‹ La race sémitiqueChapitre 112 sur 246 · Strabon, 1. VI, ch. m · texte numérisé non relu

Strabon, 1. VI, ch. m

LBS GRECS — COLONIES 117

son sein devait s'élancer pour terrasser la superbe nation.

Ce fut un grand spectacle, le plus beau au'il sera jamais donné à Thomme d'admirer. Rome forgueilleuse dominatrice, cette fille toute-puissante mais dégénérée d^Abrabam^ a soumis toute la terre, rien ne lui résiste, r univers à genoux attend en tremblant le moindre de ses arrêts, le plus petit signe de sa volonté.

En face d'elle un enfant, né dans une étable, pauvre, sans famille, renié plus tard par ses disciples, n'ayant pas même une pierre pour y reposer sa tète, et mourant ignominieusement du supplice des voleurs sur une croix infâme. Qui donc eût dit alors que cette immense puissance de la nation souveraine, disparaîtrait en un jour sous le souffle de ce misérable enfant ? Qui jamais aurait pensé que tous les dieux de TOlympe que dans ses rêves insensés la Grèce s'était forgés et que Rome avait patronnés, crouleraient à la voix gémissante d*un enfant né sur la paille destinée aux bestiaux ? Si l'on eût affirmé aux sages d'alors, aux savants de ces époijues gavées d'or, de puissance, de férocité et d'infamie que cet enfant juif, le dernier né de cette nation réprouvée, brisée, pulvérisée, anéantie, remplacerait un jour sur tous les autels de l'Europe leurs dieux en fuite, ils auraient traité de rêveur, de fou, de criminel, Tbomme assez insensé pour émettre une idée aussi aventurée, aussi monstrueuse. Et cependant trois siècles étaient à peine écoulés que Constantin proclamait solennellement à la face du genre humain que le Dieu des Juifs était le seul Dieu digne d'être adoré.

En moins de trois cents ans, l'idée avait terrassé la puissance matérielle la plus vaste qui ait surgi sur le globe.

Tout l'empire romain, devint cbrétien. Toute la race sémitique en un jour retrouva le Dieu de ses pères et l'adorer, pour elle, ne fut pour ainsi parler que se souvenir.

Page 1