TANT- PROPOS XXXIII
de oôté, qu'ils ont si profondément erré et qu'ils ont sombré dans un ooéan d'absurdités.
Quand on écrit iK>ur le peuple, on ne saurait trop le répéter, la Vérité doit noua éclairer de son flambeau, et loin de Thistoire» ce flambeau s'ét^nt et nous laisse plongés dans des ténèbres opaques et profondes qui nous enveloppent de toute part, au sein desquelles nous, enfantons des systèmes fantastiques tous plus ridicules les uns que les autres.
Mon but, tu le sais, mon unique but, oehii vers lequel ont convergé toutes les forces de mon existence est de prouver irréfragablement que toute la civilisa-* tion moderne procède de la Bible et qu'en dehors des lois de Moïse, étendues par le Christ & toute la terre, il n'y a parmi les nations que misère, despotisme et infamie ; le peuple juif fut le seul qui ne connut pas le j[>aupérisme ni l'esclavage et qui jouit de la liberté, de ^'égalité la plus étendue que l'on puisse rêver et de la fraternité la plus idéale, ainsi que des mœurs les plus pures .
Si je viens à mourir avant d'avoir pu mettre la dernière main à Taccomplissement de ma tâche, cher fils, tu la continueras en te souvenant toujours que lorsque l'on a l'honneur de travailler sincèrement pour le peuple, pour son bien-être, pour sa raoralisation, pour son instruction, et non par ambition personnelle, il n'y a ni peines, ni déboires, ni ennuis, ni injustices *, ni sacrifices qui doivent nous coûter.
1 . Je dois toutefois remercier ici toute la Presse libérale, tant en France qu'à l'étranger, qui m'a soutenu, lors du rapt de ce littérateur madré qui m'a si bien emprunté l'un de mes poèmes, Martura,
AVANT-PROPOS
Gomme tant d'autres, j'aurais pu intriguer pour asservir la fortune. En 1852, je me trouvais, jeune encore, chez Emile Jay, à une réunion présidée par Grévy, où Ton protesta contre le coup d'Etat, et où je me fis le défenseur du vote universel, fortement com<* promis à cette époque^ aux yeux des libéraux. J'aurais pu exploiter ces souvenirs pour arriver aux honneurs, j'ai préféré rester en dehors de toute lutte de parti ; j'ai même stAi Vinjustiee pour n'avoir pas voulu y entrer en soutenant une personnalité remuante, et n'avoir voulu obéir qu'aux ordres de ma conscience, convaincu que le philosophe doit, pour jiigér saine* ment, vivre loin de toutes les ambitions politiques : modeste spectateur, il voit mieux de sa loge ce qui se passe sur la scène et est plus apte à étudier le fort et le faible de Taction, que les acteurs remplissant les premiers rôles et les mieux doués, eux-mêmes.
Paris, !•' Février 1883.
LA