant à s'élever à la compréhension des fatalités économiques sous lesquelles ils fléchissent (les ouvriers), cela leur serait absolument impossible.
a Dépourvu d'instruction, n'éprouvant pas même le désir de rien savoir en dehors de l'apprentissage de leur métier, voués à l'abjection, aux mœurs crapuleuses, ni plus ni moins que les riches oisifs, ayant perdu jusqu'au sentiment de la dignité humaine, ces malheureux ne voient qu'un seul moyen de réagir contre le mal qui les étreint : la révolte brutale ^ »
Celui qui a avancé cette contre-vérité et ce tableau peu flatté des classes ouvrières, est pourtant un écrivain qui n'est pas dénué de valeur et qui s'intéresse, du moins je le crois, sincèrement au bien-être des prolétaires ; mais il ne connaît pas le Peuple et il le calomnie inconsciemment.
1 . Emile Chevalet, La Question socialet II, ch. III. M. Sarcey, dans le XIX^ Siècle du 5 décembre dernier, dit que cet écrivain est un ancien ouvrier. Si cela est vrai, son volume tout entier est une protestation énergique et flagrante contre son assertion que le Peuple est absolument inhabile « à s'élever à la compréhension des fatalités économiques, » Après cela il est peut-être ouvrier à la façon d'Hugo.
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L'ouvrier, répétons-le encore, est capable de comprendre toutes les questions, tous les problèmes qui intéressent son sort. Il n'a pas toujours le temps de s'en occuper sérieusement, et il est circonvenu par une ouïe d'ambitieux qui font leur possible pour l'entraîner h l'assaut de la société afin de renverser le gouvernement du jour, à leur profit.
Le Peuple sait tout cela, mais avouez qu'il lui faut une forte dose de pbilosophie, dans la situation pénible où il se trouve, pour ne pas se laisser tenter par ceux qui font miroiter à ses yeux le mirage de la fortune acquise par le bouleversement. De lui-même, il ne fera jamais une révolution, il n'en a pas les moyens. Il ne marche que lorsqu'il est lancé, par une partie de la bourgeoisie qui, avant le mouvement, le flatte, le cajole, lui promet monts et merveilles, et qui lorsqu'elle a obtenu l'objet de ses convoitises, qu'elle est repue et qu'il crie, lui, par ses millions de bouches : J'ai faim ! trouve qu'il est bien gourmand. Le Peuple sait par expérience que les révolutions étant préparées dans un intérêt qui n'est pas le sien, sont fatalement faites à son détriment; puisqu'elles brisent entre ses mains l'instrument avec lequel il gagne le pain de sa femme et de ses enfants ; il ne sait que trop qu'on se sert de lui, mais qu'on ne le sert pas et il est convaincu qu'il reste après chaque révolution aussi misérable qu'avant.
D'un autre côté, cette lettre jette une lueur sur les jugements trop indulgents que la classe ouvrière porte sur les faits de certains acteurs de la grande
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Révolution^ dont le philosophe est forcé de condamner les agissements forouches et sanguinaires, en même temps que désastreux pour la Patrie et pour l'idée républicaine qu'ils s'ari^ogeaient despotiquement le droit de défendre.
Robespierre, Marat, Gouthon' et vingt autres sont inexcusables d'avoir fait couler le sangl Jamais' je n'admettrai que la raison d'Etat, d'où qu'elle émane, d'un roi, d'un empereur, d'un président, d'un stathouder, d'un consul ou d'une chambre, puisse autoriser des crimes* Verser le sang innocent sera éternellement à quelque point de vue quon se place de l'horizon social, la plus pernicieuse des politiques, en même temps qu'elle s'attirera toujours la réprobation des honnêtes gens. Mais de plus, je nie qu'il fût utile pour le Pays et même pour le Peuple de' faire tomber une seule tête et à plus forte raison de commettre toutes les infamies qu'pnfanta la fatale année de Quatre-Vingt-TreiBe.
Je vais même beaucoup plus loin :
Si la République qui, en principe, est incontestablement le plus beau, le plus juste, le plus vrai, le plus parfait de tous les gouvernements, a tant de mal à s'enraciner chez nous, cela tient aux terrible» souvenirs que cette année néfaste a semés dans l'esprit de la nation. Si; comme l'a dit Montesquieu, cette admirable forme gouverneràent^le a, plus que toute autre i besoin pour être mise en pratique, de vertu, pourquoi conspuer la Religion, cette unique source de vertu et loin de laquelle cette même vertu n'est plus qu'un vain nom ^ ?
1 . Si au lieu de poursuivre dea nioiaes inoflensifs, M, Gambetta,
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Vois combien c^ qae je dis est empreint du sceau de k Térité, aussitôt que quelque parti anarchiste fait craindre par ses agissements son accession au pouvoir, les yeux de la Patrie se tournent e&rés vers ce phare
qui a^ëtait pottrUnt pas wo» talent poUtiqfae, «t <bnt le projet de réConne jnâiciaire, bien qa'iiieom|i]«l« el dirigé plutOC oontre les hommes que contre les abus, renfermait certainament de bonnes idées^ avait ponrsuiTi sérieusement les réFormes, il n'aurait pas mécontenté la partie saine et éclairée dB la pepuUtiOtt, saas pottr eala satisfairs les exaltés s (Chevalet, rSvangiledu prolétaire, p. 279.) £t M. Félix Pjat, ^implacable logicien a malheureusement trop raison quand il du :
€ Of y des konuttes, A MoBteeaa*ies*lliaAs, oat imité «es Ibnctioa-
uaires, ils ont supprimé sur les routes ce que Ton trouvait mauvais dans les écoles et dans les cimetières, et, au lieu de leur accorder les mêoras récompenses qu'A ces fonel«mnaires, en les met en prison alors qu'on aurait dû tout au plus les réprimander poar excès de zèle. V <S«lie Rivoli, M décembre 1882. VSbcrîé du 12 du même mois].
Que voulez-vous en effet que pense et que fasse le Peuple, quand l'exemple lui est donné de si haut? On a condamné les coupables* C'est bien, ils le méntaitiit sans doate, mais que de drooBstaains attiénuantes à leurs crimes. A tonte poUtiqve qui pevt diviser les citoyens entr'enxyia Rép«bliq«e démocntique préArera toujours les mcssures qui dimioweront la misère d« prôlétairs. Mieux vaudfait assoi^^nt donner du pâte à cent mille pauvres aiiinës q«e d'emM- 1er mille citoyens^ qaand on avait pour soi les m^lleores lois du monde, ce q«i n'est pas prouvé*
Ce sevtft ' là dn bon républicanisme démocratique, en même temps que odft serait loin d'être contraire à la Liberté, à VEgtAité è la FraHemUë, qui doivent toujours régner seules dans une démocratie.
Ventre affamé n*a pas d'oreilles, dit k proverbe ; bien plus vrai serait-il de dire : vmtre rassasié n'a pas de bouche : autrement dit plus la masse des heureux est grande, moins les gouvernements, quels qu'ils soient j ont à craindre.
Il y a donc sagesse à satisfaire ceu^^qui ont faim et k ne pas \xop tourmenter les autres. La République ne s'en portera pas plus mali
XXVI AVA?iT -PROPOS
sanglant de Quatre-Vingt-Treize qui projette jusqu'à nous, h travers les dernières années du siècle passé , une sinistre lueur ; et les citoyens les moins timorés se demandent ayec anxiété si la République ne finira pas par sombrer dans le despotisme.
Quatre-Yingt-Treize fait autant de mal à l'idée républicaine que la Saint-Barthélémy en a fait jadis à l'idée royaliste et que l'inquisition en a fait à Fidée religieuse. Tout vrai républicain devrait repousser loin de lui tout ce qui peut être soupçonné de mener à la tyrannie de quelque nom qu'on l'appelle. Cher fils, dis bien aux ouvriers, nos amis, que s'ils veulent sauver le gouvernement de leur choix, d'une troisième catastrophe, qui pourrait emporter la France avec elle, il faut de toute nécessité qu'il soit humain, paisible, pacifique, laborieux, franchement et sincèrement libéral,
Bt je suis persuadé que &i M. Qamb^tla xi*était pas mort de sa blessure, il eût été convaincu de cette vérité, que l'amour du Peuple — et par Peuple j'entends ici toutes les classes de la société — est le seul que d<nve rechercher un homme d'Btat digne de ce nom, que ce n'est pas toujours la robe du moine la plus dangereuse, et qu'un homme d'Etat complet n'a pas le droit de professer l'athéisme. Si M. Gambette avait en lui toutes les qualités qui font le Tyran, il était loin de posséder celles qui sont indispensables i l'homme d'JSiat, et son discours de Romans a été un cri de guerre et non un programme politique, on ne gouverne pas un peuple en en mettant une majeure partie en suspicion. Jamais homme n'a rendu un plus signalé service à une idée politique, que ne Ta fait cet ambitieux, en mourant, à l'idée qu'il prétendait défendre. Aussi le peuple de Paris a-t-il été bien avisé en lui faisant de somptueuses funérailles, car avec lui, il enterrait le despotisme. S'il eût vécu^ il y a^mille a parier contre un qu'il aurait absorbé complètement la République, et que le règne de la démocratie n'aurait été, encore une ibis de plus, qu'un beau rêve. '
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mais surtout, mais pardessus tout, moral ; par moral, j'entends la manière de vivre qui découle de la religion. Bien naïf est celui qui 8*imagine qu'il peut y avoir une morale en dehors de toute religion.
Le Mahométisme permet d'avoir quatre femmes ; chez nous celui qui en a deux est condamné par la loi religieuse et par le Gode pénal basé sur la foi chrétienne. Le Boudhiste peut en avoir tant qu'il en veut aussi bien que le Juif. Toutes les religions antiques, à Texception de celles des Juifs ont permis ou même ordonné la destruction des enfants mal conformés ou seulement laids «. Dans TEurope chrétienne ou musulmane la mère qui détruit son fruit est sévèrement punie.
Le noble Spartiate ou Aria pouvait impunément dérober, nos lois modernes châtient sans pitié le voleur. Dans la majeure partie de l'antiquité païenne le mariage était permis entre ascendants et descendants ; il ferait beau voir qu'une loi, méprisant la morale chré< tienne, permît de nos jours de semblables unions.
Si vous abolissez toute religion, autoriserez-vous les maris à avoir deux femmes? Les fils à épouser leurs mères? Les frères à s'unir à leurs sœurs ? Les philosophes à aimer de beaux garçons ou môme leur vache ? A tuer leur» enfsints mal âdts? A voler leurs inférieurs ou à les assassiner s'ils y trouvent leur profit ? Les fils à tuer et à manger leurs pères et mères, comme
1 . Bn Grèce, les Thébains furent le seul peuple qui défendit de pratiquer cette atroce coutumei Blien, 1. II, ch. VII.
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le faisaient les Derbices, les Calaiies et les Massagëtes? Si Ton vous le demandeau nomdelaliberlé et quevous ne le permettiez pas; au nom de quel principe le défen* drez-vous ? Au nom de la morale éternelle ? Nous ve* nons de voir ce qu'elle était chez les peuples anciens . Qu'est-ce qu'une morale qui n'a pour sanction que la main des gendarmes, et qui pourra varier selon les chefs du jour ?
Que Ton soit bien convaincu que la Religion est la seule, Tunique sauvegarde de la liberté vraie, de l'éga* lité la plus absolue et de la fraternité complète. En la détruisant vous faites ce que feraient ceux qui détrui • raient les garde-fous d'un pont jeté sur un ab!me.
Mais si la République doit être morale, paisible et religieuse, afin de rassurer la masse de la nation, elle doit être aussi progressive afin de satisfaire aux aspirations justes et raisonnables du Peuple qui ne se tourne vers les esprits exagérés, comme Marat et Robespierre, au risque de perdre la Patrie, que parce que les partis qui se disent modérés ne s'agitent que dans leur propre intérêt et pour occuper les hautes places. C'est le peuple qui paye, c'est lui qui vote, c'est lui qui se fait tuer quand il faut défendre la frontière, il a bien droit à autre chose qu'au spectacle navrant de nos discordes. Et cependant, que de réformes à faire pour que ces trois mots presque divins. Liberté, Fraternité, Egalité^ soient une vérité : Suppression des avoués, ces rongeurs de la fortune publique, réglementation du notariat, de façon que ramenés au rôle de fonctionnaires, les notaires ne
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fassent plus des fortunes scandaleuses aux dépens des petits qu'ils dépouillent impunément ; réduction des charges d'huissiers * ; retraite à Fouvrier honnête pour ses vieux jours, de telle sorte qu'il termine sa vie autrement qu'entre les quatre murs lugubres, froids et impassibles d'un hôpital, loin des joies et des consolations de la famille : instruction et éducation également gratuite pour le chrétien aussi bien que pour T indifférent, ou le libre-penseur* ; repos facultatif du dimanche, sans que le salaire hebdomadaire ait à en souffrir en quoi que ce soit ; épargnes du petit placées en pro*
i . Le produit de 9,774 études de notaires est de 147 millions de fr. celui de 3,152 études d'avoués de 33 millions de fr, celui de 7,150 charges d'huissiers de 10,900,000 de fr. soit en tout 190,900,000 fr. Le budget du ministère de la Justice a été pour l'année 1870, (budget déBnitif. 5 août 1882, Bulletin des Lois du 30 octobre 1882] de 35,116,827 fr. 16 c.
Les notaires à eux seuls gagnent plus de quatre fois autant que . tous les magistrats de France — conseillers d'Etat, de cassation, de cour^ d'appel, juges de tribunaux de première instance, de paix, de commerce et de police. A quoi donc servent les révolutions ?
2. La République suisse, une vieille démocratie et qui mérite les hommages de tous ceux qui aiment cette forme gouvernementale et la préfèrent à toute autre, vient de donner, le 27 novembre dernier, par 306,709 voix contre 169,230, une grande leçon de modération politique et sociale ainsi que de liberté démocratique, à tous les libéraux de l'univers.
Il est bien certain que du momeat que les écoles des catholiques, des protestants et des juifs ne sont pas subventionnées par TËtat et que l'instruction est gratuite dans les écoles du gouvernement^ les pères de famille chrétiens et juifs payent non-seulement pour faire instruire leurs propres enfants directement; mais ils payent encore, indirectement par l'impôt, pour faire instruire les enfants de leurs concitoyens; ce qui est contraire à l'égalité et à tout sentiment de fraternité républicaine ; par conséquent, c'est aristocratique.
XXX AVANT-PROPOS
priétés foncières, à Tabri môme de la ruine des fonds publics.
Loyers à bon marché ; abolition graduelle de l'intérêt de l'argent*; extinction de la dette" et, conséquemment, diminution des impôts, notamment de ceux de consommation et d'habitation. Sur ce chapitre, il y a tant à dire et tant à faire, qu'il faudrait un gros volume pour développer ma pensée.
Cher fils, ceux qui sont au pouvoir et qui ne font pas le nécessaire pour procurer au peuple la plus grande somme de bonheur sur ce globe, sont coupables dans une mesure inappréciable. S'ils sont capables, ils trahissent la mission qui leur a été confiée ;
1 . Droit divin de la démocratie, ch. VU, de rextinction du Paupérisme.
2. Nous avons démontré dans le Droit divin de la Démocratie qu'en moins de vingt ans, si l'on voulait, il serait facile d'amortir toute la dette publique : La grande République Américaine en donne un vaillant exemple qu'il serait raisonnable de suivre, dans la dernière année financière, il a été remboursé, avec un budget de 2^115 millions de francs (403,000,00) de dollars), environ 871 millions de francs de la dette publique (166^000,000 de dollars). C'est merveilleux 1 Ce serait là un des grands moyens d'éteindre le paupérisme ; la dette amortie, les impôts considérablement réduits, on pourrait consacrer encore de fortes sommes à subvenir aux frais d'établissement et d'entretien d'une caisse de retraite pour la vieillesse du pro lélaire et au repos du dimanche, et à l'établissement de banques populaires, non pas que je croie à la panacée du crédit populaire, préconisée par M. Emile Chevalet, pour éteindre le paupérisme ; mais cela peut être utile à une certaine portion de la population ouvrière, cela Bufût pour que l'expérience soit tentée. Il est de toute justice que la société fasse vivre honorablement le travailleur. Que lui importe que vous lui bâtissiez de beaux palais, si vous le laissez mourir de faim dedans . ,
A MON FILS XXXI
s'ile sont ineptes, ils sont sans excuse, puisqu'ils ont toujours la ressource et môme le devoir de se retirer.
Dans le Droit divin de la Démocratie, j'ai montré le peuple juif comme la nation modèle, qui avait servi de type à toutes les sociétés humaines qui ont joué un rôle dans le monde \ l'ai prouvé qu'il possédait la forme la plus pure et la plus parfaite de gouvernement et qu'il serait éternellement le pôle de la civilisation vers lequel convergeraient toutes les nations démo* cratiques. Dans l'ouvrage que je donne aujourd'hui au public, je démontre d'une façon irréfutable, par Thistoire, par les lois, les coutumes, les mœurs, ainsi que par les langues, que les Grecs, les Arias et tous les peuples qui en descendent et qui parlent un langage
1 . Il est vrai que les nations modernes^ fondées par l'égoîsme humain, et basées sur la conquête et le despotisme n^ont, jusqu'à ce jour, suivi que fort imparfaitement ce modèle sublime, mais Je suis convaincu que plus les hommes s'éclaireront, plus le peuple, celte vile multitude de M. Thiers^ s'instruira par lui-môme en dehors des enseignements d'une bourgeoisie égoïste et intéressée à le tenir loin de la lumière, plus les lois de Moïse seront imitées sérieusement. Je suis heureux de m'être rencontré sur ce point avec M. Philippson, de fierlin. (Le développement de l'idée religieuse dans le Judaïsme, le Christianisme et l'Islamisme, traduction de M. Lévy- Bing). Quand une idée est ainsi défendue par deux hommes qui ne se connaissent pas, écrivant dans deux langues différentes, n'ayant pas la mdme religion, appartenant à deux peuples rivaux, et cependant arrivant à la même conclusion sociale, ou peu s'en faut, il est indubitable que cette idée est grande, généreuse et vraie. J'aime à constater qu'un esprit aassi élevé que l'auteur du Développement de Vidée religieuse^ a reconnu que, sans le Christ, Jamais les lois de Moïse ne seraient sorties de la Judée où elles seraient à tout Jamais restées ensevelies, car elles sont trop belleg, trop morales, trop démocratiques et trop Justes pour séduire les savants.
XXXII AVANT-PBOPOS
phonétique, sont issus des Hébreux et, conséquemment, d'Abraham et de Sem, le fils béni de Noé ' .
Dans une étude subséquente, si Dieu veut bien m*en donner le temps et les forces, je ferai en sorte d'éta» blir que les Chinois et certains peuples de TÂsie, les Colchidiens entr'autres, descendent des Egyptiens et, conséquemment, de Cham % par les Ethiopiens ; qu'en un mot, toute la civilisation dans quelque pays qu'elle se soit révélée sur le globe, est partie des rives du Nil, d'où deux grands fleuves humains ont inondés de leurs flots noirs et blancs toute la surface de la terre.
L'Amérique d'avant Colomb sera l'objet d'un travail tout particulier. Je prouverai que les peuples qui l'occupaient alors descendaient de deux sources principales. Tune Phénicienne, conséquemment Hébraïque, par l'Occident, et l'autre Chinoise, c'est-à-dîre Egyptienne par l'Orient .
Jamais je ne me séparerai de l'histoire, qui jusqu'à ma dernière heure sera ma compagne préférée. C'est parce que tous les écrivains qui jusqu'à ce jour se sont occupés de ces matières, l'ont méprisée et mise
1. Ssm, vient de Thébreu ^/iem, renommée. M. François Lenormant, tombant dans Terreur commune, fait descendre les Grecs et les Ârias de Japhet. (H. ancienne de l'Orient, eh. I«% p. A, IV, — ch. IX, p. \", I. et suivants). La race de Japbet qui avait d'abord peuplé l'Europe et une partie de l'Asie Mineure, ar partout été refoulée par les descendants des Hébreux. L'analogie des langues Ta mis dedans conune un vulgaire libre-penseur. Mais comme cet historien est un bonnôte homme, je suis persuadé que s'il vient à lire cet ouvrage il sera convaincu qu'il s'est trompé, emporté par le tourbillon delà fausse science moderne.
2. Cham vient de Thébreu Camar, brûler, d'où le mot sanscrit^ Kamt aimer.